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Mort d'Olivier Bruneau à Ottawa : des amendes de 325 000 $ à 2 entreprises

À gauche, Olivier Bruneau avec son chien dans une forêt, à droite, le chantier de construction où il est mort.

Olivier Bruneau a trouvé la mort sur ce chantier de construction

Photo : Radio-Canada

Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Au palais de justice d'Ottawa, jeudi, le juge a imposé des amendes de 325 000 $ chacune aux entreprises Claridge Homes et Bellai Frères Construction, en lien avec la mort d'Olivier Bruneau sur un chantier il y a plus de trois ans. Les superviseurs Léo Simard et Mike Lwow écopent respectivement d'une amende de 15 000 $ et de 12 500 $.

M. Bruneau, un jeune arpenteur gatinois de 24 ans, est mort écrasé par un énorme bloc de glace qui s'était détaché d'une paroi de l'excavation où il travaillait, à l'angle des rues Carling et Preston à Ottawa, en mars 2016.

Le promoteur immobilier Bellai Frères Construction était un sous-traitant et l'employeur d'Olivier Bruneau. Mike Lwow était un superviseur du site pour Claridge Homes et Léo Simard était contremaître chez Bellai Frères et patron de M. Bruneau.

Ils ont tous plaidé coupables devant la Cour des infractions provinciales, en matinée jeudi, de ne pas avoir veillé à ce que le mur de l'excavation soit libre de toute matière susceptible de tomber sur un travailleur.

Ce plaidoyer est survenu après des négociations entre les avocats des accusés et l'avocat de la Couronne, qui représente le ministère du Travail de l'Ontario. Selon l'avocat de la Couronne, Daniel Kleiman, il s'agit d'amendes importantes.

Un deuxième chef d'accusation qui pesait contre les accusés, soit de ne pas avoir pris toutes les précautions raisonnables dans les circonstances pour protéger leur travailleur, a été retiré.

Le procès évité

Par ailleurs, ce règlement met un terme à la poursuite intentée par le ministère du Travail de l'Ontario. Cette entente évite aussi aux accusés la tenue d'un procès qui devait durer cinq semaines.

Jusqu'à maintenant, les entreprises et les superviseurs ont également évité un procès criminel. Après la mort d'Olivier Bruneau, la police d'Ottawa avait déclenché une enquête. Si la police maintient que le dossier n'est pas clos, des enquêteurs ont reconnu par le passé qu'il leur manquait des éléments pour déposer des accusations criminelles.

Cette enquête était vue par plusieurs syndicats, notamment, comme un test de la Loi Westray, une loi fédérale qui vise à punir plus sévèrement les entreprises qui ne protègent pas la vie de leurs travailleurs. Mais depuis l'entrée en vigueur de cette loi en 2004, les corps policiers au pays ont porté très peu d'accusations à la suite d'accidents mortels en milieu de travail.

Une femme et un homme devant le palais de justice d'Ottawa.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les parents d'Olivier Bruneau, Nicole Lapointe et Christian Bruneau.

Photo : Radio-Canada

En l'absence de procès, la famille de M. Bruneau mise maintenant sur l'enquête du coroner pour obtenir des réponses aux nombreuses questions qui demeurent entières dans la mort tragique de leur proche.

Par exemple, pourquoi l'inspecteur du ministère du Travail n'a-t-il pas ordonné la fermeture du chantier après la première chute de glace qui a frappé un ouvrier, le mois avant la mort d'Olivier Bruneau?

Des excuses

Mike Lwow, Léo Simard et des représentants de Bellai Frères Construction et de Claridge Homes étaient présents en cour, ce qu'ils n'étaient pas tenus de faire.

Un homme devant les micros des journalistes.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le président de Bellai Frères Construction, Pietro Bellai, lit une déclaration à l'issue du règlement.

Photo : Radio-Canada

M. Simard et Pietro Bellai, président de Bellai Frères Construction, ont présenté leurs excuses à la famille d'Olivier Bruneau. M. Simard a ajouté : J’ai un fils et je ne peux imaginer vivre sans lui. Les dirigeants de Claridge Homes ont aussi exprimé leur regret par la voix de leur avocat.

Le jour de la mort de M. Bruneau, il y avait de la glace sur les murs sud et ouest de l'excavation de neuf étages de profondeur. Après l'accident, le ministère du Travail de l'Ontario a ordonné la fermeture du chantier jusqu'à ce que le problème de la glace soit réglé.

Trois incidents semblables sur le même chantier avaient précédé la mort violente d'Olivier Bruneau, le 23 mars 2016, dont une chute de glace qui avait heurté un autre ouvrier le mois précédent.

L'émotion était palpable dans la salle

Plusieurs proches de la victime se sont déplacés au palais de justice. Le père d'Olivier Bruneau a confié qu'il pleurait tous les jours la perte de son enfant.

Katia Saint-Jacques, la conjointe d’Olivier Bruneau, a dit à la cour qu’elle et lui avaient prévu avoir quatre enfants.

« Olivier n’était pas seulement l’amour de ma vie, c’était aussi mon meilleur ami. »

— Une citation de  Katia Saint-Jacques

Mme Saint-Jacques a demandé à Claridge Homes, à Bellai Frères Construction ainsi qu'aux deux superviseurs de chantier de traiter leurs employés comme s’ils étaient leurs enfants.

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