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Élections européennes : le Parlement divisé, avec des extrêmes à droite et des écolos en force

Des touristes attendent de visiter le siège du Parlement européen à Strasbourg, en France. Les eurodéputés siègent aussi parfois à Bruxelles. Photo: Getty Images / AFP/PATRICK HERTZOG
Radio-Canada

À l'issue des élections européennes, les deux principales familles politiques qui composaient le parlement européen à sa dissolution, la droite conservatrice du Parti populaire européen (PPE) et l'Alliance progressiste des socialistes et démocrates, ne détiennent plus à elles seules la majorité. L'hémicycle sera plus fragmenté que jamais, selon les plus récentes projections.

Le PPE resterait le premier parti au Parlement européen avec 182 sièges, contre 216 dans l'assemblée sortante, et les sociaux-démocrates demeureraient deuxièmes, avec 147 sièges contre 185 en 2014.

Parmi les faits saillants, on note une forte poussée des libéraux et des verts, ainsi qu’une progression contenue des populistes et eurosceptiques. La recherche des compromis politiques nécessaires s'annonce donc plus complexe lors de la prochaine législature.

En France, la liste d'extrême droite du parti de Marine Le Pen a remporté le plus grand nombre de voix, comme elle l'avait fait lors de la précédente élection en 2014. La liste « Prenez le pouvoir », qui comprend le Rassemblement national (RN) (le nouveau nom de l’ancien Front national) obtient 23,3 % des voix, un résultat similaire à celui du dernier scrutin européen.

La liste Renaissance, menée par le parti du président Emmanuel Macron, La République en marche, arrive en seconde place, obtenant 22,4 % des voix. Elle s’inscrit dans le groupe de l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ALDE), qui arrive en troisième position sur le plan européen, passant de 69 à 109 élus.

Dans un discours en soirée, Marine Le Pen a appelé le président Macron à dissoudre l’Assemblée nationale, puisqu’il avait « mis son crédit présidentiel dans ce scrutin en en faisant un référendum sur sa politique et même sur sa personne ».

Jordan Bardella, qui dirige la liste du Rassemblement national, a pour sa part appelé à la « constitution d'un groupe puissant » au Parlement européen, réunissant les formations populistes en progression à travers l’Europe. Sa liste fait partie du groupe Mouvement pour une Europe des nations et des libertés, une alliance de partis nationalistes et eurosceptiques.

La poussée de nos alliés en Europe et l'émergence de nouvelles forces sur tout le continent [...] ouvrent la voie à la constitution d'un groupe puissant au Parlement européen.

Jordan Bardella, chef de la liste du RN

Parmi ses alliés, la Ligue de Matteo Salvini, en Italie, est arrivée en tête avec 34 % des voix, ce qui fait de ce parti d'extrême droite la première force politique au pays.

L'extrême droite passe de 37 eurodéputés à 58, dont 23 Français et 28 Italiens.

Parmi les partis de droite affiliés au PPE, notons, en Hongrie, le parti souverainiste Fidesz du président Viktor Orban, qui est arrivé largement en tête, avec 52,3 % des suffrages, devançant de plus de 36 points l'opposition de centre gauche.

En Autriche, le parti conservateur du chancelier Sebastian Kurz, aussi membre du PPE, arrive largement en tête, devançant les sociaux-démocrates et le parti d'extrême droite FPÖ.

Sebastian Kurz serre la main de gens qui se trouvent de l'autre côté d'une barrière.Le chancelier autrichien Sebastian Kurz serre les mains d'électeurs à Vienne, dimanche Photo : Reuters / Leonhard Foeger

En Espagne, c’est le Parti socialiste qui est sorti grand vainqueur du scrutin, avec 32,8 % des voix. Les 20 députés de cette formation rejoindront le groupe de l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates.

Le parti d’extrême droite VOX fait son entrée au Parlement européen avec trois députés non affiliés.

Le scrutin a aussi vu les indépendantistes catalans Carles Puigdemont et Oriol Junqueras être élus au Parlement européen.

Ils étaient les deux principales figures de la tentative de sécession de la Catalogne en 2017. M. Puigdemont a fui en Belgique pour échapper aux poursuites de la justice tandis que M. Junqueras est en détention provisoire en Espagne et jugé avec onze autres séparatistes.

La poussée des verts

De l’autre côté du spectre politique, la liste écologiste a réalisé un résultat inattendu en France et en Allemagne, obtenant la troisième place française, avec 13,5 % des voix, et la deuxième place allemande, avec 20,5 % des voix.

Le bond des verts allemands est emblématique : le parti multiplie son résultat de 2014 par deux. En Autriche, en Irlande et aux Pays-Bas, leurs homologues sont aussi au-delà de 10 %.

« Une grande victoire! », s'est réjoui la tête de liste des écologistes au Parlement européen, l'Allemande Ska Keller.

C'est la première fois que le changement climatique joue un tel rôle dans une élection.

Robert Habeck, un chef des verts allemands

Les verts pourraient même détenir la balance du pouvoir pour certaines décisions cruciales du nouveau Parlement européen, comme la composition de la Commission européenne et l’identité de son président. Ce serait une première à Bruxelles.

« On va vouloir avoir notre mot à dire », a d'ores et déjà glissé un autre chef des verts allemands Cem Özdemir.

L'hémicycle du Parlement européen.751 eurodéputés siègent au Parlement européen, à Strasbourg. Photo : Reuters / Vincent Kessler

Bien que le parti d’Angela Merkel reste en tête en Allemagne, son résultat est le plus faible de son histoire. Ces mauvais chiffres pourraient affaiblir le gouvernement, qui depuis les élections législatives de 2017 navigue de crise en crise, forçant même fin 2018 la chancelière à quitter la tête de son parti, la CDU.

Le parti du Brexit devant

Les Britanniques, qui devraient quitter l'UE au plus tard le 31 octobre prochain, ont voté les premiers, jeudi, pour ce qui devrait être leur dernier scrutin européen. Ils ont porté en tête le parti du Brexit de Nigel Farage, partisan d'une rupture sans concession avec Bruxelles, avec 31,7 % des voix.

Le pays devait quitter le giron de l'Union européenne le 29 mars dernier, mais, faute d'avoir obtenu le soutien des députés, Theresa May – qui a annoncé vendredi sa démission au 7 juin – avait dû reporter la date du divorce et organiser en catastrophe les élections européennes.

Les voisins irlandais ont quant à eux opté pour la liste pro-Europe Fine Gael, affiliée au PPE.

Taux de participation élevé

Bien que le calcul des voix officiel ne soit pas encore connu, les observateurs ont noté une hausse des taux de participation, « les plus élevés en 20 ans », avec une estimation de 50,93 % pour les 28 pays de l'UE, selon le Parlement européen.

Le taux de participation n'avait pas franchi la barre des 43 % lors des scrutins de 2009 et 2014.

De fortes hausses, supérieures à 10 points de pourcentage, ont été enregistrées en Espagne, en Hongrie, en Roumanie et en Pologne. La participation est également en hausse en Allemagne et en France.

Avec les informations de Agence France-Presse

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