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Négligence au CHR : une firme dépose un recours collectif au nom des résidents

Le centre vu de l'extérieur.

Le Centre hospitalier Restigouche est l'hôpital psychiatrique du Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / Serge Bouchard

Anaïs Brasier

La firme d'avocats Koskie Minsky LLP entame un recours collectif d'un demi-milliard de dollars au nom des résidents du Centre hospitalier Restigouche contre le gouvernement du Nouveau-Brunswick et le réseau de santé Vitalité.

La firme de Toronto a déposé vendredi une poursuite devant les tribunaux à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, alléguant une omission de prévenir les abus systémiques de résidents et une offre de soins de santé inférieurs aux normes de base.

Le premier ministre Blaine Higgs venait tout juste d'apprendre la nouvelle lorsque des journalistes lui ont demandé de réagir. Je ne peux pas vraiment commenter, a-t-il dit. Nous faisons beaucoup d’efforts pour améliorer les mesures pour protéger les résidents.

Blaine Higgs, le premier ministre du Nouveau-Brunswick, en entrevue à l'Assemblée législative à Fredericton.

« Je devrai regarder ça en détail », a déclaré Blaine Higgs, le premier ministre du Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada

Le recours a été déposé au nom de deux personnes, Darrell Tidd et Reid Smith, dont les fils, Devan Tidd et Aaron Smith, sont des patients au CHR. Mais les plaignants ont intenté cette action en justice au nom de toutes les personnes qui étaient en vie au 24 mai 2017 et qui résidaient à l'hôpital entre le 1er janvier 1954 et aujourd'hui, peut-on lire dans le communiqué de la firme Koskie Minsky LLP. Cela pourrait inclure des milliers de personnes, selon un avocat de ce bureau, James Sayce.

Il faut dire que depuis 1954 le mode de fonctionnement au Centre hospitalier Restigouche a changé drastiquement, souligne le député libéral de la circonscription Restigouche-Ouest, Gilles Lepage. C’est une institution ou on cloisonnait les patients avec une certaine déficience. Aujourd’hui le concept a complètement changé. J’étais convaincu que le Centre hospitalier Restigouche est sur la bonne voie.

Gilles Lepage en entrevue à l'Assemblée législative du Nouveau-Brunswick, à Fredericton.

Gilles Lepage, député libéral dans Restigouche-Ouest, assure que le CHR a changé depuis une dizaine d'années.

Photo : Radio-Canada

Dans un communiqué publié mardi, Koskie Minsky LLP allègue pourtant que la province et Vitalité ont été négligents, ont violé les droits des résidents protégés par la Charte canadienne des droits et libertés et ont manqué à leurs obligations de fiduciaires.

Ces échecs ont eu des conséquences graves pour les patients.

Communiqué de la firme Koskie Minsky LLP

Selon l’avocat James Sayce, les deux plaignants représantant tous les résidents ont notamment subi les traitements suivants :

  • ils ont été contraints de force pendant des heures au lieu de recevoir des traitements médicaux;
  • ils ont été placés en isolement, dans des pièces qui ressemblent à celles où on isole les détenus en prison;
  • ils ont reçu des traitements et des médicaments inappropriés;
  • ils ont été menacés par d’autres patients et le personnel ne les a pas pris au sérieux.

Ces allégations n’ont pas encore été prouvées en cour.

La poursuite demande 500 millions de dollars de dommages et intérêts au nom des résidents.

Vitalité a répondu par courriel à la demande d'entrevue de Radio-Canada, expliquant que le réseau doit s'abstenir de commentaires en lien avec le recours collectif parce que le dossier risque de se retrouver devant les tribunaux.

Le Réseau continue toutefois de multiplier ses efforts à l’amélioration de son offre de soins au Centre Hospitalier Restigouche, précise son porte-parole Thomas Lizotte. Un plan de transformation, implanté en 2017, vise notamment à effectuer des changements qui permettront d’offrir des soins spécialisés en santé mentale de grande qualité.

Avec les informations de Nicolas Steinbach

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