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Un chef autochtone s’accroche au pouvoir en Ontario

Portaint d'un homme dans une voiture.

Edward Machimity est à la tête de la Première Nation de Saugeen depuis sa fondation en 1985.

Photo : Courtoisie

Radio-Canada

Le chef de la Première Nation de Saugeen, située à environ 400 km au nord de Thunder Bay, a annoncé un peu plus tôt ce mois-ci qu'il allait nommer son épouse pour le remplacer à la barre de la collectivité, alors qu'il fait face à une forte opposition.

Edward Machimity est le chef de la Première Nation ojibwée depuis 34 ans, malgré les tentatives répétées de membres de la communauté de lui trouver un successeur depuis une décennie.

Deux personnes assises à une table.

Paul Machimity, un des frères du chef, et Hilda DeRose. Mme DeRose faisait partie d'un groupe de femmes qui ont tenté d'évincer le chef en 2016.

Photo : CBC/Jorge Barrera

Edward Machimity affronte actuellement devant la Cour fédérale des membres de la collectivité qui veulent nommer un nouveau chef.

Les opposants du chef affirment qu'il dirige la communauté au profit de sa famille et de ses amis proches.

Ils l'accusent aussi d’utiliser les deux policiers de la bande pour réprimer la dissidence.

Une maison devant une forêt.

Le poste de police à l'entrée de la Première Nation de Saugeen.

Photo : CBC/Jorge Barrera

Dans une lettre datée du 16 mai, qui a été remise en main propre cette semaine à la plupart des résidents de Saugeen, Edward Machimity a annoncé que son épouse, Violet, actuellement administratrice de la Première Nation, deviendrait la prochaine chef.

Il est maintenant temps d’envisager la prochaine étape de mon cheminement et de planifier une transition harmonieuse et respectueuse pour ma succession, écrit Edward Machimity dans sa lettre. Celui-ci est actuellement à l’hôpital de Sioux Lookout en raison de problèmes médicaux liés au diabète.

Violet a travaillé à mes côtés en tant que véritable partenaire ces 34 dernières années.

Edward Machimity, le chef de la Première Nation de Saugeen dans sa lettre adressée aux résidents

Edward Machimity a également nommé sa fille au conseil de bande.

La stabilité du leadership de notre communauté a été une partie importante de tout ce que nous avons accompli, peut-on lire également dans la lettre.

M. Machimity indique par ailleurs qu'il veut que le chef de police de la bande, son gendre Darrell Keesic, assume un rôle de leadership à long terme.

L'un des frères du chef, John Machimity, raconte que la lettre a surpris les gens de la communauté.

Un homme assis devant une cheminée.

John Machimity compare Saugeen à une « petite Corée du Nord en devenir ».

Photo : CBC

Personne ne s’y attendait. En gros, il a mis en place son leadership pour les 100 prochaines années.

John Machimity, le frère du chef contesté

Règles pour la sélection du nouveau chef

Edward Machimity indique que son état de santé précaire pourrait l’empêcher d’assister à des réunions prévues les 20 et 21 juin au cours desquelles sera désigné le prochain chef de la communauté.

Au cas où je ne suis pas suffisamment en bonne santé pour participer à cette discussion, je mets mon plan de relève par écrit pour que nous puissions discuter de la question maintenant, peut-on lire dans la lettre. C’est la responsabilité du chef de nommer son successeur.

De son côté, Darlene Necan, qui a été nommée au conseil de bande en février, réplique que les règlements de la Première Nation, adoptés en 1997, ne confèrent pas un tel pouvoir au chef sortant.

Une femme autochtone en train de lire un document.

Darlene Necan.

Photo : CBC/Jorge Barrera

Beaucoup de gens me disent que nous ne pouvons pas les laisser faire ça, raconte-t-elle. Nous devons nous serrer les coudes.

Selon les règlements de la Première Nation en matière de leadership, le chef doit faire l’objet d’un examen tous les 21 ans.

Le 9 décembre 2018, soit 21 ans après l’entrée en vigueur de cette motion, les opposants d’Edward Machimity ont tenté de le destituer.

L’avocat Doug Keshen s’était alors porté à la défense du chef, avançant notamment qu’un changement de leadership pourrait mettre en péril une entente signée pour relier la communauté au réseau électrique de la province.

Darlene Necan croit tout de même que les membres de la communauté sont prêts à rejeter le plan de relève de M. Machimity lors de la réunion de juin et à briser l’emprise qu’il a sur la communauté.

Nous ne pouvons pas et nous n’accepterons pas 30 autres années de dictature ininterrompue, met en garde Mme Necan.

Avec les informations de CBC

Nord de l'Ontario

Autochtones