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Santé publique et garderies : Doug Ford annule ses coupes pour cette année

Photo de deux hommes en complet devant un micro.

Le premier ministre Doug Ford en compagnie de son ministre des Affaires municipales, Steve Clark

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Après une avalanche de critiques et sa chute libre dans les sondages, le premier ministre Doug Ford annule les compressions qui devaient entrer en vigueur cette année en matière de financement provincial pour la santé publique et les services de garde et ambulanciers.

M. Ford admet que les villes ont besoin de plus de temps pour trouver des économies dans leur budget.

Il maintient toutefois que le statu quo ne suffit pas pour éliminer le déficit provincial d'ici cinq ans et qu'il y aura donc des coupes au cours des prochaines années.

Nombre de maires, y compris John Tory, à Toronto, avaient dénoncé les compressions rétroactives du gouvernement, soulignant que le provincial amputait des sommes promises aux villes pour cette année, et ce, après l'adoption du budget 2019.

Dans le cas de Toronto, il s'agissait d'un manque à gagner de 177 millions de dollars cette année, selon le directeur municipal.

À London, la Ville anticipait une baisse de financement de 4 millions, alors que le maire d'Ottawa, Jim Watson, soutenait que sa municipalité perdrait des millions, ce qui entraînerait une période de chaos.

Doug Ford martelait pourtant depuis plusieurs semaines que les villes pouvaient trouver des économies rétroactivement, sans avoir à augmenter l'impôt foncier. Il n'a pas expliqué, lundi, pourquoi il avait fait volte-face.

Notre gouvernement est à l'écoute.

Doug Ford, premier ministre de l'Ontario

L'opinion publique

Le maire de Toronto affirmait que jusqu'à 6000 places subventionnées en garderie étaient en péril en raison des compressions provinciales, comme des programmes de déjeuners pour élèves démunis, notamment. La Ville avait même lancé une pétition en ligne contre Doug Ford.

Dans une lettre ouverte, d'anciens ministres de la Santé accusaient par ailleurs le gouvernement de compromettre la santé publique.

La vaste majorité des Ontariens désapprouvaient les compressions provinciales en santé publique, selon un récent sondage, et la cote de popularité du premier ministre Ford était en chute libre, moins d'un an après son élection.

Pour sa part, M. Ford a affirmé, lundi, qu'il ne se préoccupait pas des sondages, sa priorité étant de remettre de l'ordre dans les finances publiques à temps pour les prochaines élections provinciales.

Réactions

Le maire de Toronto, John Tory, remercie le premier ministre Ford et son ministre des Affaires municipales, Steve Clark, d'avoir écouté les préoccupations des villes.

Je comprends les défis auxquels le gouvernement de l'Ontario fait face pour éliminer son déficit budgétaire et j'appuie ces intentions. Toutefois, il faut agir de façon prudente et collaborative, qui ne mine pas les services vitaux dont les Torontois ont besoin chaque jour.

John Tory, maire de Toronto

Pour sa part, le président du comité de la santé publique de Toronto, le conseiller municipal Joe Cressy, dit que M. Ford a pris la bonne décision en annulant ses compressions pour cette année.

Il se réjouit également de la décision de la province de suspendre pour l'instant des millions en coupes anticipées au cours des prochaines années en santé publique, en attendant des discussions supplémentaires avec les villes.

À Mississauga, la mairesse Bonnie Crombie qualifie la volte-face de Doug Ford de « bonne nouvelle ». « J'ai hâte de travailler [avec le provincial], dit-elle, pour trouver de nouvelles façons de fonctionner, tout en maintenant les services essentiels de nos résidents. »

Le maire de Hearst et président de l'Association française des municipalités de l'Ontario (AFMO), Roger Sigouin, dit lui aussi qu'il s'agit d'une « bonne nouvelle ».

Si le gouvernement peut se pencher, avant d'impliquer des coupures, de vraiment faire de bonnes analyses, c'est toujours bien reçu au niveau des municipalités, puisque l'impact sur les municipalités ontariennes peut être très dangereux.

Roger Sigouin, maire de Hearst

Le caucus des maires des grandes villes de l'Ontario (LUMCO) « applaudit » à la décision de M. Ford.

« Il n'y a pas de doute que toute future coupe dans le financement provincial va forcer les conseils municipaux à prendre des décisions difficiles, affirme le président de LUMCO et maire de Guelph Cam Guthrie. Mais au moins, maintenant, nous avons le temps de nous asseoir à la table avec la province et de trouver des façons de protéger les résidents et les services dont ils dépendent. »

Même son de cloche de la part de l'Association des municipalités de l'Ontario (AMO). « Nous nous réjouissons d'avoir du temps supplémentaire pour nous asseoir ensemble et trouver des solutions qui fonctionnent pour les deux parties et qui protègent les services. »

Toronto

Politique provinciale