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Le doute plane sur l'avenir du comité albertain sur les thérapies de conversion

Drapeau au couleurs de LGBT et une personne en ombre chinoise

L'Ontario, le Manitoba et la Nouvelle-Écosse ont adopté des lois pour bannir les thérapies de conversion destinés aux jeunes LGBT.

Photo : La Presse canadienne / Canadian Press

Mirna Djukic

Le groupe de travail sur les thérapies de conversions sera libre de continuer à se réunir pour discuter des meilleures façons de bannir de telles pratiques en Alberta, selon le ministère de la Santé. Ce dernier précise néanmoins qu'il n'est pas dans ses plans d'adopter une loi à cet effet.

Le groupe de travail a été créé en février par l’ancien gouvernement néo-démocrate pour donner des recommandations sur l’élaboration d’une loi pour interdire les thérapies qui visent à convertir les jeunes LGBT.

« Nous ne l’avons pas aboli ni annulé », précise le ministre de la Santé, Tyler Shandro. « Nous sommes heureux d’entendre les commentaires de n’importe quel Albertain à ce sujet ».

Selon lui, la survie de ce groupe de travail ne dépend pas du gouvernement puisqu’il ne s’agit pas d’un comité législatif officiel. Le ministère de la Santé se dit prêt à entendre ses recommandations, mais ne cache pas son manque d'intérêt envers une mesure législative.

« Nous savons que les professionnels de la santé qui sont réglementés n’ont pas le droit de pratiquer des thérapies de conversions, alors nous ne voyons pas l’utilité de travailler sur une façon de les bannir », précise le ministère dans une déclaration par courriel à Radio-Canada.

Des membres du groupe de travail et les avocats de la communauté LGBT affirment néanmoins que les thérapies de conversion restent une réalité en Alberta. Elles sont notamment pratiquées par divers « conseillers » qui ne sont pas membres d’un ordre professionnel, entre autres dans des organisations religieuses.

Jenn Takahashi, du groupe de recherche en intérêt public de l'Université de Lethbridge (LPIRG), estime qu’il est indispensable de légiférer pour enrayer ces pratiques. Elle est loin d’être rassurée par la promesse du ministre de la Santé d’être à l’écoute de la communauté et de ses besoins. Selon elle, ceux-ci sont déjà clairs.

« Il y a déjà eu un mouvement d’indignation générale, il y a déjà eu une conversation. [....] Partout à travers la province, les gens demandent une loi pour bannir les thérapies de conversion », dit-elle.

La coprésidente du groupe de travail et directrice en études sur les minorités sexuelles à l'Université de l'Alberta, Glynnis Lieb, abonde en ce sens.

Selon elle, tolérer l’existence du comité sans avoir l’intention d’appliquer ses recommandations est loin de constituer un signe de soutien envers la communauté LGBT.

« Au lieu d’être une attaque directe, c’est une attaque passive agressive », croit-elle.

« Si le gouvernement soutenait la communauté, il endosserait activement le comité. »

L’autre coprésidente du groupe de travail et députée néo-démocrate, Nicole Goehring, pense aussi que le gouvernement doit se montrer plus proactif. Elle se dit néanmoins « optimiste » de pouvoir trouver un terrain d’entente avec le parti au pouvoir.

« Je crois que c’est un problème non partisan », dit-elle.

Le gouvernement conservateur, comme tous les principaux partis en Alberta, se dit opposé aux thérapies de conversion.

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