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Higgs annule et relance le processus de sélection pour le commissaire aux langues officielles du N.-B.

Blaine Higgs, premier ministre du Nouveau-Brunswick, le 26 mars 2019.

Blaine Higgs annule le processus de sélection du commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

Jean-Philippe Hughes

Le processus de sélection du commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick, entamé avant les élections de septembre, est annulé et un autre sera lancé. Le premier ministre Blaine Higgs dit vouloir comprendre pourquoi tous les enfants ne sont pas bilingues dans la province.

En raison de la date des élections de l’année dernière, il y a eu des délais dans le processus visant à embaucher un nouveau commissaire aux langues officielles, a déclaré le premier ministre Blaine Higgs.

M. Higgs affirme que seulement deux personnes ont déposé leur candidature et qu’il n’a jamais reçu de rapport de la part du comité de sélection indépendant.

Pour cette raison, la meilleure mesure à prendre a été d’annuler le concours et d’en lancer un nouveau.

Blaine Higgs, premier ministre du N.-B.

Blaine Higgs indique qu’un processus indépendant sera lancé pour sélectionner des candidats et faire une recommandation au Cabinet. Il assure que toutes les formations politiques seront consultées avant qu'un nouveau commissaire soit choisi.

L'annonce gouvernementale a eu des suites à l’Assemblée législative mardi après-midi. Des députés de l’opposition ont dénoncé le lancement d'un nouveau processus de sélection, à moins de deux mois de la fin du mandat du commissaire aux langues officielles intérimaire, Michel A. Carrier, le 23 juillet 2019.

La loi exige la nomination d’un nouveau commissaire d’ici la fin juillet, ce que le premier ministre ne semblait pas savoir en mêlée de presse.

S’il dépasse la date, il contrevient à la loi. D’autre part, sous quel angle de la loi il se permet d'[annuler] le processus de sélection déjà commencé, se demande le député Kevin Arseneau.

Il a peut-être un candidat qu’il aurait aimé avoir sur la liste finale qui n’est pas là encore.

Kevin Arseneau, député vert de Kent-Nord

Revoir le rôle du commissaire

En chambre, Blaine Higgs a déclaré que le prochain commissaire devrait chercher à savoir pourquoi tous les jeunes ne sont pas bilingues. Nous devrions faire un meilleur travail pour que nos enfants puissent se parler dans les deux langues dans la province et je pense que c’est triste que nous ne considérions pas cela comme une priorité.

Ces commentaires ont fait sursauter l’opposition, étant donné que le mandat du Commissariat aux langues officielles se limite à l’application de la Loi sur les langues officielles. A priori, les questions relatives à l’éducation ne sont pas de son ressort.

Ce qui m’inquiète là-dedans, c’est est-ce qu’il va briser la loi ou il va maintenir la loi actuelle? Est-ce qu’on va changer le rôle du commissaire?, questionne le libéral Gilles LePage. Le député de Restigouche-Ouest se demande d'autre part ce qu'il est advenu du rapport que le comité indépendant devait déposer le 10 août dernier.

Ils ont eu cinq ou six mois à faire des actions et ils n’en ont pas fait. À la veille du deadline, on décide de relancer le processus. Il y a anguille sous roche!

Gilles LePage, député libéral de Restigouche-Ouest
Gilles LePage dans les couloirs de l'Assemblée législative le 16 mai 2019.

Gilles LePage, député libéral de Restigouche-Ouest.

Photo : Radio-Canada

Blaine Higgs dit souhaiter voir les candidats qui s'étaient avancés lors du premier processus de sélection postuler à nouveau. Typiquement, nous avions plus de personnes intéressées alors c’était une question à savoir si les élections ont fait dérailler le processus ou non, s’est défendu le premier ministre en point de presse.

Kris Austin prône l'abolition du Commissariat

Le chef de l’Alliance des gens du Nouveau-Brunswick, Kris Austin, a réitéré son désir de voir disparaître le Commissariat aux langues officielles, une position qu’il avait soutenue pendant la campagne électorale.

Je pense que ça devrait aller au bureau de l’ombudsman. Nous pouvons fusionner les deux et toutes les plaintes relatives aux langues officielles peuvent être réglées par l’ombudsman, estime Kris Austin.

Kris Austin, chef de l’Alliance des gens du Nouveau-Brunswick.

Kris Austin, chef de l’Alliance des gens du Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada

Le commissaire a comme rôle d’enquêter, de présenter des rapports et de faire des recommandations visant le respect de la Loi sur les langues officielles. [Il] a aussi la responsabilité de promouvoir l’avancement des deux langues officielles dans la province, peut-on lire sur le site internet du Commissariat aux langues officielles du Nouveau-Brunswick.

Avec les informations de Michel Corriveau

Nouveau-Brunswick

Politique provinciale