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Une exposition sur l'histoire de Sainte-Madeleine pour ne jamais oublier

Exposition sur le village de Sainte-Madeleine
Chaque année des Métis se rendent à l'emplacement sur les ruines de Sainte-Madeleine pour se recueillir. Photo: Radio-Canada
Abdoulaye Cissoko

Le Musée du Manitoba a inauguré mercredi une exposition publique consacrée à l'histoire du village de Sainte-Madeleine. Elle relate un pan important de l'histoire du peuple métis.

L'exposition s'intitule Ni KishKishin, je me souviens de Sainte-Madeleine. Cet ancien village métis était situé le long de la frontière entre le Manitoba et la Saskatchewan, au nord de Saint-Lazare.

André CarrièreAndré Carrière, vice-président pour la région de Winnipeg de la MMF. Photo : Radio-Canada

Selon André Carrière, vice-président pour la région de Winnipeg de la Fédération métisse du Manitoba (MMF), en 1939, les membres de cette communauté ont été déplacés de force par les autorités provinciales.

Cette décision découlait de l'Administration du rétablissement agricole des Prairies, constituée en 1935. Les autorités de l'époque ont transformé certaines terres des Prairies en pâturages communautaires.

Le village de Sainte-Madeleine, où vivaient des centaines de Métis, faisait partie des lots de terre qui devaient être expropriés. « C'était un village avec une école, une église, un commerce. En 1939, la province a décidé d'aller chasser les gens de leurs maisons puis de brûler le village. À ce jour, tout ce qui reste, c'est la fondation de l'église », rappelle André Carrière. Il ajoute qu'aucune famille n'avait été indemnisée.

George FleuryGeorge Fleury a été témoin du déplacement forcé des membres de la communauté de Sainte-Madeleine. Photo : Radio-Canada

Selon lui, cette histoire symbolise l'injustice vis-à-vis des Métis dont les intérêts n'avaient pas été pris en compte par le gouvernement provincial.

« Nous avons été traités comme des animaux »

George Fleury a été témoin de cette époque. Il a assisté à lancement de l'exposition. Il se félicite que « son » histoire soit entendue et que la vérité soit finalement racontée. « Nous avons été traités comme des animaux. On n’avait pas de quoi vivre ni où aller. Voir cette exposition m'émeut beaucoup », affirme-t-il.

Chaque année, des descendants des habitants de Sainte-Madeleine retournent sur le lieu pour se recueillir.

Pour André Carrière, cette exposition est d'autant plus importante que l'histoire de Sainte-Madeleine n'est pas très connue. « C'était un petit village. De plus, tout cela a été fait sans discussion de façon secrète par la province. Les gens ne pouvaient pas se défendre. Il n'y avait pas d'avocats pour les aider », dit-il.

Le tambour réconciliateur de Dolorès GosselinDolorès Gosselin Photo : Radio-Canada

Il dit qu'il faut raconter cette histoire, notamment aux jeunes, afin d'éviter qu'une telle injustice se reproduise.

D'après lui, c'est essentiel qu'ils comprennent que la communication et la consultation sont importantes. « Sinon, un gouvernement pourrait prendre des décisions à l'égard de n'importe quel citoyen qui vit dans une région ».

Dolorès Gosselin, grand-mère métisse de la rivière Rouge, déplore que l'histoire de Sainte-Madeleine soit peu connue du grand public. « Je le regrette beaucoup. Je l'ai lue et je ressens toujours un sentiment de perte et de tristesse. »

Elle se dit ravie de cette exposition, car les gens doivent savoir comment les Métis ont été traités. « J'espère qu'on en fera plus pour que notre histoire soit connue. Cela rendra peut-être les gens plus compatissants à l'égard de notre nation », argue-t-elle.

L'exposition est en anglais, en français et en michif, la langue du peuple métis, une première pour le Musée du Manitoba.

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