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Il y a 50 ans, la répétition générale d'Apollo 11

Le commandant de la mission Apollo 10, Thomas Stafford, dans son habit de cosmonaute marche dans un long corridor.
Le commandant de la mission Apollo 10, Thomas Stafford, se dirige vers le pas de lancement de la fusée qui va le mener en orbite. Photo: Reuters / NASA
Agence France-Presse

En voyant la Terre rapetisser au loin à travers son hublot, le commandant de la mission Apollo 10, Tom Stafford, a envoyé une requête malicieuse aux contrôleurs de la mission, au centre de la NASA à Houston.

C'était en mai 1969, il y a 50 ans exactement. Son vaisseau Apollo était le premier à être équipé d'une caméra en couleur, qui retransmettait ses images en direct à des millions de personnes restées sur Terre.

Ce qui a donné une idée au commandant Stafford. « J'étais dans un état d'euphorie », a raconté cette semaine lors d'une conférence à Washington l'ancien astronaute, âgé de 88 ans et seul des trois membres d'Apollo 10 encore vivant.

« Je leur ai demandé : "Pourriez-vous appeler Londres et dire au président de la Société de la Terre plate qu'il a tort?" »

Tom Stafford, commandant de la mission Apollo 10

Quelques instants de légèreté dans une mission absolument cruciale pour la course spatiale des États-Unis contre l'Union soviétique : Apollo 10 était la répétition générale d'Apollo 11.

Les astronautes devaient tester l'ensemble des véhicules, systèmes et procédures, à une exception près : ils n'atterriraient pas sur la Lune. Ce serait la mission de Neil Armstrong et Buzz Aldrin, deux mois plus tard.

La Terre se lève sur l'horizon de la Lune lors de la mission Apollo 10.La Terre se lève sur l'horizon de la Lune lors de la mission Apollo 10. Photo : Reuters / NASA

Frôler la mort

Mais Tom Stafford, un ancien pilote d'essai de l'armée de l'air, aurait bien pu ne pas participer à Apollo, après avoir frôlé la mort trois ans et demi plus tôt.

En décembre 1965, il se trouvait sur le pas de lancement d'une fusée à bord de la petite capsule du programme Gemini, précurseur d'Apollo. Le but du vol était de tester les techniques de rendez-vous et d'amarrage en orbite.

« Quand j'étais petit, je lisais Buck Rogers et Flash Gordon, on voyait ces vaisseaux spatiaux qui volaient ensemble, mais personne ne l'avait jamais fait », a raconté Tom Stafford.

Mais une anomalie s'est produite dans un moteur de la fusée au moment de l'allumage. En théorie, il aurait fallu éjecter, mais le commandant Wally Schirra, à côté de Tom Stafford, a instinctivement décidé de ne rien faire – bien lui en a pris, car il ne s'est rien passé, et ils se sont ensuite aperçus que s'ils avaient tenté de s'éjecter, ils auraient probablement explosé.

Nous avions 100 % d'oxygène dans l'habitacle, nous nous serions transformés en feu d'artifice!

Tom Stafford, commandant de la mission Apollo 10

Le summum de la carrière de Tom Stafford est cette mission Apollo 10, du 18 au 26 mai 1969, la première à tester le module conçu pour alunir, alors baptisé « Snoopy » [le module de commande avait conséquemment été nommé Charlie Brown par l'équipage].

« La NASA avait noué des liens avec Charles Schulz », l'auteur de la fameuse bande dessinée, s'est souvenu Tom Stafford. À l'époque, les salariés exemplaires de la NASA recevaient des petits Snoopy en argent.

« Je voulais dédier le vaisseau aux 400 000 personnes qui travaillaient sur le programme Apollo ».

Pour Apollo 11, l'équipage choisira des noms plus sérieux : Eagle et Columbia.

Le module de commande de la mission Apollo 10 est photographié à partir du module lunaire après leur séparation dans l'orbite de la Lune. Le module de commande de la mission Apollo 10 est photographié à partir du module lunaire après leur séparation dans l'orbite de la Lune. Photo : Reuters / NASA

Une « rôtissoire »

À l'époque, les astronautes plaisantaient souvent sur le fait que pendant les quatre jours de voyage entre la Terre et la Lune, ils se trouvaient dans une « rôtissoire ».

Comme un côté de l'appareil était toujours face au Soleil, et l'autre toujours face au noir de l'espace, il effectuait une rotation toutes les 20 minutes afin d'empêcher que les réservoirs d'oxygène surchauffent ou gèlent.

En outre, l'équipage ne pouvait pas voir la Lune avant d'arriver à proximité, car elle était dans l'ombre de la Terre. « C'était un peu étrange d'aller vers un endroit qu'on ne pouvait pas voir. »

Finalement, Snoopy s'est placé en orbite lunaire, descendant à 14 km du sol. L'équipage connut un seul moment de réelle frayeur, quand le module se mit à tournoyer quelques secondes... avant que le pilote n'en reprenne le contrôle.

A-t-il eu jamais peur? « Non, j'étais pilote de chasse, j'étais habitué à la prise de risque », a répondu Tom Stafford.

Mais il se souvient de ses pensées au moment de quitter notre planète : « Il y avait la Terre, de plus en plus petite. Je me suis dit : le voyage sera long ».

À ce jour, Tom Stafford se dit stupéfait de la taille des rochers qu'il a observés sur la Lune, certains comparables au « stade Superdome de la nouvelle Orléans ».

Au retour, Apollo 10 a atteint une vitesse de Mach 37 – plus de 45 000 km par heure – au moment de rentrer dans l'atmosphère terrestre, un record qui n'a jamais été battu par des humains depuis.

L'équipage de la mission Apollo 10 sort de la capsule qui flotte sur l'océan Pacifique Sud. L'équipage de la mission Apollo 10 est revenu sur Terre en se posant dans l'océan Pacifique Sud le 26 mai 1969. Photo : Reuters / NASA

Voyage sur la Lune

Le général à la retraite a deux conseils pour le retour sur la Lune que prépare la NASA actuellement, censé avoir lieu en 2024.

« Numéro un : simplifier au maximum », dit-il. Plus les systèmes sont complexes, plus les risques augmentent.

Deuxièmement, selon lui, les astronautes doivent être impliqués dans l'ensemble du développement, comme pour Gemini et Apollo. « Cela ne marche pas de dire : voici votre vaisseau, pilotez-le. »

Pour le retour sur la Lune, la fusée et les vaisseaux utilisés seront bien plus avancés qu'à l'époque d'Apollo, mais certaines choses semblent intangibles, comme la persistance de théories conspirationnistes.

Le lendemain de son message à la Société de la Terre plate, « Houston » a transmis la réponse de l'organisation.

« Le président de la Flat Earth Society a indiqué qu'il appréciait l'image télévisée en couleur, et qu'effectivement, la Terre était ronde, mais que c'était un disque plat ».

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