•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'ONU souhaite que le Canada contribue à la réinstallation des réfugiés

Le drapeau canadien sur la colline du Parlement à Ottawa
La demande faite à Ottawa intervient dans la foulée des politiques américaines qui adoptent une ligne plus dure à leur frontière australe. Photo: The Canadian Press / Justin Tang
La Presse canadienne

Les Nations unies exhortent le Canada à alléger le fardeau des réfugiés au Mexique en accceptant de réinstaller certaines des personnes les plus vulnérables parmi ces nouveaux arrivants, notamment les femmes, les enfants et les personnes LGBTQ.

Le Mexique ressent le contrecoup d'un exode sans précédent de personnes fuyant les pays d'Amérique centrale. La violence sévissant dans ces pays qui ne sont même pas en guerre pousse les familles vers le nord.

« Nous demandons au Canada d'en faire plus », a dit le représentant du Mexique au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), Mark Manly.

M. Manly est venu à Ottawa, plus tôt ce mois-ci, pour discuter avec le gouvernement fédéral de l'aide que le Canada peut apporter pour réinstaller davantage de migrants arrivés au Mexique.

La demande intervient dans la foulée des politiques américaines qui adoptent une ligne plus dure à leur frontière australe.

Le nombre de demandes d'indemnisation en 2018 par rapport aux années précédentes a plus que doublé, passant de près de 15 000 à environ 30 000, selon le HCR. Un grand nombre de ces demandeurs d'asile proviennent du Honduras, du Salvador et du Venezuela.

Selon M. Manly, de nombreux migrants ont des bonnes perspectives d'avenir au Mexique en raison de la croissance de l'économie du pays et de son besoin de main-d'œuvre étrangère, mais les femmes fuyant la violence des bandes criminelles et les membres des communautés LGBTQ doivent être réinstallés ailleurs, car ils ne sont pas en sécurité.

Le HCR veut soulager les autorités mexicaines de la prise en charge de ce type de profil et réinstaller ces migrants au Canada.

Mark Manly, représentant du Mexique au HCR

Les bandes criminelles sont florissantes en Amérique centrale, a souligné M. Manly. Elles extorquent de l'argent aux honnêtes gens, tuent des rivaux et recrutent en permanence des adolescents, garçons et filles.

« Quiconque se met au travers de leur chemin court un grave danger, alors des familles entières s'enfuient. Cela explique les changements démographiques », a-t-il dit.

« Le Canada agit déjà au chapitre du soutien technique au système des réfugiés au Mexique et à la réinstallation des personnes nécessitant une très grande protection dans la région, a reconnu le représentant. Ce sont des pays avec lesquels le Canada a des liens étroits. Le Mexique est le plus important d'entre eux. »

Un enjeu politique majeur

Une porte-parole du ministre fédéral de l'Immigration, Ahmed Hussen, n'a pas été en mesure de fournir des données sur le nombre de demandeurs d'asile en provenance du Mexique que le Canada a récemment reçues.

Lise Jolicoeur a rappelé que le Canada était un partenaire de la Rainbow Refugee Society, un organisme qui aide à parrainer des réfugiés LGBTQ2 provenant du monde entier. « En fait, cette année, nous avons parrainé 64 réfugiés, un sommet », a-t-elle fait savoir dans un courrier électronique.

Le Conseil mondial pour les réfugiés, un organisme établi en Ontario, a écrit un rapport, plus tôt cette année, dans lequel il était indiqué que « la migration à grande échelle de femmes et plus particulièrement d'enfants et d'adolescents non accompagnés d'Amérique centrale vers le nord [...] est devenue un enjeu politique majeur ».

« On estime à six sur dix le nombre de femmes et de filles migrantes qui sont victimes de violences sexuelles perpétrées par des acteurs illicites, des autorités gouvernementales et des partenaires intimes. Cependant, la majorité de ce que l'on sait à ce sujet est anecdotique, et il est devenu urgent d'établir une base de données probantes plus solide pour éclairer les mesures politiques qui doivent être prises à cet égard », peut-on lire dans ce rapport.

Le président de l'organisme, l'ancien ministre des Affaires étrangères, Lloyd Axworthy, a visité des camps de réfugiés au Mexique. Il a qualifié la situation de dramatique.

« Tant et aussi longtemps qu'il y aura des conflits et de la violence, il y aura des gens qui tenteront de s'en échapper. Et ce, même sur notre continent, a-t-il affirmé. Nous nous sommes concentrés sur le nouvel ALÉNA; eh bien! Il devra peut-être avoir des discussions parallèles sur la migration. »

Immigration

Politique