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La CAQ s'avance prudemment sur le terrain de l'environnement

LA CAQ assure que même si l'environnement a été très peu abordé durant la campagne électorale, il s'agit d'une priorité pour le gouvernement.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Plus de 1200 membres et militants participent ce week-end au conseil général de la Coalition avenir Québec (CAQ), son premier depuis son arrivée au pouvoir, sous le thème de l'économie verte. Les environnementalistes Dominic Champagne et Karel Mayrand prennent part à l'exercice et comptent bien ne pas passer inaperçus.

Dominic Champagne est d’ailleurs nouvellement membre de la formation politique pour, dit-il, l’« influencer de l’intérieur ». « Je suis heureux d’être là pour prendre la main de ce parti politique qui fait ses premiers pas et lui apprendre à marcher, je l’espère, dans la bonne direction », a-t-il lancé.

À son arrivée samedi au conseil général, malgré les deux macarons qu'il portait, dont l'un indiquait « J'aime mon premier ministre », Dominic Champagne ne se berçait pas d'illusions quant aux sujets abordés lors de la fin de semaine.

Je pense qu’on va nous servir beaucoup de tartes aux pommes aujourd’hui, et qui est contre la tarte aux pommes? Je m’en viens aussi relayer le même message qu’on relaye depuis la sortie du rapport du GIEC, il faut réduire de moitié nos émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, et on attend un plan.

Dominic Champagne

« Je crois qu'il y a des gens à la CAQ qui craignent que j'aille faire mon show, que j'aille hacker le congrès, avait-il précédemment indiqué à ICI RDI. Ce n'est pas mon intention. J'y vais en homme de bonne volonté pour essayer de contribuer positivement. »

L’environnementaliste et metteur en scène souhaite rappeler au gouvernement son « devoir de cohérence » alors que le premier ministre François Legault dit vouloir électrifier la ville de New York tout en étant favorable à un projet de gazoduc au Saguenay et au « troisième lien » à Québec.

M. Champagne était accompagné lors d'un panel du directeur général Québec et Atlantique de la Fondation David Suzuki, Karel Mayrand.

« Il n'y a pas d'opposition entre l'économie et l'environnement. Avec les gens d'affaires, on s'entend sur à peu près 80 % de ce qui doit être fait sur l'environnement », estime M. Mayrand, qui ajoute que les projets d’électrification du parc automobile, le développement des transports collectifs et la sortie des énergies fossiles doivent devenir les priorités de la CAQ.

Il doute toutefois de la capacité du gouvernement québécois d'agir assez rapidement pour faire sa part dans la lutte contre les changements climatiques.

« Il y a un écart énorme entre ce que la science exige et ce que les politiciens [au Québec et au Canada] ont mis sur la table », déplore M. Mayrand.

Des étudiants souhaitent rencontrer Legault

À l'extérieur de l'hôtel où se déroule le conseil, de nombreux jeunes militants pour l'environnement ont organisé un campement afin de réclamer un entretien avec le premier ministre François Legault, son ministre de l'Environnement Benoit Charette et son ministre de l'Éducation Jean-François Roberge.

Seuls MM. Charette et Roberge s'y sont présentés, à la déception des organisateurs issus des collectifs La Planète s'invite à l'université, Pour le futur Mtl et Devoir Environnemental Collectif.

« Ça fait juste témoigner qu'il [François Legault] n'est pas à l'écoute de la jeunesse en ce moment », a estimé le cégépien Thomas Dufresne-Morin, de Devoir Environnemental Collectif.

« Les ministres nous ont dit de continuer à nous faire entendre, a dit pour sa part Albert Lalonde, coporte-parole de Pour le futur. Mais il faut aller beaucoup plus loin que cette vision-là de "les jeunes se mobilisent, c'est mignon". C'est un peu condescendant de se faire dire de continuer à nous faire entendre parce que nous, ce qu'on veut, c'est d'être écoutés. »

La CAQ se veut « pragmatique »

Alors que le thème a été quasiment absent de la campagne électorale, la CAQ assure vouloir faire de l’environnement l’un de ses chevaux de bataille. Le conseil général qui s’est ouvert samedi à Montréal se veut d’ailleurs carboneutre, puisque des arbres seront plantés pour compenser les déplacements de ses participants. Aucun ustensile ou verre en plastique n'y sera du reste proposé.

Je suis très ouvert à écouter les contributions des citoyens et de groupes de pression. Mais la CAQ n'est pas au service des groupes de pression, elle est au service de l'ensemble de la population.

François Legault, premier ministre du Québec

Le gouvernement souhaite adopter une approche « pragmatique » à l'égard de l'environnement, défendant même le projet GNL Québec qui vise la construction d'une usine de gaz naturel liquéfié à Saguenay.

M. Legault a tenu à rappeler que ce projet vise à exporter ce gaz liquide vers l'Europe pour remplacer de l'énergie produite avec du charbon, « une bonne nouvelle pour l'environnement », selon lui.

« L'urgence, ce sera d'adopter des mesures qui seront pragmatiques », a souligné en entrevue à ICI RDI le ministre québécois de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Benoit Charette.

Le ministre a vertement critiqué les engagements pris pendant le règne du gouvernement libéral tout en indiquant que la CAQ proposerait « en début d’année 2020 » son plan vert qui s’étendrait jusqu’en 2030.

Au menu, un réajustement majeur de la récupération des matériaux, le recyclage vivant une « crise de confiance dans la population », selon le ministre.

M. Charette a également rappelé l’engagement de la CAQ d’électrifier le chauffage de ses futurs bâtiments gouvernementaux.

Le conseil général de la CAQ doit se terminer dimanche, après que les membres se seront prononcés sur 45 propositions issues du gouvernement.

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