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Des organismes portent plainte pour bloquer la loi sur l'avortement en Alabama

Un manifestant américain pro-choix porte un gaminet rose sur lequel il est écrit, en anglais : « Je soutiens Planned Parenthood ».

Des manifestations pour soutenir l'avortement ont lieu aux États-Unis, comme ici à Atlanta le 21 mai, depuis que plusieurs États ont promulgué des lois plus sévères contre l'interruption de grossesse.

Photo : Getty Images / Elijah Nouvelage

Agence France-Presse

La puissante association de défense des libertés civiles (ACLU) et l'organisme Planned Parenthood ont demandé vendredi à la justice de l'Alabama de bloquer une loi draconienne sur l'avortement récemment adoptée par cet État du sud des États-Unis, estimant que le texte était contraire à la Constitution.

La loi, qui doit entrer en vigueur le 25 novembre, « est de façon flagrante inconstitutionnelle et l'ACLU ne restera pas sans bouger alors que les responsables politiques, encouragés par le programme anti-avortement du président [Donald] Trump, exploitent notre santé et nos vies pour un profit politique », a affirmé Alexa Kolbi-Molinas, avocate de l'ACLU.

Cette loi « va causer des torts immédiats et irrémédiables aux patientes [...] en violant leurs droits constitutionnels, en menaçant leur santé et leur bien-être, et en les forçant à mener leur grossesse à son terme contre leur volonté », affirme la plainte, déposée au nom de trois cliniques et d'une association régionale de Planned Parenthood.

Si elle entre en vigueur, elle visera « de manière disproportionnée les femmes noires et la population à faible revenu », soulignent les plaignants.

Ce texte, le plus répressif du pays, interdit la quasi-totalité des interruptions volontaires de grossesse, même en cas d'inceste ou de viol. Il assimile l'avortement à un homicide et prévoit une peine de 10 à 99 ans de prison pour les médecins le pratiquant, sauf en cas d'urgence vitale pour la mère ou d'« anomalie létale » du foetus.

De l'aveu même de ses partisans, la loi est en contradiction avec l'arrêt de la Cour suprême « Roe c. Wade », qui a légalisé l'avortement aux États-Unis en 1973. L'objectif affiché des opposants à l'avortement est de pousser la Cour, dorénavant dominée par les conservateurs, à revenir sur cette décision historique.

La nouvelle loi « est le point culminant d'une campagne lancée il y a près de dix ans par les autorités de l'Alabama pour éliminer l'avortement légal dans cet État, assurent les plaignants, rappelant les diverses limitations à l'avortement depuis 2011.

Les trois cliniques plaignantes sont les seules de l'État à pratiquer des avortements sans hospitalisation, alors que la filiale Planned Parenthood du Sud-Est fournit des soins de santé dans trois États (Alabama, Georgie, Mississippi).

Plusieurs autres États conservateurs du sud du pays ont adopté des lois restrictives sur l'avortement.

Six États, dont la Georgie et le Mississippi, ont interdit l'avortement dès que les battements du cœur du fœtus peuvent être détectés, tandis que le gouverneur du Missouri a promulgué vendredi matin une loi interdisant l'avortement à partir de huit semaines de grossesse.

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