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Une pétition pour empêcher l'expulsion d'un étudiant étranger

On voit une pile de boîtes de pétitions au bureau du ministre fédéral de l'Immigration, Ahmed Hussen.
Syed Hussan, au centre, présente 50 000 pétitions pour aider Jobandeep Singh Sandhu à demeurer au pays. Photo: Radio-Canada / Jean-Philippe Nadeau
Jean-Philippe Nadeau

La communauté indienne de Toronto se mobilise pour éviter que l'un des leurs ne soit expulsé du Canada. Une quarantaine de manifestants ont déposé vendredi au bureau du ministre de l'Immigration 50 000 pétitions pour lui demander de surseoir à l'expulsion de Jobandeep Singh Sandhu.

L'étudiant indien de 22 ans doit être renvoyé à la mi-juin, parce qu'il a violé ses conditions de travail assujetties à son permis d'études.

Une quarantaine de personnes ont investi le petit bureau du ministre Ahmed Hussen sous les regards ahuris de deux employés et du garde de sécurité. Tous avaient répondu à l'appel de plusieurs associations de défense des droits des migrants, mais le ministre était absent pour les recevoir.

Les manifestants scandaient des slogans comme Justice pour Jobandeep, en suivant la cadence d'un meneur de foule. Des intervenants se succédaient au micro devant une colonne de boîtes renfermant des milliers de signatures pour défendre les droits de Jobandeep Singh Sandhu.

On voit Jobandeep Singh Sandhu en train de s'adresser à des médias communautaires indiens. Jobandeep Singh Sandhu s'adresse à des médias communautaires à l'extérieur du bureau du ministre Hussen. Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Nadeau

Les organisateurs de l'événement demandent au ministre fédéral Ahmed Hussen d'annuler l'expulsion de Jobandeep Singh Sandhu pour qu'il puisse rester au pays. Ils rappellent que le moment est en plus mal choisi, puisque le jeune homme vient d'obtenir un diplôme de mécanicien dans un collège de Mississauga.

Au Canada, la loi n'autorise pas les étudiants étrangers à travailler plus de 20 heures par semaine à l'extérieur de leur campus. Or, il s'avère que l'étudiant indien travaillait parfois 24 heures par semaine comme camionneur dans la région torontoise. Je ne sais pas quoi faire, c'est mon dernier espoir, je ne suis pas un criminel, je veux rester ici, dit-il.

Limiter le travail à l'extérieur du campus à 20 heures par semaine offre l'occasion d'acquérir une précieuse expérience de travail au Canada et de gagner un revenu. Une personne qui veut travailler à temps plein et faire des études à temps partiel n'aurait pas comme but principal d'étudier, mais plutôt de travailler. Elle devrait donc demander un permis de travail avant de demander un permis d'études.

communiqué du Bureau du ministre Ahmed Hussen

Jobandeep Singh Sandhu a été arrêté il y a deux ans lors d'un contrôle de police sur l'A-401 à son retour de Montréal à bord du camion de l'entreprise pour laquelle il travaillait. Les policiers l'ont ensuite remis aux autorités de l'immigration. Il a depuis épuisé tous ses recours judiciaires pour rester au pays.

Travailler 20 heures par semaine, ce n'est pas assez pour vivre, parce que nos droits de scolarité sont trois fois plus élevés que ceux des Canadiens et il faut ensuite payer le loyer et l'épicerie.

Jobandeep Singh Sandhu

Jobandeep Singh Sandhu ajoute que l'expulsion n'est pas la solution à un problème beaucoup plus large selon lui. L'Alliance des travailleurs migrants pour le changement estime effectivement qu'ils sont des centaines d'étudiants étrangers dans la même situation que lui en Ontario, qu'ils soient étudiants ou migrants temporaires.

On voit une quarantaine de membres de la communauté sikhe de Toronto qui étaient venus appuyer Jobandeep Singh Sandhu.Une quarantaine de membres de la communauté sikhe de Toronto étaient venus appuyer Jobandeep Singh Sandhu. Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Nadeau

Le coordinateur de l'Alliance, Syed Hussan, parle notamment d'exploitation et de conditions de travail misérables.

Ces étudiants sont aussi des travailleurs qui prennent soin de leur famille, mais leur employeur tire avantage de leur situation, parce qu'ils ont un statut précaire et ils n'ont aucune couverture sociale.

Syed Hussan, de l'Alliance des travailleurs migrants pour le changement

L'Alliance demande à ce que ces étudiants ainsi que les migrants temporaires reçoivent tous leur résidence permanente dès leur arrivée au Canada. Personne ne devrait avoir des droits limités au Canada, explique M. Hussan.

On voit des affiches à l'entrée du bureau du ministre fédéral Ahmed Hussen à North York.Des manifestants avaient collé des affiches à l'entrée du bureau du ministre fédéral Ahmed Hussen à North York. Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Nadeau

Le ministre Ahmed Hussen, qui a des pouvoirs discrétionnaires, n'a pas répondu à nos demandes d'entrevue. Dans un communiqué, son bureau estime que le ministre n'a pas l'autorité de parler de cas particulier de toute façon.

Le bureau de M. Hussen rappelle toutefois que les détenteurs de permis d'études au Canada doivent activement faire des études pour garder leur permis. Cela signifie qu'ils doivent demeurer inscrits dans un établissement d'enseignement et faire des progrès raisonnables en temps opportun en vue de terminer leur programme d'études.

Une telle condition consiste selon les autorités fédérales à s'assurer que les détenteurs de permis d'études sont effectivement des étudiants. Le bureau du ministre rappelle que les étudiants étrangers peuvent toutefois travailler à temps plein durant les congés prévus à leur calendrier scolaire.

Toronto

Immigration