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Les libéraux ontariens considèrent un nouveau moyen d’élire leur prochain chef

Un agent de la Police provinciale de l'Ontario attend la première ministre Kathleen Wynne au quartier général du parti le soir des élections.

Les libéraux n'ont fait élire que sept députés lors de la dernière élection en Ontario, le 7 juin 2018.

Photo : La Presse canadienne / Christopher Katsarov

Philippe de Montigny

Les membres du Parti libéral de l'Ontario étudieront lors de leur assemblée générale annuelle une proposition qui élargirait le droit de vote lors de la prochaine course à la chefferie.

La proposition à l’étude donnerait à tous les membres du parti la possibilité de voter pour un nouveau chef. En ce moment, seuls certains délégués ont ce droit, selon la constitution du parti.

La grande majorité des autres partis en politique ontarienne et canadienne ont abandonné depuis longtemps ce système fondé sur le vote des délégués au congrès afin de donner une voix à chacun de leurs membres.

Le système proposé prévoit d’ailleurs un vote pondéré pour éviter que certaines régions où les membres du parti libéral sont plus nombreux dominent la décision. Chaque circonscription aurait un poids équivalent, peu importe le nombre de libéraux qui y habitent.

C’est très important pour les régions de l’Ontario d’avoir une voix dans le choix du leader du parti.

John Fraser, chef intérimaire du Parti libéral de l’Ontario
John Fraser fait une allocution devant un podium.

John Fraser, chef intérimaire du Parti libéral de l'Ontario

Photo : Radio-Canada / Pierre-Olivier Bernatchez

La députée libérale Mitzie Hunter, qui considère fortement se lancer dans une éventuelle course à la direction, affirme que donner un vote à l’ensemble des membres rend le processus plus démocratique. Il est grand temps qu’on ajuste notre système, dit-elle.

De son côté, la politologue Stéphanie Chouinard estime que le système envisagé pourrait énergiser les membres du parti qui n’ont pas le temps ou les moyens de participer au congrès à la direction.

Ça permettrait au Parti libéral de l’Ontario d’élire un leader qui est plus représentatif de la volonté de tous les Ontariens qui sont partisans.

Stéphanie Chouinard, professeure adjointe de sciences politiques, Collège militaire royal du Canada

Choisir un nouveau chef

Le chef intérimaire prévoit un débat intéressant lors de l’assemblée générale annuelle qui débutera le 7 juin prochain, un an après la cuisante défaite des libéraux de Kathleen Wynne.

Seuls sept libéraux ont été élus lors de la dernière élection provinciale, le pire résultat de l’histoire du parti.

21,8% : le plus bas pourcentage des votes exprimés depuis 1923 et le pire résultat depuis 1951 avec seulement 7 élus

Défaite historique du Parti libéral de l'Ontario en 2 chiffres

Photo : Radio-Canada / Vincent Wallon / Icônes : Freepik de www.flaticon.com

Et le caucus deviendra encore plus petit.

La députée Nathalie Des Rosiers quitte ses fonctions pour un poste de direction à l’Université de Toronto alors que sa collègue Marie-France Lalonde a l'intention de faire le saut en politique fédérale, briguant l’investiture dans Orléans.

À présent, seuls deux libéraux ont annoncé leur intention de se lancer dans la course à la chefferie, les ex-ministres Steven Del Duca et Michael Coteau.

C’est une arme à double tranchant parce que, d’une part, ce sont des anciens du gouvernement Wynne, donc des gens qui ont un certain bagage politique, mais d’un autre côté, c’est aussi des gens qui ont de l’expérience, souligne Mme Chouinard.

D’un autre côté, élire quelqu’un qui n’a aucune expérience en Chambre serait un pari extrêmement risqué, ajoute la politologue. Toutefois, Brian Gallant au Nouveau-Brunswick et Doug Ford en Ontario ont démontré que des néophytes de la politique provinciale peuvent porter leur parti à la victoire.

Stéphanie Chouinard dans les studios de Radio-Canada à Sudbury

Stéphanie Chouinard, politologue au Collège militaire royal du Canada, à Kingston

Photo : Radio-Canada / Patrick Wright

Le chef intérimaire John Fraser affirme qu’une course à la direction n’aura pas lieu avant l’élection fédérale de cet automne parce qu’il faut prendre le temps de bien l’organiser pour rebâtir le parti. L'objectif ultime : détrôner les conservateurs de Doug Ford en 2022.

Jusqu’à présent, cette année, le Parti libéral n’a amassé qu’une fraction des 4 millions de dollars en dons récoltés par les conservateurs, selon les données d’Élections Ontario (Nouvelle fenêtre).

Toronto

Politique provinciale