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Poursuite civile contre l'ancien prêtre Ronald Léger

Un homme d'un certain âge porte une soutane. Il a un calice dans les mains.

Le père Ronald Léger a été prêtre à la paroisse Sainte-Famille du quartier Saint-Boniface, à Winnipeg.

Photo : ICI Radio-Canada

Radio-Canada

Une des présumées victimes de l'ancien prêtre Ronald Léger vient de déposer une poursuite civile contre l'homme d'Église, l'archidiocèse de Saint-Boniface et l'ordre religieux des Clercs de Saint-Viateur.

Le plaignant, âgé de 50 ans dont l'identité est protégée par une ordonnance de non-publication de la cour, réclame 2,1 millions de dollars en dommages et intérêts.

Ronald Léger, maintenant âgé de 81 ans, a plaidé coupable en juillet 2015 à trois chefs d'agression sexuelle et un chef de contacts sexuels.

Il a été condamné en février 2016 à deux ans d'emprisonnement. Son nom a été ajouté au registre national des délinquants sexuels du Canada.

Il a été accusé de huit autres chefs d'agression sexuelle en octobre 2016. Le plaignant et trois autres hommes allèguent avoir été agressés sexuellement à partir des années 1980 par Ronald Léger. Les hommes disent qu'ils avaient entre 10 et 12 ans au début des agressions.

De nouvelles accusations d'agression sexuelle ont été portées en août 2017, lorsque trois autres hommes ont affirmé avoir été agressés sexuellement par le prêtre dans leur jeunesse.

Tous les hommes ont rencontré Ronald Léger pour la première fois à Teen Stop, un centre d'accueil pour jeunes de Saint-Boniface dont le prêtre était responsable en 1983. Pendant plusieurs années, il a dirigé un centre d'accueil dans son domicile alors qu’il était enseignant.

Les accusations criminelles restent devant les tribunaux et aucune des allégations n'a été prouvée en cour.

Croquis d'audience de l'accusé Ronald Léger par l'artiste juridique Tom Andrich

Ronald Léger a été condamné en février 2016 à deux ans d'emprisonnement et son nom a été ajouté au registre national des délinquants sexuels du Canada.

Photo : Tom Andrich

Le plaignant dit qu’il était « plus que temps » pour lui d’intenter cette poursuite. Il dit avoir décidé d’aller de l’avant entre autres parce que les procédures pénales mettent trop de temps avant d’être entendues.

Le début du procès est prévu pour le 16 septembre.

« Qui pensait que nous attendrions encore, trois ans plus tard, pour que notre affaire soit entendue? » a dit le plaignant après avoir déposé les documents de la cour ,le 6 mai.

« La poursuite civile me concerne, c'est mon histoire. Dans l’affaire criminelle, je ne suis qu'un témoin dans une affaire où je n’ai aucun contrôle », a-t-il ajouté.

Plusieurs années de violences sexuelles

Dans les documents déposés à la cour, l’homme décrit quatre années de violences présumées de la part de Ronald Léger, à compter de 1983, alors qu'il avait 14 ans.

La poursuite indique que les violences sexuelles présumées ont progressé au fil des années et se sont produites à Teen Stop, dans une maison de la place Gaboury et dans d’autres installations appartenant ou étant exploitées par l’archidiocèse ou par les Clercs de Saint-Viateur.

Aucune de ces allégations n'a été prouvée devant les tribunaux.

Le plaignant était un enfant et les défendeurs avaient le devoir et la responsabilité de protéger le plaignant des dommages causés par leurs employés.

Extrait de la poursuite déposée devant la cour

La poursuite allègue que l'archidiocèse et l'ordre religieux ont été « délibérément aveugles » à l'égard du comportement de Ronald Léger et ont mis en place un système conçu pour dissimuler les sévices.

Le prêtre démis de ses fonctions

Lorsque l'archidiocèse de Saint-Boniface a eu connaissance des accusations portées contre Ronald Léger en 2014, il l'a suspendu de toute activité ministérielle. Après sa condamnation, en 2015, il a été démis de ses fonctions.

Dans une déclaration écrite du 21 mai, l'archidiocèse a déclaré qu'il ne pouvait commenter la poursuite, car l’affaire est devant les tribunaux.

« L'archidiocèse de Saint-Boniface exprime sa profonde tristesse à toutes les victimes qui se sont manifestées, ainsi qu'à leurs familles, qui ont été touchées par ces actes et d'autres actes présumés du père Ronald Léger », a affirmé l’archidiocèse.

« Bien que l'archidiocèse n'ait pas participé aux activités de Teen Stop, il fera tout ce qui est en son pouvoir pour offrir une aide pastorale aux victimes qui se sont manifestées et à celles qui n'ont pas encore fait connaître leurs souffrances », a-t-il ajouté.

Les Clercs de Saint-Viateur n’ont pas répondu aux demandes d’entrevue.

L'avocat de Ronald Léger, Saul Simmonds, affirme que son client continue de clamer son innocence.

« Il en parlera dans le forum approprié », a-t-il répondu dans un courriel.

Manitoba

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