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Cannes : le film de Kechiche fait scandale pour une scène de cunnilingus

Une femme dans une boîte de nuit danse collée sur deux hommes.
Une scène de Mektoub My Love: Intermezzo Photo: Pathé Distribution
Radio-Canada

Six ans après la polémique autour de La vie d'Adèle, qui a gagné la Palme d'or en 2013, et ses conditions de tournage décrites comme horribles par une des actrices, le réalisateur Abdellatif Kechiche a encore secoué le Festival de Cannes, cette fois avec Mektoub My Love: Intermezzo.

Précédé d'une rumeur sulfureuse, ce film montre les corps au plus près et contient une scène de sexe oral explicite de 13 minutes entre les personnages joués par Roméo De Lacour et Ophélie Bau.

D'ailleurs, des spectateurs ont quitté la salle pendant la projection officielle. À la fin du film, le réalisateur a quitté précipitamment les lieux après avoir lancé au micro : Je m'excuse de vous avoir retenus sans vous prévenir et voilà je m'en vais.

Le film de 3 h 28, dont les trois quarts se déroulent en boîte de nuit avec une musique forte, propose une expérience intense jusqu'à la surdose de bruit et de lumières.

Lors d’une rencontre de presse avec le réalisateur et la distribution au lendemain de sa présentation, l’ambiance était électrique. La manière de filmer les corps féminins du réalisateur fait parler lors de chacun de ses films, et ce dernier opus ne fait pas exception.

L'une des actrices principales du film, Ophélie Bau, n’était pas présente lors de la conférence de presse, retenue sur un tournage. Tant dans ce film que dans le premier volet, Mektoub My Love: Canto Uno, elle incarne Ophélie, une jeune femme sensuelle, filmée sous toutes les coutures.

J'ai essayé de montrer ce qui me fait vibrer moi, des corps, des ventres, s'est justifié Kechiche lors de cette conférence de presse, où les acteurs ont à peine pris la parole.

La chose plus importante pour moi était de célébrer la vie, l'amour, le désir, le pain, la musique, le corps, et de tenter une expérience cinématographique le plus libre possible, a affirmé Kechiche, s'exprimant derrière des lunettes fumées.

L'homme se tient le menton avec la main en regardant le photographe.Le réalisateur franco-tunisien Abdellatif Kechiche à Cannes le 24 mai 2019 Photo : AFP/Getty Images / SEBASTIEN BERDA

Je filme cette magie du corps, bien sûr que tout le monde ne peut pas ressentir cette impression que j'essaie de transmettre, a-t-il poursuivi, avant de louer le talent de ses acteurs. Ils n'ont pas peur de franchir des barrières, de sortir des sentiers battus.

Le réalisateur a en revanche refusé de revenir sur ses méthodes de travail.

Ça a été un plaisir de tourner avec Kechiche, s'est contentée de dire l'actrice Hafsia Herzi, découverte dans La graine et le mulet, du réalisateur d'origine tunisienne.

Interrogé au cours de la conférence de presse sur une plainte déposée à son encontre en octobre 2018 par une femme de 29 ans qui l'accuse d'agression sexuelle, sur laquelle une enquête est en cours. J'ai la conscience tranquille au niveau des lois, a-t-il dit, ajoutant trouver la question malsaine.

Dites ce que vous avez vu avec vos yeux, car vous êtes critique de cinéma, ne parlez pas trop de moi, a-t-il lancé à la fin de la conférence de presse.

Avec les informations de Agence France-Presse

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