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La chasse aux oiseaux migrateurs, une tradition pour les Innus

Un chasseur à l'affût durant la migration annuelle de l'outarde.

L'outarde vole en formations serrées durant sa migration annuelle, au plaisir des chasseurs autochtones.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Lachapelle

Louis Garneau

Les Innus de la Côte-Nord poursuivent la tradition de chasser les oiseaux migrateurs, au printemps comme à l'automne. Dès que la première volée se dessine à l'horizon, on peut voir les Innus s'embusquer un peu partout dans la région.

Fin mars, là, tu commences à penser aux outardes, déjà. Là tu te dis, la neige devrait partir pour que les outardes puissent s'en venir, dit en riant le chasseur Richard Mollen. Comme lui, d'autres Innus attendent avec impatience le passage des outardes, un oiseau migrateur qui niche de l'océan Arctique au golfe du Mexique.

Richard Mollen aime particulièrement chasser dans la baie de Sept-Îles. À cette période-ci, au mois de mai, tout le temps, partout dans les communautés, c'est des périodes de chasse traditionnelle. Je l'ai tout le temps fait avec mon père puis mes oncles, mes amis, évoque-t-il.

Un chasseur innu, Michel Mollen, chasse l'outarde dans la baie de Sept-Îles.

L'Innu Richard Mollen chasse l'outarde dans la baie de Sept-Îles.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Lachapelle

Étant en ville, c'est un besoin essentiel pour moi. Il faut que j'y aille! Là, quand tu les vois passer, c'est comme un appel.

Richard Mollen, chasseur innu

L'un des enjeux de la chasse consiste à déterminer où passeront les outardes, et, là-dessus, chaque chasseur a sa théorie. Pour se camoufler, Richard Mollen a construit une cache avec des branches qu'il recouvre d'une bâche blanche en toile.

Lui-même s'habille d'une tunique de toile blanche. Il place de fausses bernaches tout autour de sa cache, puis il attend.

À peine 15 minutes plus tard, une immense volée apparaît à l'horizon. Richard les avait déjà repérées avant de les entendre.

Je viens à tous les matins ou en fin d'après-midi. Je peux passer une journée complète. J'en vois, j'en tire pas, mais c'est le bien-être d'être dans la nature. Ta journée est faite, que t'en aies pris ou pas.

Un chasseur autochtone pointe des oiseaux migrateurs avec son fusil de chasse.

Les Innus chassent les oiseaux migrateurs qui arrivent ou repartent de leurs territoires.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Lachapelle

Selon Richard, il suffit d'un peu de chance et de savoir tirer. Il est heureux de pouvoir poursuivre ce que ses grands-parents et son père faisaient.

Les communautés autochtones dans les villages isolés comme La Romaine y voient aussi un moyen de diversifier la nourriture qui arrive par bateau ou par avion.

L'hiver, c'est en avion, puis ça coûte terriblement cher. Donc, c'est pour ça qu'on a tout le temps quelque chose de traditionnel au menu.

Un chasseur a une outarde.

Le chasseur à l'affût a déjà sa récompense.

Photo : Radio-Canada

Après les outardes viennent les œufs de canards, puis les canards eux-mêmes, le homard et le saumon pour certaines communautés.

On fait des repas traditionnels avec ça. C'est rassembleur.

Assez parlé, Richard Mollen voit d'autres outardes s'approcher. Il part se cacher et sort son appeau pour tenter d'en attirer quelques-unes.

D'après un reportage de Nicolas Lachapelle

Côte-Nord

Autochtones