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Grève à la Résidence des Bâtisseurs de Matane : une offre mais pas d'entente

Sur une pancarte : 15 $ minimum.
La principale revendication des syndiqués : un minimum de 15 $ l'heure. Photo: Radio-Canada / Marie-Jeanne Dubreuil
Joane Bérubé

Une offre globale a été présentée mercredi aux syndiqués de la Résidence des Bâtisseurs de Matane qui sont en grève générale illimitée depuis maintenant plus de six mois. Les employés ne se sont toutefois pas encore prononcés sur cette offre déposée à la fin du mois d'avril puis modifiée à la mi-mai.

Le représentant syndical des employés, Alexis Roy, explique que la dernière proposition sera déposée en assemblée pour un vote si l’employeur accepte d’y inclure les 25 clauses déjà paraphées durant la dernière année de négociations.

On a quand même négocié pendant une année certains articles, fait-il valoir. Pour moi, c’est important de les retrouver là parce qu’on a donné notre parole. Par la suite, on est prêt à aller au vote.

Un peu plus d’une quarantaine de syndiqués sont en grève générale illimitée depuis le 13 novembre dernier.

La convention collective est échue depuis le 15 février 2018. Dix-huit rencontres de négociations entre les parties ont eu lieu depuis.

La résidence des Bâtisseurs à Matane.La résidence des Bâtisseurs à Matane. Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Aux dires du conseiller syndical, les discussions avec l’employeur demeurent ardues.

Une conciliatrice a été nommée en mars 2018 à la suite d’une demande du syndicat.

Dossiers devant le tribunal

Au cours des derniers mois, le syndicat a porté plusieurs dossiers devant le tribunal dont un sur le recours à des briseurs de grève et un autre sur la représentation syndicale et l’accès aux locaux de l’employeur.

Une décision rendue cette semaine a jugé illégale la création d’un poste de préposé aux résidents. L’arbitre a jugé qu’il s’agissait d’un poste de préposé aux bénéficiaires comme le soutenait le syndicat.

Le syndicat a aussi déposé un recours en Cour supérieure pour outrage au tribunal. Selon le syndicat, une décision rendue par le Tribunal d’arbitrage en juin 2018 sur la réorganisation du service alimentaire n’aurait pas été respectée.

Lents pourparlers

Jusqu’à maintenant, l’employeur et le syndicat ne se seraient entendus que sur quelques clauses, dont aucune ne seraient au cœur des demandes des employés, selon le syndicat. Quelques petits bouts de clauses, sur l’ensemble de la convention, c’est environ un sixième de la convention. On est très loin de s’entendre , évalue Alexis Roy.

Les parties demeurent par contre en contact et d’autres dates de négociations sont au calendrier. Chaque jour, il peut y avoir un développement, souligne M. Roy, on continue de se parler. On attend peut-être d’autres offres. La balle est un peu dans le camp de l’employeur.

Si la dernière proposition de l’employeur était amendée pour n’y inclure que la partie déjà négociée, le syndicat entend en recommander le rejet.

Alexis Roy affirme que l’offre ne contient pas d'avancées sur les demandes des syndiqués. L’employeur a, dit-il, remis des demandes patronales qui n’étaient même pas à l’origine dans ses demandes.

On voit quelques personnes dehors. Elles manifestent pour de meilleurs conditions de vie aux aînés et aux travailleurs d'une résidence de personnes âgées. Depuis le 13 novembre une quarantaine de syndiqués sont en grève. Photo : Radio-Canada / Adrianne Gauvin-Sasseville

Le syndicat affirme que la proposition contient une bonification des salaires, un des enjeux principaux de la négociation.

En début de négociations, les syndiqués ont déposé huit demandes principales, dont un salaire à 15 $ de l’heure, une semaine de vacances supplémentaires, des congés de maladie, de meilleurs horaires et une définition des tâches de travail.

Manque de main-d'œuvre

En juillet dernier, la construction d'une troisième tour à la Résidence des Bâtisseurs a été lancée au centre-ville de Matane.

Un édifice en constructioLa résidence des Bâtisseurs ajoute une troisième tour aux deux autres déjà existantes au centre-ville de Matane. Photo : Radio-Canada / Joane Bérubé

Le conseiller syndical, Alexis Roy, admet qu’il croyait que cette conjoncture et les problèmes de recrutement des résidences pour aînés favoriseraient un règlement.

Les salariés sont fiers de travailler là, ils aiment leur travail, mais ils ont le droit de revendiquer leur condition, d’avoir de meilleures conditions. On croyait que l’employeur embarquerait , commente M. Roy. D’autant plus, poursuit le conseiller syndical, que les contrats de travail dans les autres établissements du groupe sont plus avantageux que celui offert par la direction de Matane.

Nos demandes d’entrevue auprès de l’employeur sont demeurées sans réponse.

Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Relations de travail