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Les premières archives canadiennes consacrées à la bispiritualité autochtone

Des docuements des archives présentés sur une table.
Les nouvelles archives veulent remettre à l'avant de la scène l'histoire de la lutte pour la reconnaissance des personnes bispirituelles. Photo: Radio-Canada / Julien Sahuquillo
Radio-Canada

À l'occasion de la Semaine de la fierté, l'Université de Winnipeg inaugure les premières archives canadiennes consacrées à l'histoire et à la lutte des Autochtones bispirituels. Ces dernières se veulent le fonds le plus complet du Canada à ce sujet.

C’est une histoire de 40 années de lutte et de mouvement activiste pour la reconnaissance des Autochtones bispirituels à laquelle les chercheurs, les historiens et les Autochtones eux-mêmes pourront dorénavant accéder.

Activiste de longue date de Winnipeg pour la bispiritualité, Albert McLeod a fourni la plus grande partie du fonds documentaire.

Ce dernier comprend des journaux, des magazines, des rapports, des extraits de presse, des poèmes, des photographies, des vêtements ou encore des vidéos.

« Il y a eu au Canada une intention d’effacer l’histoire des Autochtones au travers de la colonisation et des pensionnats. Je pense que les Autochtones queer n’étaient certainement pas une chose dont l’État colonial voulait », affirme Albert McLeod.

Des documents d'archives.Le fonds des archives regroupe une large collection de documents allant de coupures de journaux à des photos personnelles. Photo : Radio-Canada / Julien Sahuquillo

Il ajoute qu’il est important de rétablir l’histoire de ces personnes.

Le définition de la bispiritualité autochtone varie selon les territoires, explique Albert McLeod : « C'est un terme employé pour décrire les Autochtones qui, pour des raisons personnelles, spirituelles, culturelles, cérémonielles ou sociales, assument des identités de genre pouvant être multiples ou transversales, ainsi que les attributs, les vêtements et les attitudes qui vont de pair avec ces identités. »

La bispiritualité autochtone précède la colonisation précise-t-il. « Comme dans d’autres sociétés anciennes ailleurs dans le monde, les sociétés autochtones comptaient des personnes LGBT, et ce n’est devenu défendu qu’à la suite de la colonisation. »

Albert McLeod, qui est codirecteur de Two-Spirited People of Manitoba et membre du comité de consultation des archives, a commencé à donner des documents à l’Université en 2011.

Ces vestiges du passé regroupent des éléments qu’il a collectés depuis sa participation au mouvement, quand il est allé vivre à Vancouver en 1979. Selon lui, beaucoup de choses ont changé en 40 ans.

« On était vraiment invisibles, on n’était vraiment pas représentés dans la communauté gaie.Des deux bords, il s'agissait de s’assimiler à la culture occidentale », se remémore-t-il.

Albert McLeod lors du lancement officielle des archives bispirituelles.Albert McLeod a commencé à donner des documents aux archives de l'Université de Winnipeg en 2011. Photo : Radio-Canada / Julien Sahuquillo

Il reconnaît que les choses ont changé pour le mieux. Il note ainsi que l’Assemblée des Premières Nations a récemment adopté une résolution pour soutenir la mise en œuvre d’une organisation nationale bispirituelle.

Le recteur intérimaire de l'université, Brett Lougheed, souhaite que ce fonds documentaire puisse s'étoffer au fil du temps.

« Bien que ce ne soit pas une très grande collection, elle est représentative de la marginalisation des personnes bispirituelles dans notre héritage documentaire. Ce que nous essayons de faire maintenant c’est de développer ce fonds en attirant plus de donneurs bispirituels afin d’avoir plus de visibilité et d'accroître l’utilisation de cette collection », affirme-t-il.

Il se félicite que ce pan de l’histoire canadienne ait finalement trouvé un lieu.

Manitoba

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