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  • Il y a 40 ans se déroulait un premier voyage très politique du pape Jean-Paul II en Pologne communiste

    Le pape Jean-Paul II tout de blanc vêtu salue la foule lors de son voyage en Pologne.

    Du 2 au 10 juin 1979, le pape Jean-Paul II effectue une première visite en Pologne.

    Photo : Radio-Canada

    Radio-Canada

    En juin 1979, le pape Jean-Paul II retourne dans sa Pologne natale. Cette première visite du souverain pontife en sol polonais est abondamment couverte par les télévisions du monde entier, y compris par Radio-Canada.

    Neuvième jour, jour de départ; c’est l’apothéose. C’est dimanche. Le temps est splendide. Dès le lever du soleil, des fidèles ont commencé à se diriger vers les prairies de Cracovie. […] Après 35 ans d’un régime qui prône l’athéisme, ces gens chantent, "Nous voulons Dieu. Nous voulons Dieu dans les écoles. Nous voulons Dieu dans les livres".

    Madeleine Poulin décrivant la foule assistant à la messe de départ du pape Jean-Paul II à Cracovie le 10 juin 1979.

    Sur la place de la Victoire à Varsovie, le pape s'est recueilli sur la tombe du soldat inconnu. Il s'en est inspiré pour lancer un appel aux droits de l'homme et à l'indépendance de la Pologne.

    Madeleine Poulin

    Madeleine Poulin en Pologne

    La journaliste radio-canadienne Madeleine Poulin était aux premières loges.

    C’est elle que Radio-Canada a désignée comme envoyée spéciale pour couvrir la première visite officielle du pape Jean-Paul II en République populaire de Pologne.

    Pendant neuf jours, du 2 au 10 juin 1979, le souverain pontife parcourt son pays natal.

    La journaliste a observé de près la progression de cette visite qui revêt une portée historique incontestable.

    Le pèlerinage polonais, 16 juin 1979

    Le 16 juin 1979, Madeleine Poulin présente sur les ondes de Radio-Canada un résumé intitulé Le pèlerinage polonais qui décrit et analyse le voyage du souverain pontife.

    Un pape en Pologne communiste

    La journaliste constate que la visite de Jean-Paul II provoque un sérieux malaise chez les autorités communistes qui dirigent la Pologne depuis 1945.

    Le gouvernement polonais est très peu enthousiaste à l’idée de recevoir le chef de l’Église catholique.

    Cette dernière constitue, après tout, la principale force d’opposition à son pouvoir en Pologne.

    La Pologne est le pays le plus catholique du monde. La très grande majorité des Polonais sont des catholiques pratiquants et rejettent l’athéisme prôné par l’idéologie communiste.

    Dans le reportage, Madeleine Poulin souligne que les autorités communistes mettent des bâtons dans les roues aux Polonais qui veulent aller à la rencontre du pape.

    Le gouvernement refuse par exemple d’accorder une journée de congé payé aux travailleurs qui veulent assister aux messes que célèbre le souverain pontife.

    Le résultat est que durant les huit premiers jours, les foules sont moins imposantes que ne l’espéraient les dirigeants de l’Église catholique polonaise.

    Or, c’est le nombre de fidèles qui lui procure un poids politique face au pouvoir communiste.

    Mais le dimanche 10 juin, dernière journée de la visite du pape, la situation change.

    En dépit des difficultés, le peuple polonais affirme haut et fort son adhésion à l’Église catholique en allant à la rencontre de Jean-Paul II.

    Les images qui appuient le reportage de Madeleine Poulin sont éloquentes.

    Tôt le matin du dimanche 10 juin, elle voit des Polonais marcher vers un immense champ situé devant l’autel où le pape célébrera sa messe d’adieu.

    Bientôt, la journaliste a devant elle un champ qui est rempli d’une foule comptant un à deux millions de personnes.

    Le pape s’adresse à cette multitude non pas comme ses « chers frères et sœurs », mais comme ses « chers compatriotes polonais. »

    Jean-Paul II prononce un discours aux accents nationalistes qui fait la promotion des droits de l’homme.

    Pendant les huit jours précédents, Jean-Paul II a contesté de manière plus ou moins ouverte l’idéologie communiste et la dictature que les communistes polonais – et au-delà des frontières l’Union soviétique – imposent au peuple polonais. Ce discours ne fait pas exception.

    L’accolade donnée par le pape au président de la Pologne alors qu'il s'apprête à voler vers Rome n’y change rien : l’Église catholique s’oppose à une Pologne communiste.

    Le reportage de Madeleine Poulin est appuyé par de très belles images de la Pologne. Il donne aussi la parole à plusieurs Polonais qui expriment en très bon français leur opposition au pouvoir communiste.

    En partant, le pape a affirmé en français son désir de retourner un jour dans sa terre natale. Il y reviendra huit fois pendant son pontificat.

    Entre-temps, son pays aura connu la fin du communisme et le rétablissement à la démocratie.

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