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À l'ONU, le Canada veut mettre de l'avant la « sécurité économique » des pays en développement

Le siège social de l'ONU à New York

Le Canada souhaite obtenir un siège non permanent au Conseil de sécurité de l'ONU.

Photo : iStock

Isabelle Maltais

La sécurité économique mondiale est l'un des thèmes que compte mettre de l'avant le Canada s'il obtient un siège non permanent au Conseil de sécurité de l'ONU en 2021-2022, se voulant ainsi être un précurseur en la matière.

« Il y a un lien direct entre les inégalités économiques et les atteintes à la paix et à la sécurité. C’est un aspect qui n’est à peu près jamais considéré au Conseil de sécurité », a souligné l’ambassadeur du Canada à l’ONU, Marc-André Blanchard, de passage à Radio-Canada.

Pour M. Blanchard, sécurité économique rime avec développement économique et possibilités pour les jeunes dans les pays en développement.

« Une des racines de la violence ou des conflits dans le monde, ce sont les inégalités, qui s’accroissent. Il faut s’assurer de renverser cette vapeur-là. […] Quand les gens ont faim, ils sont plus susceptibles d’écouter l’appel du terrorisme ou de la violence », dit-il.

L’ambassadeur explique que, pour le moment, le thème de la sécurité économique relève plutôt du Conseil économique et social des Nations unies (ECOSOC), ainsi que de l’Assemblée générale.

Il affirme cependant qu’« il faut que ça change », puisque sécurité économique et lutte contre les changements climatiques, ajoute-t-il, sont des éléments qui ne peuvent maintenant plus être mis de côté par les gardiens de la paix, puisqu’ils sont directement garants de la stabilité sociale.

« Les Suédois ont mis de l’avant il y a quelques années qu’il était important d’agir contre les changements climatiques pour des raisons autres qu’environnementales. Et maintenant, il est admis par tous que les bouleversements climatiques ont des impacts majeurs, notamment sur la migration des populations », note-t-il.

C’est maintenant au tour de la sécurité économique dans les pays en développement d’être mise à l’ordre du jour, croit-il, notamment en Afrique et en Haïti.

Selon lui, pour offrir de meilleures occasions d'affaires aux populations des pays en développement, « il faut rapidement y bâtir des infrastructures ».

« Il y a 1 milliard de personnes en Afrique subsaharienne qui n’ont pas accès à l’électricité », donne-t-il en exemple, rappelant que dans ce coin du monde, « 70 % [des habitants] ont en bas de 30 ans, la moitié sont sans emploi ».

Marc-André Blanchard donne également l’exemple du Burkina Faso, où « la situation économique a périclité au cours des derniers mois » et qui connaît actuellement une flambée de violence qu’il ne connaissait pas il y a quelques années.

Quant à Haïti, dont le quart de la population, soit 2,5 millions de personnes, a besoin d’aide humanitaire selon l’ONU, il a lui aussi un urgent besoin de mesures visant à encourager le développement économique, dit-il.

Pour ce faire, il faudra nécessairement avoir la participation des entreprises privées, « car les États n’ont pas le capital pour soutenir un tel développement », maintient M. Blanchard.

Et le Canada compte bien ici être au premier plan pour faire la promotion des services que ses entreprises peuvent fournir. « Le Canada a tellement à offrir, il a ce dont le monde a besoin. Nous sommes bons en infrastructures, en ingénierie, en éducation », souligne-t-il.

Un siège au conseil de sécurité?

Marc-André Blanchard devant un lutrin à l'ONU.

Marc-André Blanchard lors de la 73e session de l'Assemblée générale des Nations unies en octobre 2018.

Photo : La Presse canadienne / Richard Drew/AP

Le Canada ne s’en cache pas, obtenir un siège non permanent au Conseil de sécurité lui permettrait de mettre de l’avant sa stratégie de développement international.

« Pendant notre séjour au Conseil de sécurité, on aura à deux reprises le contrôle de l’agenda, parce que tu présides le Conseil de sécurité à deux reprises pendant ton terme [sic] », indique Marc-André Blanchard.

Cependant, lancée en mars 2016, la campagne canadienne a fait l'objet de plusieurs critiques dans les derniers mois, de multiples observateurs affirmant que le pays n'a pas été assez concret dans ses engagements et pas assez actif dans les endroits où ça compte, notamment en Afrique, qui totalise 54 pays, et donc 54 votes.

Mais pour l'ambassadeur Blanchard, cette campagne a plutôt été truffée d’initiatives permettant de mettre le Canada en lumière sur la scène internationale.

« Beaucoup de choses ont été faites au niveau multilatéral, même s’il y a eu un important investissement d’énergie du côté américain », remarque-t-il.

Collecte de fonds pour le Fonds mondial contre le VIH menée par le premier ministre Justin Trudeau, invitation de pays africains et de petites îles frappées par les changements climatiques au G7 de Charlevoix, promotion lors du G7 d’un important investissement destiné à l’éducation des femmes et des filles en zone de conflit, tout cela en fait partie, énumère M. Blanchard.

Les propos de Marc-André Blanchard ont été recueillis dans le cadre de l’émission Midi info et en marge de celle-ci.

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