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Incendie à l’ABI : des briseurs de grève, selon le syndicat

Affiche extérieure d'ABI, Aluminerie de Bécancour

Archives

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Pour le syndicat des Métallos, le rapport préliminaire de la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) sur l'incendie du 17 avril à l'Aluminerie de Bécancour (ABI) démontre clairement que des briseurs de grève ont travaillé sur le site en lock-out depuis janvier 2018.

Le document, obtenu par La Presse canadienne en vertu de la Loi sur l'accès à l'information, révèle que le sinistre n’a pas été causé par l’explosion d’une cuve, contrairement à ce qu’avaient rapporté les autorités.

Il s'agit plutôt d'un incendie qui a pris naissance près d'un broyeur à copeaux lors de travaux de soudure.

Président de la section locale 9700 du syndicat des Métallos, Clément Masse explique que des sous-traitants modifiaient des tuyaux d’aspiration acheminant des copeaux vers un silo.

C’est dans le silo qu’aurait eu lieu l’explosion.

L'incendie s'est déclaré le 17 avril à l'Aluminerie de Bécancour inc. (ABI).

Photo : Kevin Lacroix

Or, M. Masse affirme qu’en vertu de la convention collective, ce type d’ouvrage doit être effectué par des travailleurs syndiqués.

Les dispositions anti-briseurs de grève du Code du travail stipulent que pendant un lock-out ou une grève, un employeur ne peut utiliser, dans l'établissement où la grève ou le lock-out a été déclaré, les services d'une personne à l'emploi d'un autre employeur ou ceux d'un entrepreneur pour remplir les fonctions d'un salarié faisant partie de l'unité de négociation en grève ou en lock-out.

Nous, c’est évident qu’il y a une preuve là que des briseurs de grève qui ont travaillé sur nos emplois.

Clément Masse, président du syndicat des Métallos, section locale 9700

M. Masse ajoute qu’une plainte formelle sera déposée une fois le rapport de la CNESST complété.

Des plaidoiries doivent d’ailleurs avoir lieu en juillet pour d’autres plaintes en semblable matière.

Inquiétudes face au gouvernement

S’il est certain de la preuve qu’il détient, le président de la section locale du syndicat se questionne toutefois sur l’interprétation qu’en fera le gouvernement à Québec.

Les récentes sorties du premier ministre dans le dossier du lock-out inquiètent M. Masse.

Le gouvernement s'est positionné en faveur de l'employeur, clame le président de la section locale du syndicat. Comment peut-il faire appliquer la loi anti-briseurs de grève à ce moment-là? C'est très inquiétant. Nous, ça nous inquiète de savoir comment le ministre et le premier ministre vont réagir à ça.

En avril dernier, François Legault avait affirmé qu’avec le salaire versé aux travailleurs de l’ABI, le syndicat devait faire des compromis pour régler le conflit de travail.

Appelé à commenter les propos du syndicat par Radio-Canada, le bureau du ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale Jean Boulet a préféré ne pas commenter.

Alcoa se défend

Alcoa, qui possède 75 % des parts de l'ABI, a répondu à Radio-Canada en toute fin de journée mardi.

Dans un courriel laconique, la gestionnaire Communications et Affaires gouvernementales pour le Canada Anne-Catherine Couture a transmis la déclaration de l'entreprise.

Le type de travail effectué le 17 avril aurait également été confié en sous-traitance en contexte normal d’opérations; cela est conforme avec les dispositions du Code du travail, qui ont toujours été respectées par ABI. L’enquête préliminaire d’ABI sur la cause de l'incendie nous indiquait qu'il avait débuté dans un système de collecte de copeaux d'aluminium de la fonderie. La sécurité de nos employés est notre priorité et ABI a travaillé en collaboration avec la CNESST durant leur enquête.

Avec les informations de La Presse canadienne

Mauricie et Centre du Québec

Économie