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Des lettres de Leonard Cohen écrites à sa muse seront vendues aux enchères

L'homme chante au micro.

Le chanteur Leonard Cohen

Photo : Getty Images / DIEGO TUSON

Radio-Canada

Leonard Cohen a chanté l'amour passionnément, et l'amour que Marianne Ihlen et lui partageaient était mythique. L'artiste est mort il y a déjà deux ans, et voilà qu'une cinquantaine de lettres qu'il a envoyées à sa muse et amoureuse, Marianne, sont mises en vente par la maison Christie's, une décision qui ne plaît pas à tous.

Cette mise aux enchères de lettres intimes est une rare intrusion dans la vie amoureuse du poète, qui a visiblement été inspiré par ce premier grand amour.

Le message, écrit en anglais, débute par « Bonjour ma chérie. Que puis-je dire? Tu me manques. »Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une lettre de Leonard Cohen à son amoureuse Marianne Ihlen

Photo : capture d'écran / Christie's

Pour la petite histoire, bien des années avant d'enregistrer son premier disque, Léonard Cohen est tombé amoureux de la Norvégienne Marianne Ihlen. En 1960, tous les deux se sont retrouvés sur l'île grecque d'Hydra, un endroit prisé par les poètes.

Elle avait un jeune enfant. Leonard Cohen est tombé amoureux d'elle. Il la trouvait très belle, il trouvait que c'était une des plus belles femmes au monde, raconte l’écrivaine et chercheuse Chantal Ringuet, spécialiste de l’œuvre de Cohen.

On la voit d’ailleurs à l'arrière de la pochette du deuxième album de Cohen, paru en 1969.

Marianne Ihlen a été en contact régulier avec le poète pendant 10 ans, mais leur amour a duré plus longtemps encore. Dans le cas de Leonard Cohen et Marianne Ihlen, c'est une grande idylle qui les a marqués dans leur jeunesse et qui a duré toute leur vie, explique Chantal Ringuet.

Dans cette lettre tapée à la machine à écrire, Leonard Cohen écrit à Marianne qu'il comprend qu'elle doit vivre sa propre vie, mais qu'elle lui manque terriblement et qu'il veut la revoir, au moins pour lui dire adieu.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une lettre de Leonard Cohen à Marianne Ihlen

Photo : capture d'écran / Christie's

C'est là où leur amour est resté très romantique. C'est qu'il a, dans la mémoire de tous les deux, survécu au temps. Et pour lui, elle a toujours été l'une de ses muses favorites.

Chantal Ringuet

Cette relation lui a inspiré notamment les chansons So Long Marianne et Hey, That's No Way to Say Goodbye.

Le couple est devenu mythique et un film sur leur histoire sera présenté au cinéma d'ici la fin de 2019.

Une vente décriée par certains

La vente par la maison Christie's d'une cinquantaine de lettres adressées à la toute première muse de l'artiste ne fait pas l'affaire de la spécialiste de l’œuvre de Cohen Chantal Ringuet.

Léonard Cohen était quelqu'un de modeste. Voir ses papiers vendus à des collectionneurs privés, c'est quelque chose qui est assez scandaleux.

Je suis plutôt contre, comme plusieurs personnes qui font de la recherche sérieuse, parce que c'est un patrimoine littéraire mondial qui devrait être accessible à tous.

Chantal Ringuet

Accessible en ligne, la collection de lettres vendue chez Christie's provient de la famille de Marianne Ihlen, qui est morte il y a deux ans. Dans ces lettres écrites sur une période de 20 ans, on découvre le Leonard Cohen amoureux, parfois déçu et plein d'espoir alors qu'il signe son premier contrat de disque.

Le message écrit en anglais débute par « Ma chère et belle Marianne, j'ai reçu ta lettre ce matin. Je n'avais jamais rien lu d'aussi simple et magnifique. »Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une lettre de Leonard Cohen à Marianne Ihlen

Photo : capture d'écran / Christie's

C'est ça qui est un désastre, parce que c'est comme dans les collections des grands artistes; dès qu’on divise une collection pour vendre des pièces à gauche et à droite, on perd le sens de l'œuvre, explique Chantal Ringuet.

Ira Danel, professeur à l’Université de la Colombie-Britannique, est lui aussi spécialiste de l'œuvre de Cohen. Il aimerait que ces lettres se retrouvent dans les archives de Leonard Cohen de l'Université Toronto, car avec cette vente aux enchères, n'importe qui pourra les acheter.

Ça va être très intéressant de voir non pas l’argent dépensé dans cette vente aux enchères, mais bien le dispersement de tout ce matériel.

Ira Nadel, professeur de littérature

La vente de ces lettres commencera le 5 juin. En attendant, on peut les lire, peut-être pour une dernière fois, sur le site de l'encanteur.

D’après le reportage de Louis-Philippe Ouimet

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