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Pénurie de foin : l’Est ontarien n’est pas épargné

Un champ de blé éprouvé par l’hiver.

Des champs ont subi les contrecoups d'un hiver long et ardu.

Photo : Radio-Canada / Denis Babin

Denis Babin

Cet hiver, Dame Nature a continué de causer bien des maux de tête aux producteurs de foin qui tentaient de se relever de la sécheresse vécue l'été dernier.

Dans l’Est ontarien, les cultures de luzerne, une plante fourragère reconnue pour sa haute teneur en protéines, ont particulièrement été éprouvées.

Les champs de luzerne ont subi de grosses pertes. Dans [la région], je dirais qu’en général, c’est presqu’une perte de 80 %, estime Jovan Dozet, conseiller agricole à la Coop d’Embrun.

Les épisodes de gel-dégel observés durant l’hiver en sont la cause. Emprisonnée sous une couche de glace, la luzerne peut être privée d’oxygène.

Les conditions printanières n’ont guère été plus bénéfiques à la plante fourragère vivace.

Avec […] la longueur de l’hiver, le montant d’eau que nous avons eu, avec la fonte des neiges rapide, […] il y a eu beaucoup de pourriture au niveau de la racine de la luzerne, ajoute M. Dozet.

Ce scénario s’est produit dans les champs de Marc Quesnel, un producteur laitier de Moose Creek.

Marc Quesnel devant du foin.

Marc Quesnel, producteur laitier de Moose Creek.

Photo : Radio-Canada / Denis Babin

Un peu moins de la moitié des 49 hectares qu’il a consacrés à la luzerne est aujourd’hui récoltable.

 Ça avait l'air d'une patinoire. […] Le sol a gelé. Ç'a neigé et […] refondu. […] Ça s’est transformé en glace. […] Le foin [de luzerne], ça n’aime pas la glace. Ça respire tout l’hiver d’habitude. Là, il s’est […] noyé en dessous , raconte-t-il.

Payer le gros prix pour se renflouer

Entre-temps, le troupeau de Marc Quesnel, qui compte quelque 400 bêtes, continue de manger du foin à un rythme d’environ 5000 kg par jour. Heureusement, il lui reste bon nombre de balles en inventaire pour tenir encore un bout.

Des balles de foin.

Des balles de foin.

Photo : Radio-Canada / Denis Babin

L’histoire est toutefois différente pour les agriculteurs qui ont écoulé leurs stocks de fourrages. Beaucoup d’entre eux doivent payer le gros prix pour se renflouer.

La balle de foin, qui se vendait à peu près entre 70 $ et 80 $, on parle aujourd’hui de 120 $ à 130 $, précise Marc Quesnel.

Afin de ne pas se retrouver en situation de pénurie, les producteurs doivent bien planifier leurs cultures, car une prairie de luzerne fraîchement ressemée ne produit pas autant qu’un champ mature.

D’habitude [dans une prairie établie], on peut espérer avoir quatre coupes [de foin]. […] Dans un nouveau champ, […] on va en avoir une ou deux, explique le conseiller agricole Jovan Dozet.

En Ontario, la production de foin est en chute de libre depuis plusieurs années. Elle est passée de 799 300 hectares en 2012 à 641 600 hectares l’an dernier. Cette perte équivaut à environ 225 000 terrains de soccer.

Ottawa-Gatineau

Agriculture