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« Faire de l’ordre dans ma tête » : courir pour aller mieux

Un homme assis sur des marches, à côté d'une bouteille d'eau, serre les lacets de ses chaussures de course.
La course à pied est pratiquée par des gens de tous âges, autant par les hommes que par les femmes. Photo: iStock
Roxane Léouzon

C'est en courant que le Gatinois Jean-Mathieu Chénier s'est sorti de la dépression, il y a deux ans. L'Ottavienne Anne-Josée Orichefsky, elle, s'est servie de la course à pied pour se sauver de la solitude, alors qu'elle était une jeune maman.

Il y avait beaucoup de choses qui se passaient dans ma tête, en grande partie négatives, et quand je courais, ça me permettait de prendre une certaine distance et de faire de l’ordre dans tout ça, se rappelle M. Chénier. Après ma course, on dirait que mes problèmes me paraissaient moins gros. Et j’avais souvent de nouvelles stratégies pour être capable de les surmonter.

Jean-Mathieu Chénier souriantJean-Mathieu Chénier Photo : Radio-Canada / Lévy L Marquis

Le trentenaire a aussi consulté une psychologue et commencé à prendre des médicaments pour le trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH), mais il est convaincu que le sport était nécessaire à son bien-être.

De son côté, Anne-Josée Orichefsky illustre l’importance de la course à l’aide d’une anecdote.

Quand ma plus jeune a deux ou trois ans, je pars courir un matin et ma fille me dit : “Maman, tu cours encore?” Et là, mon garçon de cinq ou six ans, lui répond : “Ben oui, laisse-la courir, quand elle revient, elle est plus de bonne humeur”, raconte-t-elle en riant.

Anne-Josée Orichefsky fait du véloAnne-Josée Orichefsky lors d'une compétition Ironman en Allemagne Photo : Facebook/Anne-Josée Orichefsky

La vérité sort de la bouche des enfants, puisque la prothésiste dentaire a l’impression de se faire « du bien à l’âme » quand elle court, que ce soit en solitaire ou en groupe.

C’est un moment à moi, où je suis zen, je suis inspirée, je peux régler plein de choses.

Anne-Josée Orichefsky

On partage tellement de choses, on sourit, ce n’est que du positif, explique la résidente du quartier Cumberland au sujet de ses sorties en groupe.

Des bienfaits démontrés sur la santé mentale

S’entraîner de manière modérée, c’est-à-dire moins de 10 heures par semaine, est considéré de manière consensuelle comme ayant un impact positif sur la santé mentale et physique, selon Nicolas Moreau, professeur à la Faculté des sciences sociales de l’Université d’Ottawa.

Oui, l’exercice physique sécrète de l’endorphine. Mais ça aide aussi à la confiance en soi. Si vous vous mettez à courir, vous allez vous dépasser, atteindre des résultats, explique l’adepte de course à pied, qui observe notamment ces effets sur lui-même.

Nicolas Moreau en pleine courseLe professeur à la Faculté des sciences sociales de l’Université d’Ottawa Nicolas Moreau est aussi adepte de course à pied. Photo : Facebook/Nicolas Moreau

M. Moreau s’intéresse particulièrement, dans ses recherches, à la course à pied comme moyen d’aider les jeunes en difficulté. Courir en groupe, parfois à relais, permettrait de créer des liens sociaux forts.

Mais attention aux dérives, comme le surentraînement et les blessures. Si vous arrivez à un point où vous stagnez, vous pouvez perdre votre confiance. Si vous vous blessez et que vous êtes forcés d’arrêter de courir, il y a un risque de dépression, signale l’universitaire, ajoutant que la course peut devenir une dépendance.

Jean-Mathieu Chénier en est conscient et se montre prudent.

Quand tu perds ce qui te fait sentir mieux, c’est facile de retomber du côté sombre de tes pensées.

Jean-Mathieu Chénier

Il faut apprendre à se contrôler, se forcer à prendre des pauses, faire du renforcement et des étirements pour éviter les blessures, juge celui qui dirige certains clubs de course à Gatineau.

Alors que la Fin de semaine des courses d’Ottawa Tamarack débute, samedi, le professeur Moreau trouve génial que la Ville favorise ce genre d’événements, qui inciterait davantage de personnes à se rassembler et à s’initier à la course.

Ottawa-Gatineau

Santé mentale