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Étendre la vente d’alcool en Ontario : à quel prix?

Des bouteilles de bière alignées sur une étagère.

Des bouteilles de bière alignées sur une étagère

Photo : Getty Images / Justin Sullivan

La promesse de Doug Ford de permettre la vente de bière dans les dépanneurs coûterait cher aux Ontariens et n'aurait pas l'impact économique escompté, selon des experts.

Pour pouvoir accroître la vente d’alcool, la province veut rompre son contrat d’exclusivité avec la chaîne Beer Store, en adoptant un projet de loi. La direction de l’entreprise, de son côté, a déjà indiqué qu'elle contestera cette loi devant les tribunaux.

Cette rupture de contrat pourrait coûter des centaines de millions de dollars, selon des sources de CBC dans l’industrie, une estimation que les conservateurs réfutent.

Ces suggestions sont franchement prématurées et irresponsables. Nous allons légiférer pour nous en sortir.

Vic Fedeli, ministre des Finances de l’Ontario
Le ministre des Finances de l'Ontario, Vic Fedeli.

Le ministre des Finances de l'Ontario, Vic Fedeli

Photo : Radio-Canada / Philippe de Montigny

Un rapport sur la vente d’alcool contesté

Le gouvernement de Doug Ford s’appuie sur une étude du secteur de l’alcool menée par son conseiller spécial Ken Hughes, ancien député conservateur et ministre au sein du gouvernement albertain.

Ce rapport, publié lundi (Nouvelle fenêtre), souligne que les changements proposés pourraient contribuer pour 3,5 milliards de dollars au produit intérieur brut de l’Ontario et créer jusqu’à 9100 emplois, selon les estimations du Conseil canadien du commerce de détail (Nouvelle fenêtre).

Le conseiller affirme par ailleurs que le secteur privé a un rôle à jouer dans le système de distribution des produits d’alcool, qui est beaucoup trop restrictif, selon lui.

Le groupe de consultants Ankura, qui a mené sa propre analyse économique des marchés de la bière en Ontario, au Québec et en Alberta au cours des dernières années, contredit plusieurs conclusions du rapport Hughes :

  • La bière se vend en fait moins cher en Ontario qu’au Québec : le prix d’un litre de bière avant les taxes l’an dernier était en moyenne de 13 % moins élevé. L’analyse citée dans le rapport Hughes se penche sur les prix de quatre produits pour une période d’un mois seulement.
  • Aucune preuve de création d’emplois : l’étude citée parle de milliers de nouveaux emplois dans l’industrie, bien que sa propre analyse démontre que ce constat n’est pas statistiquement significatif. Il pourrait donc y avoir des gains nets comme il pourrait y avoir des pertes nettes d’emplois.
  • Les projections économiques sont erronées : le modèle statistique dans l’étude citée ne fait pas la distinction entre les différents points de vente (magasins d’alcool, épiceries, etc.) et donne un résultat paradoxal, soit que l’augmentation de la consommation d’alcool diminuerait les ventes d’alcool dans les épiceries.

En raison de cette méthodologie boiteuse et de l’interprétation erronée de ses propres résultats, le rapport du Conseil canadien du commerce de détail [sur lequel s’appuient les constats de Ken Hughes] ne peut pas être pris au sérieux.

Debra Aron, directrice générale du groupe de consultants Ankura
Un étalage de bières de différentes marques.

Le gouvernement de Doug Ford s'est engagé à étendre la vente d'alcool en Ontario. Son contrat avec la chaîne Beer Store est son plus grand obstacle.

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Inquiétude des partis d’opposition

La chef de l’opposition néo-démocrate craint que le gouvernement Ford veuille permettre la vente de bière dans les dépanneurs à tout prix, même si ça coûte des centaines de millions de dollars aux Ontariens.

J’ai de la difficulté à comprendre comment faire un peu de place sur les tablettes des dépanneurs pour quelques caisses de bières va créer des emplois, lance Andrea Horwath, qui estime que les conservateurs utilisent le rapport Hughes pour justifier cette décision.

De son côté, la députée Nathalie Des Rosiers s’inquiète du message envoyé par la province, déterminée à mettre fin à un autre contrat sans indemniser les parties prenantes.

Ça ne nous donne pas une bonne réputation à l’international, affirme la députée libérale, alors que le gouvernement Ford sollicite des propositions pour réaménager la Place de l’Ontario, à Toronto.

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