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L'OMS reconnaît officiellement le trouble du jeu vidéo

Une main sur une console de jeux vidéo.

La dépendance aux jeux vidéo est désormais officiellement considérée comme une maladie par l'OMS.

Photo : getty images/istockphoto / Voyagerix

Radio-Canada

Un an et demi après avoir publié une définition du trouble du jeu vidéo, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) l'a ajouté à la section sur les troubles de la dépendance de la nouvelle Classification internationale des maladies de l'organisation, qui a été adoptée samedi.

Depuis janvier 2018, l'OMS définit le trouble du jeu vidéo, appelé gaming disorder en anglais, comme un comportement lié à la pratique des jeux vidéo ou des jeux numériques, qui se caractérise par une perte de contrôle sur le jeu, une priorité accrue accordée au jeu, au point que celui-ci prend le pas sur d’autres centres d’intérêt et activités quotidiennes, et par la poursuite ou la pratique croissante du jeu en dépit de répercussions dommageables.

Une minorité d'accros

L'agence de l’Organisation des Nations unies (ONU) spécifie que ce trouble ne touche qu’une petite partie des personnes qui utilisent des jeux numériques ou des jeux vidéo.

Shekhar Saxena, expert en santé mentale et en toxicomanie auprès de l'OMS, fait également ce constat. Certains jouent à des jeux vidéo 20 heures par jour, oubliant même de manger et de dormir. Il souligne qu'il est donc important de repérer précocement les signes de dépendance aux jeux vidéo.

La onzième version de la Classification internationale des maladies de l'OMS entrera en vigueur le 1er janvier 2022 et se sert notamment de base de référence pour établir des statistiques en matière de santé dans le monde entier.

Le manque de preuves dénoncé

L'intégration officielle de la dépendance aux jeux vidéo à la classification de l'OMS a été critiquée par plusieurs acteurs de cette industrie, dont l'Association canadienne du logiciel de divertissement (ALD), qui se présente comme étant la porte-parole du secteur canadien du jeu vidéo. Dans un communiqué publié conjointement samedi, l'ALD et d'autres représentants de l'industrie de jeu vidéo appellent l'OMS à revoir sa décision.

La notion de "trouble du jeu vidéo" ne se base sur aucune preuve suffisamment robuste pour justifier son intégration à l'un des outils normatifs les plus importants de l’OMS, affirment-ils.

Corrélation ou lien de causalité?

L'OMS souligne que sa décision d'inclure le trouble du jeu vidéo à la nouvelle mouture de sa classification s'appuie sur des données factuelles et sur un consensus d'experts issus de différentes disciplines. Toutefois, certains scientifiques estiment qu'elle repose sur des preuves trop peu solides.

Dans un article scientifique publié l'an dernier, des chercheurs de l’Institut Trimbos, des universités d’Oxford, Johns-Hopkins, de Stockholm et de Sydney pointent le risque d'abus de diagnostics de troubles du jeu vidéo et s'interrogent sur le lien de cause à effet entre la pratique du jeu vidéo et les problèmes rencontrés par certains joueurs.

Même si des patients jouent intensivement à des jeux vidéo (A) tout en étant présentant des dysfonctionnements significatifs sur le plan clinique (B), la question reste de savoir si B est causé par A et s'il y a des bénéfices à formaliser un trouble en se basant sur cette hypothèse, ont-ils écrit, en demandant à l'OMS à faire preuve de prudence en n'incluant pas le trouble du jeu vidéo à sa classification.

Avec les informations de Agence France-Presse, Le Monde, et NBC News

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