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Le ministre Roberge reproche à la CSDM d'avoir « toléré l'intolérable »

Voici une des salles d'apaisement utilisées à l'école L'Étincelle. Elle mesure 1,80 mètres sur 1,30 mètres. Le personnel utilisé un matelas pour éviter que la porte ne se ferme lors des crises.

Photo : Courtoisie

Radio-Canada

Le ministre de l'Éducation du Québec, Jean-François Roberge, affirme ne pas comprendre comment la Commission scolaire de Montréal (CSDM) a pu « tolérer l'intolérable » à l'École de l'Étincelle, où de jeunes autistes en crise ont été confinés dans des placards, faute d'espace. Le ministre avait reçu une lettre de la CSDM l'avisant « d'enjeux de sécurité qui deviennent incontrôlables ».

Des travaux seront réalisés dès mardi soir dans cette école, l'intervention ayant été exigée par le premier ministre François Legault.

« C'est inacceptable et il faut que ça change tout de suite », a déclaré le ministre Roberge dans les couloirs de l'Assemblée nationale, mardi, au sujet de cet établissement montréalais qui accueille des enfants souffrant des troubles les plus sévères du spectre de l'autisme.

À l'Étincelle, lorsqu'un élève doit être isolé, il est parfois placé dans un des placards de 1,80 m sur 1,30 m qui ferment mal, sans fenêtre ni aération, et dans lesquels on retrouve des vis apparentes et des panneaux électriques.

Le ministre affirme que la CSDM, comme toute autre commission scolaire, doit intervenir sur-le-champ pour régler ce genre de situation, et pas se contenter d'inviter le ministre à venir visiter l'école. Dans la lettre qui lui avait été envoyée le 29 mars dernier, la présidente de la CSDM Catherine Harel-Bourdon avait formulé cette invitation tout en soulignant que la sécurité des élèves et du personnel était « fortement compromise ».

Comme la lettre demeurait sans réponse, le personnel de l'École de l'Étincelle a contacté Radio-Canada pour livrer le message suivant : « C'est de pire en pire chaque année, selon l'enseignante Marie Contant. Aujourd'hui, on est au point de rupture ».

Jean-François Roberge affirme avoir parlé mardi matin à Mme Harel-Bourdon « pour essayer de comprendre ce qui s'était passé ».

J'ai convenu avec [Catherine Harel-Bourdon] que ce devait être réglé au cours des prochains jours et on m'a dit que ce serait le cas.

Jean-François Roberge, ministre de l'Éducation du Québec

Dans ce dossier, le ministère de l'Éducation n'a reçu aucune demande de financement de la part de la CSDM, affirme de plus M. Roberge. Ce dernier assure que le gouvernement va être là pour répondre aux besoins des enfants et procurer du financement pour aménager des locaux, et ce, dans l'éventualité où d'autres situations du genre se présenteraient.

Qui est responsable?

« Je pense que les gens qui sont responsables sont ceux qui s'occupent des infrastructures à la CSDM », a affirmé Jean-François Roberge, qui ne sanctionnera pas la commission scolaire dans ce dossier. « Je n'ai pas ce pouvoir », dit-il.

« Je pense que c'est une erreur qui a été commise, a-t-il dit. On m'a dit qu'il y avait moins d'élèves les années passées. »

S'il y a un local dangereux, n'appelez pas le ministre pour aller visiter l'école, réparez-le. On n'appelle pas le ministre, on appelle l'ébéniste.

Jean-François Roberge, ministre de l'Éducation

La lettre envoyée au ministre Roberge en mars dernier était signée non seulement par la CSDM, mais aussi par l'Alliance des professeures et professeurs de Montréal (APPM), l'Association professionnelle du personnel administratif (APPA) et le Syndicat des professionnels des commissions scolaires Pointe-de-l'Île, de Montréal et English-Montreal (SPPMEM).

La lettre mentionnait que la CSDM compte 11 écoles spécialisées pour des élèves handicapés, en difficulté d'adaptation ou d'apprentissage, ou ayant des troubles envahissants du développement ou d'ordre psychopathologique.

À l'École de l'Étincelle, les enfants ont de 4 à 12 ans. L'École Irénée-Lussier reçoit quant à elle des élèves de 12 à 21 ans. Ses bâtiments sont « vétustes, désuets et absolument inadaptés aux handicaps des élèves et au nombre d'inscriptions en forte progression depuis quelques années », disent les auteurs de la lettre.

« Il est où le ministre? » – Jennifer Maccarone

Jennifer Maccarone, députée libérale de Westmount–Saint-Louis, elle-même mère de deux enfants autistes, a qualifié le cas de l'École de l'Étincelle de « dégueulasse et décevant ».

On traite ces enfants comme des animaux dans des cages. C’est l’heure de leur donner de la dignité et du respect. Il est où le ministre, pour ces enfants-là?

Jennifer Maccarone, députée du PLQ

Marwah Rizqy, députée libérale dans Saint-Laurent, a affirmé que Jean-François Roberge « n'a pas les priorités à la bonne place ».

« Le ministre, au lieu d’aller à New York et à Toronto, pourrait commencer par aller visiter l’école, a-t-elle dit. S’il avait répondu à la lettre rédigée en mars, peut-être qu’aujourd’hui on ne serait pas obligés d’en parler. »

Le Parti québécois, par l'entremise de la députée de Joliette, Véronique Hivon, a demandé au ministre de l’Éducation de faire de ces situations des priorités et d'y répondre de toute urgence.

L'un des arguments que le ministre met constamment de l’avant pour les maternelles 4 ans, c'est de dire que les enfants en difficultés auront des services, a dit en substance Mme Hivon. « Comment peut-il amener cet argument lorsqu’on […] en est réduit à isoler des enfants autistes dans des placards à Montréal? »

La députée solidaire de Sherbrooke, Christine Labrie, a pressé le ministère de l’Éducation de « dépêcher aujourd’hui une équipe d’urgence » à l'École de l'Étincelle, afin d'améliorer le soutien à l'équipe pédagogique et aux enfants.

Avec les informations de Thomas Gerbet

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