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Dépenses liées aux inondations : des municipalités appellent Québec à l'aide

Des maisons inondées et isolées par les eaux à Rigaud. Photo: Radio-Canada / Simon-Marc Charron
Radio-Canada

La Ville de Rigaud et d'autres municipalités de la MRC de Vaudreuil-Soulanges, à l'ouest de Montréal, pressent le gouvernement Legault d'assumer les coûts d'hébergement de centaines de citoyens forcés de quitter leur logement en raison des inondations du printemps.

« En ce moment, ça ne fonctionne pas, c’est aussi simple que ça », a déploré le maire de Rigaud, Hans Gruenwald, lors d’une conférence de presse à laquelle des collègues des municipalités voisines étaient aussi présents.

À l’heure actuelle, a-t-il expliqué, les municipalités assument d’entrée de jeu tous les coûts d’hébergement et d’alimentation des sinistrés, et doivent réclamer leurs frais au ministère de la Sécurité publique, qui va leur rembourser 75 % de la facture.

Cette entente, négociée par la MRC après que la crue des eaux a commencé, vient en outre à échéance le 31 mai. À moins qu’elle ne soit renouvelée, Rigaud et ses voisines devront de nouveau assumer 100 % de la facture, qui grimpe à vue d’œil.

On voudrait que le gouvernement revoie ses positions sur les pourcentages [remboursés] sur la facturation de l’hébergement. C’est très important. Ça nous prend une réponse cette semaine.

Hans Gruenwald, maire de Rigaud

« C’est sûr qu’il va y avoir un manque à gagner important qui doit être assumé par la Ville », affirme le maire Gruenwald. « C’est pour ça que je lance ce cri du cœur » pour que le gouvernement se rende compte que sa façon de faire « a des conséquences importantes ».

Une facture imprévue de 250 000 $ jusqu'ici

La directrice générale de Rigaud, Chantal Lemieux, précise que la Municipalité a engagé des dépenses de 1 million de dollars pour l’hébergement et l’alimentation des sinistrés, ce qui lui coûtera donc 250 000 $ en vertu de l’approche retenue par le gouvernement.

« C’est astronomique comme montant », a-t-elle commenté. Chaque tranche de 100 000 $ équivaut à une augmentation de 1 ¢ par tranche de 100 $ d’évaluation foncière, a-t-elle précisé, en rappelant que Québec interdit aux municipalités de faire des déficits.

La situation est d’autant plus problématique que les municipalités du secteur sont toujours dans la phase d’urgence de leur intervention, et non dans celle du rétablissement : 305 résidents de la MRC doivent toujours être hébergés, dont 218 à Rigaud seulement.

Rigaud et ses voisines demandent donc au gouvernement d’assumer 100 % des coûts d’hébergement des sinistrés, comme cela avait été le cas lors des inondations de 2017, et de le faire jusqu’à ce que tout un chacun ait pu retourner chez soi. Lors des inondations de 2017, des résidents n'ont pas pu réintégrer leur domicile avant 14 mois.

Le préfet de la MRC de Vaudreuil-Soulanges, Patrick Bousez, admet qu’il s’attend « fortement » à ce que le gouvernement reconduise l’entente actuelle pour une autre période de 14 jours, mais cela ne résout pas le problème de la capacité de payer des municipalités.

Selon lui, des discussions ont régulièrement lieu avec des représentants de la CAQ, dont la députée de Soulanges, Marilyne Picard, le député de Vachon, Ian Lafrenière, aussi adjoint parlementaire de la ministre de la Sécurité publique Geneviève Guilbault, ainsi qu'avec le ministre responsable de la Montérégie, Christian Dubé.

« À ce jour, les réponses ne sont pas claires », déplore-t-il, en rappelant que certains sinistrés en ont probablement pour « des semaines » avant de pouvoir réintégrer leurs domiciles.

La réponse du gouvernement est venue de la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, qui a utilisé Twitter pour rappeler que 19 millions de dollars ont déjà été versés par le gouvernement pour pallier la crise des inondations.

« Notre gouvernement est proactif depuis le début des inondations et nous continuons de travailler pour aider les sinistrés, a écrit Mme Guilbault. Déjà 19 M$ alloués, 4000 dossiers ouverts. »

Nous demeurons en communication constante avec les autorités municipales concernant la gestion du rétablissement.

Geneviève Guilbault, ministre de la Sécurité publique

Des mesures pour diminuer les coûts

Le fait que le gouvernement renouvelle l’entente pour des périodes de 14 jours complique particulièrement la vie de sinistrés actuellement hébergés dans des hôtels, qui continuent à prendre des réservations entre-temps.

Il arrive donc que des sinistrés soient contraints de quitter l'établissement pour une fin de semaine, avant d’y revenir, affirme Véronique Cunche, qui s'occupe de l'aide aux sinistrés à Rigaud.

Cette situation risque de s’envenimer dans la mesure où la saison touristique est sur le point de commencer et que certains établissements doivent aussi organiser des mariages, a-t-elle dit.

Face à l’incertitude engendrée par la situation, Rigaud a conclu une entente avec le Collège Bourget, qui a accepté d’accueillir une trentaine de sinistrés dans des chambres individuelles à peu de frais.

Pour diminuer ses coûts, la Municipalité a aussi décidé qu’elle ne versera plus d’aide alimentaire aux sinistrés qui ont trouvé refuge chez des proches dès lundi prochain.

Celle qui est versée aux sinistrés qui sont dans des centres d’urgence sera réduite.

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