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Ratification du nouvel ALENA : l'échéancier canadien lié à l'échéancier américain

Le président mexicain Enrique Pena Nieto, le président américain Donald Trump et le premier ministre canadien Justin Trudeau

Justin Trudeau a assuré qu'il ne plierait pas son échéancier à celui des Américains, mais son ministre des Finances a déclaré : « Nous devons attendre le processus aux États-Unis ».

Photo : Getty Images / AFP/Martin Bernetti

La Presse canadienne

Le gouvernement canadien a mis en marche le processus législatif de ratification de la nouvelle version de l'ALENA. Mais il semble qu'Ottawa n'ira pas de l'avant avant Washington.

Une motion de voies et de moyens a été adoptée mardi après-midi à la Chambre des communes en attendant le dépôt du projet de loi sur la ratification de l'accord, dont l'avis a été donné lundi.

Il reste moins de quatre semaines aux travaux législatifs à Ottawa avant le congé estival qui mènera à la campagne électorale de l'automne. Les travaux du prochain Parlement ne devraient pas être entamés avant novembre.

À son arrivée au bureau, mardi matin, le premier ministre Justin Trudeau a assuré qu'il ne plierait pas son échéancier à celui des Américains.

« Pas du tout », a-t-il d'abord répondu aux journalistes qui l'attendaient à sa porte, tout en demeurant flou sur la date de ratification canadienne de l'accord.

On est en train de regarder le temps que ça va prendre pour les Américains, pour les Mexicains, pour nous. Et on va travailler avec les Américains pour arriver au bon endroit, au bon moment.

Justin Trudeau, premier ministre

Quelques minutes plus tard, son ministre des Finances, se présentant à la réunion hebdomadaire du conseil des ministres, s'est montré plus candide.

« Mais bien sûr nous devons attendre le processus aux États-Unis », a déclaré le ministre Bill Morneau.

Nous voulons être prêts pour pouvoir ratifier dans un échéancier qui soit cohérent avec l'échéancier américain.

Bill Morneau, ministre des Finances

Celle qui gère les travaux aux Communes n'a pas pu dire s'il reste assez de temps pour une ratification. « Ici, n'importe quoi peut arriver », a souri Bardish Chagger, leader parlementaire du gouvernement.

Une ratification avant la fin des travaux prévue le 21 juin? « Je ne sais pas. Ça fera partie de l'excitation à venir », a-t-elle répondu.

L'Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) exige la ratification des trois pays pour entrer en vigueur.

Chez les voisins américains, le président Donald Trump et les démocrates qui contrôlent l'ordre du jour à la Chambre des représentants se querellent au sujet de cet accord. Impossible de prédire le moment de sa ratification américaine.

La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, est sortie de la réunion du cabinet mardi midi avec l'ambassadeur canadien à Washington, soulignant qu'on venait de discuter à cette réunion de la ratification de ce nouvel ALENA.

Mme Freeland n'avait pas plus de dates à offrir que ses collègues ministres.

L'ambassadeur David MacNaughton, lui, a dit croire qu'il y a encore « une chance raisonnable » que le Congrès américain ratifie l'accord avant la pause d'été qui commence à la fin de juillet à Washington.

« Nous verrons comment les choses évoluent », a dit l'ambassadeur, ajoutant qu'il avait rencontré plusieurs politiciens démocrates pour leur parler de l'ACEUM. Il a de plus souligné qu'il serait « inapproprié » pour le Canada de « trop intervenir ».

Le vice-président américain Mike Pence sera en visite à Ottawa jeudi. Une discussion sur la ratification de l'accord est à l'ordre du jour.

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