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Les Israéliens pourraient être contraints de retourner aux urnes

Gros plan de Benyamin Nétanyahou, qui arbore un air grave.

Le premier ministre israélien désigné, Benyamin Nétanyahou, lors d'une cérémonie en hommage aux soldats israéliens tombés au combat, le 8 mai dernier, à Jérusalem.

Photo : Reuters / Heidi Levine/Pool

Agence France-Presse

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou est engagé dans une course contre la montre pour former une coalition de gouvernement d'ici à mercredi soir, et éviter soit de nouvelles élections, soit qu'un autre se voie donner sa chance à sa place.

La perspective que les Israéliens soient appelés de nouveau aux urnes, après avoir voté le 9 avril, faute d'accord de gouvernement s'est précisée lundi. Une telle issue serait une première dans l'histoire d'Israël, et un échec cuisant pour M. Nétanyahou, 69 ans, dont 13 années au total passées au pouvoir.

Face à l'impasse des discussions de gouvernement menées par M. Nétanyahou avec ses alliés potentiels de droite, le Parlement (Knesset) issu des législatives d'avril a voté en lecture préliminaire sa propre dissolution par 65 voix pour, 43 contre et 6 abstentions.

Si ce vote est confirmé lors de séances ultérieures dans les prochains jours, les Israéliens retourneront voter dans les mois à venir, à une date qu'il restera à fixer.

Difficile cependant de déterminer dans quelle mesure ce premier pas vers une dissolution n'est pas avant tout une tactique pour faire pression sur les interlocuteurs de M. Nétanyahou et surtout forcer son ex-ministre de la Défense Avigdor Lieberman à transiger.

M. Nétanyahou a théoriquement jusqu'à mercredi soir, conformément au mandat que lui a confié le président Reuven Rivlin à la suite de sa victoire aux élections.

Une multitude de scénarios restent possibles. Par exemple, que M. Nétanyahou parvienne à ses fins d'ici à mercredi soir, avec M. Lieberman à bord, au prix d'âpres marchandages politiques. Que le président lui accorde deux semaines supplémentaires. Ou qu'il donne sa chance. La dissolution de la Knesset avant mercredi soir permettrait à M. Nétanyahou de parer une telle avanie.

Lundi, M. Nétanyahou a signifié qu'il comptait encore convaincre M. Lieberman dans les délais impartis.

Nous allons former ce gouvernement de droite, il reste du temps, et en 48 heures, on peut faire beaucoup de choses. [...] Il n'y a aucune raison d'aller vers des élections inutiles qui coûteront cher et bloqueront toute activité dans le pays.

Benyamin Nétanyahou

Dans ces heures critiques, il a opportunément reçu le soutien du président américain Donald Trump.

En espérant que ça marche pour la formation de la coalition en Israël et que Bibi et moi pourrons continuer à rendre plus forte que jamais l'alliance entre l'Amérique et Israël.

Donald Trump en se référant à M. Nétanyahou par son surnom de Bibi

M. Trump avait déjà mis son poids derrière M. Nétanyahou au cours de la campagne électorale, comme il a multiplié les gestes favorables à Israël et son premier ministre depuis son accession à la présidence.

M. Nétanyahou reste face à un mur en la personne de l'ultranationaliste Lieberman.

M. Lieberman, chef du parti laïc et nationaliste Israël Beiteinou, se dit prêt à aller jusqu'à de nouvelles élections s'il n'obtient pas l'engagement qu'une loi sur le service militaire des juifs ultra-orthodoxes sera adoptée sous le prochain gouvernement, telle qu'il l'avait proposée quand il était ministre de la Défense.

Cette loi annulerait l'exemption systématique de service militaire dont bénéficient des dizaines de milliers d'étudiants des écoles talmudiques.

Mais cette exemption est une ligne rouge pour les partis ultra-orthodoxes, autres partenaires potentiels de M. Nétanyahou et représentants des Israéliens observant rigoureusement les règles du judaïsme.

Benyamin Nétanyahou a besoin des 16 mandats ultra-orthodoxes, sur les 120 de la Knesset. Il voudrait pouvoir compter aussi sur les 5 d'Israël Beiteinou pour disposer d'une majorité de 65 voix.

M. Lieberman a assuré, « question de principe », qu'il n'accepterait aucune modification à la loi sur la conscription telle qu'il l'avait soutenue, et que M. Nétanyahou n'avait qu'à faire pression sur les ultra-orthodoxes.

L'incapacité de M. Nétanyahou à forger un accord est un « échec énorme et inédit », a-t-il dit devant la presse.

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