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Un regroupement religieux veut lutter contre la traite de personnes en Ontario

La traite de personnes mène souvent à la prostitution et au trafic de drogues.

La traite de personnes mène souvent à la prostitution et au trafic de drogues.

Photo : iStockphoto

Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Un regroupement religieux de North Bay cherche à sensibiliser le public de la région au phénomène de la traite de personne. Une survivante et une détective de la Police provinciale de l'Ontario (PPO) ont partagé des conseils, lors d'une conférence mardi, pour reconnaître les personnes susceptibles d'être sous l'emprise d'un abuseur.

Faith Speaks Out regroupe des croyants d’une vingtaine de paroisses de différentes dénominations religieuses de North Bay.

Des membres du groupe considèrent la traite de personnes comme étant actuellement l’un des crimes les plus menaçants pour les gens vulnérables.

La PPO a recensé au moins 10 cas de traite de personnes dans le Nord-Est de l'Ontario dans les six derniers mois.

La coordonnatrice régionale des enjeux de mauvais traitements à la PPO, Angela Davis-Witty, estime toutefois que la situation est plus préoccupante qu’elle ne pourrait le paraître. Les statistiques compilées ne tiennent compte que des cas rapportés.

« C’est très difficile de tenir un compte juste parce qu’elles [les victimes] ne se rapportent pas toujours à la police. Plusieurs d’entre elles sont aussi de passage dans la région que temporairement alors que leurs agresseurs les font voyager pour les exploiter ici. »

— Une citation de  Angela Davis-Witty, coordonnatrice régionale des enjeux de mauvais traitements, PPO du Nord-Est

Sensible à cette réalité, le groupe Faith Speaks Out a invité les membres de ses communautés religieuses et des leaders communautaires à une conférence sur le sujet.

Karly Church a témoigné de sa propre expérience alors qu’au début de la vingtaine, elle s’est retrouvée dans un réseau de prostitution forcée.

Une femme parle devant un groupe dans un local de classe.

Karly Church a expliqué comment les victimes de traite de personnes se font habituellement piger par des agresseurs.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Grégoire

Lors de son témoignage, mardi, elle a raconté son cauchemar qui a duré quelques semaines. La survivante, aujourd’hui conseillère pour un centre d’aide aux victimes à Durham, a aussi tenu à expliquer comment les victimes se font habituellement arnaquer par leur abuseur.

« Habituellement, vous n’êtes pas kidnappé. Vous partez avec quelqu’un qui vous fait des promesses amoureuses et vous fait miroiter un bel avenir. Il répond à tous vos besoins essentiels. »

— Une citation de  Karly Church, conseillère en intervention de crise, Services aux victimes de la région de Durham

Mais la lune de miel n’est jamais bien longue, ajoute Mme Church, avant que cette personne trouve les astuces pour garder une emprise totale sur sa victime.

Le temps d’agir

Pour Ken Ferron, un guide pastoral, la conférence de mardi permettra d’élargir la portée des efforts de sensibilisation entrepris par Faith Speaks Out.

« Après être venus ici, nous chercherons à sensibiliser à notre tour nos communautés [...] et former une coalition de personnes prêtes à passer à l’action. »

— Une citation de  Ken Ferron, guide pastoral, Bethel Gospel Chapel

Le révérend Ted Harrison a déjà une idée en tête pour mobiliser le public au-delà des paroissiens.

« Nous chercherons à rencontrer les hôteliers de la région pour les sensibiliser au phénomène de la traite de personnes et les encourager à dénoncer des cas dont ils pourraient être témoins. »

— Une citation de  Ted Harrison, révérend de l’Église Unie du Canada

La PPO dans le Nord-Est de la province a commencé en 2015 à mettre en œuvre un plan d’action pour lutter contre la traite de personnes, rappelle Angela Davis-Witty. Son équipe offre depuis des présentations sur le sujet à des corps policiers municipaux, des communautés autochtones, des écoles et autres groupes d’intérêts.

Selon Mme Davis-Witty, plus de 120 officiers de la PPO du Nord-Est ont suivi une formation dans la dernière année pour les aider à mieux reconnaître les signes de détresse d’une personne victime de traite.

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