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Ottawa s'entend avec Microsoft et Facebook pour protéger la démocratie en ligne

Une personne dépose un bulletin de vote sur lequel il est écrit «fausses nouvelles» dans une urne.

La Déclaration du Canada sur l'intégrité électorale demande aux géants des technologies de redoubler d’efforts pour lutter contre la désinformation.

Photo : iStock

Sophie-Hélène Lebeuf

À quelques mois des élections fédérales, Microsoft et Facebook ont donné leur soutien à la Déclaration du Canada sur l'intégrité électorale, qui leur demande notamment de supprimer les faux comptes et les faux contenus.

Annoncée lundi, cette déclaration, qui découle de discussions avec les géants des technologies, énonce leurs responsabilités dans l’espace démocratique en ligne.

Elle a pour but d'aider ces entreprises à « favoriser l’intégrité, la transparence et l’authenticité du contenu publié », à l'approche des élections d'octobre prochain, a indiqué à la Chambre des communes la ministre des Institutions démocratiques du Canada, Karina Gould.

Pour l'instant, seules Microsoft et Facebook y ont souscrit, a-t-elle précisé, parlant de « mesures volontaires » pour parvenir à un « consensus sur un ensemble commun d'attentes ».

La Déclaration demande notamment aux entreprises technologiques de « redoubler d’efforts » pour lutter contre la désinformation, supprimer les faux comptes et le contenu non authentique de leurs plateformes ainsi que bloquer et supprimer les robots malveillants.

Elles doivent aussi aider les utilisateurs à mieux comprendre les sources d'information qu'ils aperçoivent, leur expliquer pourquoi ils voient de la publicité politique, assurer la protection des renseignements personnels, et protéger les candidats et les partis politiques contre les fausses déclarations.

On doit mettre fin au far west qui existe en ligne. On ne peut pas rester les bras croisés. On doit lutter contre l’information erronée et la désinformation.

Karina Gould, ministre des Institutions démocratiques

En retour, le gouvernement s'engage à prendre diverses mesures, notamment collaborer avec la société civile pour « améliorer le jugement critique, la culture numérique et les pratiques de cybersécurité ».

« Dans toutes les démocraties du monde, l’environnement en ligne est menacé par des acteurs malveillants qui cherchent à s’ingérer dans le processus électoral et à influencer les résultats des élections », a rappelé la ministre Gould.

La semaine dernière, Ottawa a présenté sa charte numérique, une liste de principes devant guider une refonte des lois canadiennes régissant Internet et la protection de la vie privée numérique.

Plusieurs plateformes numériques actives au Canada, comme Google et Twitter, n'ont pas donné leur aval à la Déclaration. La ministre Gould les a exhortées à le faire.

Elle a affirmé que le gouvernement avait eu des discussions « productives » et « de bonne foi » avec les plateformes numériques, admettant qu'elles ne s'étaient pas déroulées « sans difficulté ».

Selon la ministre Gould, près des trois quarts des Canadiens utilisent régulièrement des plateformes comme Facebook, YouTube, Instagram, Twitter et LinkedIn.

Facebook collabore... en partie

Le fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, donne une conférence devant un grand écran où projeté le logo de Facebook.

En 2017, le fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, s'est engagé à lutter contre les fausses nouvelles qui circulent sur les réseaux sociaux.

Photo : Reuters / Robert Galbraith

Dans une entrevue accordée à CBC, le responsable de la politique publique de Facebook Canada, Kevin Chan, a indiqué que le réseau social ne se contenterait pas d'éliminer les comptes qui essaieraient de s'ingérer dans les prochaines élections fédérales, mais qu'il rendrait aussi ces tentatives publiques, que le gouvernement fédéral décide ou non d'en aviser les Canadiens.

Le géant de la technologie est prêt à dénoncer tout ce qu'il percevra comme des signes de « comportement coordonné inauthentique » de la part d'acteurs étrangers ou nationaux, a soutenu M. Chan.

Ironiquement, la nouvelle de l'adhésion de Facebook à la Déclaration du Canada sur l'intégrité électorale coïncide avec la tenue, à Ottawa, de la deuxième réunion d'une coalition internationale consacrée aux défis que représente la technologie pour la vie privée en ligne et la démocratie, à laquelle ses hauts dirigeants étaient conviés.

Le PDG de l'entreprise, Mark Zuckerberg, et sa directrice de l'exploitation, Sheryl Sandberg, ont toutefois refusé de se plier à la convocation émise par le comité parlementaire canadien qui organise la rencontre. Ils pourraient être reconnus coupables d'outrage au Parlement, ont averti les élus canadiens.

Malmenée en raison de normes de sécurité jugées insuffisantes pour assurer l'intégrité des processus électoraux, Facebook s'est engagée, en mars 2018, à combattre les influences étrangères, retirer les faux comptes, améliorer la transparence des publicités électorales et réduire la portée des fausses nouvelles.

L'entreprise a tenté de redorer son blason après être restée inactive devant la désinformation menée notamment par la Russie à l'endroit de la démocrate Hillary Clinton, visée par de fausses nouvelles et de faux comptes, lors de la campagne présidentielle américaine de 2016, dont son adversaire républicain, Donald Trump, était sorti vainqueur.

À la même période, les données de 50 millions de ses utilisateurs, dont plus de 620 000 Canadiens, avaient en outre été obtenues, sans leur autorisation ou de façon trompeuse, par l'entreprise britannique Cambridge Analytica, spécialisée dans le profilage psychographique, pour bâtir un programme informatique permettant de prédire et d'influencer le choix des électeurs américains.

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