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Protection des enfants autochtones : l'opposition au projet de loi C-92 prend la rue

Des autochtones marchent dans le rues d'Edmonton, tambours en main.

Pour l'organisatrice de la manifestation à Edmonton, ce projet de loi est « une façon pour le gouvernement fédéral de se déresponsabiliser ».

Photo : Radio-Canada

Simon-Pierre Poulin

Invités par des chefs autochtones des Traités numéros 6, 7 et 8, près de 200 manifestants ont pris la rue lundi à Edmonton et Calgary pour dénoncer le projet de loi C-92 du gouvernement fédéral visant une refonte du système de protection des enfants autochtones.

L’initiative d'Ottawa vise à céder le contrôle de la protection de l'enfance aux communautés autochtones et à réduire ainsi le nombre d'enfants placés en famille d'accueil. Pour le moment, ce sont les provinces qui régissent le placement des enfants autochtones en famille d’accueil.

Les manifestants ont déploré lundi que le gouvernement fédéral propose une nouvelle structure sans prévoir des fonds additionnels pour faire face à la surreprésentation des enfants autochtones dans les familles d’accueil. Alors qu’ils représentent 8 % des enfants canadiens, 52 % de tous les enfants placés en famille d'accueil sont autochtones.

En outre, les bannières et les slogans accusaient le gouvernement fédéral de proposer une solution unique à une grande variété de communautés autochtones avec des besoins et des défis qui leur sont propres, soulignant au passage un déficit de consultation.

Le gouvernement Trudeau défend pourtant son projet de loi en faisant valoir qu’il est effectivement le fruit d’une consultation avec les Autochtones. Le chef de l'Assemblée des Premières Nations, Perry Bellegarde, avait d’ailleurs louangé le projet sur la protection de l'enfance.

« Ils ont parlé à des chefs, quelques chefs, mais ce n’est pas suffisant », rétorque Kashtin Auger, l'organisatrice de la marche à Edmonton. La jeune femme de 26 ans a rappelé la précarité des jeunes femmes de sa nation, celles qui sont directement concernées par le projet, et qui n’ont souvent pas connaissance du processus législatif en cours.

Pour la Crie de la nation Bigstone, ce projet de loi est « une façon pour le gouvernement fédéral de se déresponsabiliser ».

Nous souffrons déjà et ils nous disent : ''réglez tous vos problèmes tout seuls’’. C'est nous qui serons blâmés si le plan échoue.

Kashtin Auger, organisatrice de la manifestation d'Edmonton

Comme plusieurs manifestants dans les rues de l’Alberta lundi, elle trace un parallèle entre cette démarche et l’élaboration du livre blanc en 1969. Ce projet du gouvernement de Trudeau père visait l’abolition des réserves et du statut d’Indiens ainsi que la prise en charge des communautés autochtones par les provinces. Il avait été à l’époque largement condamné par les communautés autochtones au pays.

Le cabinet du ministre des Relations Couronne-Autochtones a réagi aux manifestations par communiqué indiquant que ce projet de loi faisait suite aux demandes historiques des Autochtones, soit d’affirmer leur compétence inhérente et de favoriser la prise de décisions locales pour des enjeux locaux.

Avec les informations de Charlotte Dumoulin et Katrine Deniset.

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