•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'Acfas lance une étude sur les chercheurs francophones en contexte minoritaire

Une chercheure présente le fruit de ses recherches lors d'un événement de l'ACFAS

L'Association francophone pour le savoir (Acfas) lance une étude scientifique pancanadienne sur la réalité des chercheurs francophones et francophiles travaillant en contexte minoritaire.

Photo : Hombeline Dumas / ACFAS

Nicolas Duny

La recherche scientifique en français dans un milieu minoritaire rencontre de nombreux défis. L'Association francophone pour le savoir (Acfas) a décidé de lancer une vaste étude sur la réalité des chercheurs qui travaillent dans ce contexte.

L’étude sera confiée à l’Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques (ICRML), qui aura deux ans pour passer en revue les conditions de travail des chercheurs francophones et francophiles au pays. Éric Forgues, directeur de l'ICRML, se dit « heureux d’apprendre la nouvelle ».

« L'étude vise à combler le manque de données disponibles sur la réalité des chercheurs œuvrant en contexte minoritaire francophone au Canada. Elle permettra de mieux comprendre les défis qu'ils rencontrent et les enjeux liés à la recherche en contexte minoritaire », explique le directeur de l'ICRML.

La question de la recherche en contexte linguistique minoritaire ne date pas d’hier. « Dans les années 2000, il y avait un intérêt sur cette question, il y avait des études faites par le commissaire aux langues officielles, même par le CRSH [Conseil de recherches en sciences humaines], se souvient M. Forgues. Il y avait comme une sensibilité à ces enjeux-là, mais, depuis 2011, toute la question de la recherche en contexte minoritaire a été mise de côté. »

Il précise que cette étude mettra aussi en lumière des « pistes de solutions pour soulever certains blocages ».

Selon Éric Forgues, la question des demandes de financement est la principale préoccupation des chercheurs. « Il y avait des perceptions selon lesquelles on avait moins de chances d’avoir du financement si on présente une demande en français, explique-t-il. Les évaluateurs, qui peuvent venir du milieu anglophone et qui sont aussi des chercheurs, ne vont pas toujours comprendre la pertinence de certains objets d’étude en contexte minoritaire. »

L’avis des professionnels

Pour prendre le pouls des chercheurs, l'ICRML fera le tour des centres et des instituts de recherches. Il définira le nombre de chercheurs concernés, leurs travaux et leurs besoins. Éric Forgues fait d’ailleurs la distinction entre ceux qui font des recherches sur les minorités linguistiques et ceux qui travaillent sur d’autres sujets, mais en contexte minoritaire. Les enquêteurs de l’ICRML seront particulièrement sensibles à cette situation. « Est-ce qu’ils publient en français? Est-ce qu’ils font leur demande en français? » demande M. Forgues.

Dans une série de messages Twitter, le professeur adjoint de la Cité universitaire francophone de l’Université de Regina, Jérôme Melançon « espère qu'un travail conceptuel et politique aura lieu dans le cadre de cette étude ».

Ainsi, au lieu de parler de chercheurs francophones ou francophiles, il pense qu’il vaut mieux parler de « d'activités de recherche en français ». Cela permettrait d’ouvrir la question de la recherche en milieu minoritaire aux autres disciplines non reliées à la communauté francophone.

Jérôme Melançon s'estime chanceux de travailler à la Cité universitaire francophone de Regina, car tous n’ont pas la chance de travailler dans un cadre institutionnel francophone. « Les réalités sont très différentes en fonction de l'endroit au pays où l'on se trouve, explique-t-il. Dans l'Ouest canadien, on a moins de moyens, moins d'étudiants. »

Il confirme que la question du financement est légitime : « Le CRSH se veut neutre, mais ses comités ne peuvent pas l'être. Avec une sous-représentation des chercheuses et chercheurs francophones en situation minoritaire, qui peut juger de la qualité et de la pertinence de nos demandes de subventions? »

Selon lui, les francophones ont une plus grande légitimité pour évaluer les dossiers de financement en français.

La semaine des sciences à Radio-Canada

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Saskatchewan

Recherche