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Wilson-Raybould et Philpott seront candidates indépendantes cet automne

Jody Wilson-Raybould tient une conférence de presse pour discuter de son avenir politique à Vancouver, le lundi 27 mai 2019.

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

Delphine Jung
Julien McEvoy
Mis à jour le 

Les ex-ministres libérales Jody Wilson-Raybould et Jane Philpott tenteront de se faire réélire lors des prochaines élections fédérales en tant que candidates indépendantes.

Les députées indépendantes de Vancouver-Granville, en Colombie-Britannique, et de Markham-Stouffville, en Ontario, en ont fait l’annonce lundi, lors de conférences de presse distinctes.

Mme Wilson-Raybould, ancienne ministre de la Justice, a insisté sur son désir de sortir de la partisanerie politique et a déploré la concentration du pouvoir.

« On m'a demandé de rester en politique, de rester dans la lutte. C'est vous qui m'avez motivée à continuer de travailler pour construire un Canada plus fort », a-t-elle affirmé devant ses partisans.

Mme Philpott, qui était présidente du Conseil du Trésor jusqu'en mars, a elle aussi laissé entendre que trop de gens lui ont demandé de continuer à servir les Canadiens pour qu'elle quitte la politique.

Les deux anciennes ministres ont plaidé pour une transparence plus accrue à Ottawa et plus de coopération.

Jane Philpott durant une conférence de presse.

Jane Philpott annonce qu'elle sera candidate indépendante aux prochaines élections fédérales, lors d'un point de presse tenu à Markham.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Ainsi, Mme Philpott, qui a aussi été ministre de la Santé, a lancé un appel à l'entraide politique.

« Coopérons et collaborons », a-t-elle plaidé, en encourageant d'autres personnes indépendantes d'esprit, qui ne se retrouvent pas vraiment dans une boîte partisane, à se présenter à l'automne.

Elle a mentionné qu'elle demeurait près de Mme Wilson-Raybould. « Je travaille en étroite collaboration avec elle, a-t-elle dit. [...] L'intérêt d'être indépendant, c'est de pouvoir collaborer avec tous ceux qui le veulent. »

Parler sans entraves

Jane Philpott a dit se sentir plus libre que jamais, notant au passage que la politique partisane a créé un « fossé entre Ottawa et le peuple ».

Je n'ai pas perdu ma voix. J'ai trouvé ma voix. Il n'y a plus de membres du personnel politique qui me disent comment voter et il n'y a plus de lobbyistes d'entreprise qui me suggèrent quoi faire. Mes seuls patrons, ce sont vous, les gens de Markham-Stouffville.

Jane Philpott

Jody Wilson-Raybould a abondé dans le même sens, expliquant qu’être indépendante devrait lui donner plus de latitude et lui permettre de s’affranchir de certaines directives d’un quelconque parti.

« Les gens veulent des politiciens authentiques qui leur disent la vérité. Les gens veulent des politiciens audacieux qui s'attaquent aux "crises existentielles" de notre époque », a ajouté Mme Philpott, en citant les changements climatiques en exemple.

Être indépendant ne veut pas dire être seul et isolé. Au contraire, cela veut dire qu’on peut travailler avec tout le monde. Être membre d’un parti ne devrait pas signifier devoir abandonner ses principes ou prendre des décisions parce qu’une personne nous dit de les prendre.

Jody Wilson-Raybould

Mme Wilson-Raybould n’a toutefois pas renié son passage au sein du caucus libéral, en exprimant sa fierté du travail accompli ces quatre dernières années. « Mais je me demande ce qu’on aurait pu faire de plus sur les grands enjeux s’il y avait eu moins de partisanerie », a-t-elle ajouté.

Tentées par les verts

Elizabeth May au micro.

Jody Wilson-Raybould et Jane Philpott ont toutes deux été en discussion avec la cheffe du Parti vert, Elizabeth May.

Photo : Radio-Canada

Mme Wilson-Raybould avait un temps été pressentie pour faire le saut au Parti vert, notamment en raison du fait qu’elle a assisté au mariage de sa cheffe, Elizabeth May, en avril dernier.

Mme Philpott a elle aussi eu de longues discussions avec le Parti vert, ces derniers temps.

Lors d'un point de presse, Mme May a expliqué qu'elle aurait même été prête à abandonner la direction du parti si l'une ou l'autre des anciennes ministres avait joint les verts et l'avait demandé.

« Ce n'était pas une négociation. J'ai juste demandé à Jody si elle voulait être cheffe du parti elle a dit non », a-t-elle expliqué, en précisant avoir fait la même proposition à Mme Philpott.

Mme Philpott a expliqué que son refus de se joindre aux verts vient du fait qu'elle ne se sent pas « 100 % authentiquement verte ».

De son côté, Mme Wilson-Raybould a admis avoir « considéré sérieusement » la chose. « Je sais qui je suis et je ne suis pas une personne de parti », s'est-elle justifiée.

Elle a toutefois qualifié le Parti vert d'« allié nécessaire », notamment sur les enjeux importants que sont la lutte contre les changements climatiques et la réforme du système électoral.

« Nous partageons la même vision sur la grande majorité des enjeux [actuels] comme la réconciliation [avec les Premières Nations] et les changements climatiques. Nous sommes sur la même longueur d'onde », a martelé Mme May, assurant que les deux députées n'avaient pas de « plan caché » et qu'elles étaient « honnêtes » dans leur démarche.

Le ministre libéral de l'Infrastructure et des Collectivités, François-Philippe Champagne, a estimé que simplement « aimer » les idées des libéraux, comme le font Mmes Wilson-Raybould et Philpott, ne permet pas d'avancer.

Le choix se fera entre les gens qui aiment la plateforme libérale et les gens qui veulent la mettre en pratique.

François-Philippe Champagne, ministre de l'Infrastructure et des Collectivités

Le chef conservateur Andrew Scheer y est aussi allé de son commentaire : « L'annonce faite aujourd'hui rappelle clairement qu'il n'y a pas de place dans le Parti libéral du Canada pour ceux qui tiennent tête à Justin Trudeau. [...] Il est encourageant de constater qu'elles ont décidé de continuer à défendre ce en quoi elles croient. »

Mme Wilson-Raybould et son amie Jane Philipott ont laissé leur poste de ministre au cours de l'hiver dans la foulée du scandale SNC-Lavalin. Puis, le 2 avril, elles ont été expulsées du caucus libéral par le premier ministre Trudeau.

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