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  • Archives
  • Pharmacie, bazar et Pharm-Escomptes Jean Coutu

    Autrefois artisan, le rôle du pharmacien au Québec s'est radicalement transformé dans les années 60 et 70.

    Photo : Radio-Canada

    Radio-Canada

    Il y a 50 ans, Jean Coutu ouvrait sa première pharmacie à escomptes à Montréal. Son modèle innovant de franchises allait connaître un vif succès, non sans irriter la profession. Nos archives témoignent du débat qui a entouré la transformation du rôle du pharmacien dans les années 60 et 70.

    Ce qui frappe d’abord dès qu’on entre dans une pharmacie, c’est la profusion et la variété des objets qui sont offerts aux clients. Vous pouvez tout aussi bien repartir avec des cigarettes, des bigoudis, de la crème glacée, un balai ou des livres de poche.

    L’animateur Richard Pérusse

    Comme le montre cet extrait de l’émission Orientation du 2 décembre 1961, la conversion de la pharmacie en commerce de détail s’est amorcée dès les années 60.

    Dans ce portrait de la profession, l’animateur Richard Pérusse s’interroge sur le rôle du pharmacien qui doit redéfinir son champ d’action.

    Pour survivre, les pharmaciens doivent vendre d’autres produits que des remèdes, défend le président de l’Association des pharmaciens détaillants de Montréal, Guy Beauchemin.

    Une triste réalité économique qu’il explique par un volume de prescriptions inférieur au grand nombre de pharmacies dans la région de Montréal.

    Mais à travers « cette transformation progressive de sa boutique en bazar », le pharmacien conserve-t-il son rôle traditionnel ou devient-il simplement un homme d’affaires qui dirige une entreprise?

    Le pharmacien des années 60, conclut l’animateur, doit s’adapter à l’évolution rapide de la médecine, administrer un commerce rentable et bien soigner ses clients.

    L’arrivée du pharmacien Jean Coutu

    Le 2 juin 1969, le pharmacien Jean Coutu inaugure avec un associé une première pharmacie Pharm-Escomptes Jean Coutu.

    Quatre ans plus tard, on en dénombre cinq dans la région de Montréal. Un système de franchisage est mis en place.

    Les pharmacies à escomptes de Jean Coutu se présentent comme des magasins à rabais qui offrent une large gamme de produits, des heures d’ouverture plus longues et les services professionnels d’un pharmacien.

    En se transformant en chaîne, le Groupe Jean Coutu change radicalement la façon de gérer une pharmacie. Il devient également un grossiste-distributeur.

    L’émission Consommateurs avertis du 2 novembre 1977 s’intéresse à cette nouvelle formule de pharmacie qui suscite de vives réactions dans le milieu.

    Consommateurs avertis, 2 février 1977

    Dans ce reportage intitulé Des médicaments pour des « peanuts », l’animateur Simon Durivage soutient que les pharmaciens se cherchent entre leur rôle de professionnel et de commerçant.

    Afin de contrer le phénomène des pharmacies à chaîne, plus de 300 pharmaciens du Québec ont décidé de s’unir et de former Uniprix.

    Ce regroupement leur donne un plus grand pouvoir d’achat afin d’offrir de meilleurs prix tout en conservant les services personnalisés du pharmacien.

    Pour les purs de la profession, cela revient à se battre avec les mêmes armes que les pharmacies à chaîne. Uniprix propose dans ses pharmacies des produits de beauté, d'hygiène et de santé.

    L’animateur Simon Durivage s’entretient avec Jean Coutu devant un étalage de noix de l’une de ses pharmacies à escomptes.

    Il lui déclare que ses pharmacies ont l’apparence de « dépanneurs géants ».

    Le coprésident des pharmacies à escomptes Jean Coutu ne bronche pas. Il assume totalement le fait que ses pharmacies vendent des produits « parapharmaceutiques » et « extrapharmaceutiques » pour que les médicaments demeurent moins chers.

    Une dynamique qu’il juge avantageuse à la fois pour les consommateurs et pour les pharmaciens propriétaires.

    Notre but principal, c’est de lui [le client] donner la qualité des services pharmaceutiques dans un surrounding commercial qui subventionne très souvent un service professionnel nécessaire.

    Le pharmacien et homme d’affaires Jean Coutu

    Cinquante ans plus tard, force est de constater que la vision de Jean Coutu est devenue la norme dans le milieu des pharmacies.

    En 2019, un sondage réalisé par la firme Léger Marketing plaçait le Groupe Jean Coutu au troisième rang parmi les entreprises les plus admirées des Québécois.

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