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Mon 1er marathon, malgré une commotion : l'histoire de Patrick Woodbury

Patrick Woodbury pendant une course avec sa fille Rafaëlle

Photo : Patrick Woodbury

Radio-Canada

Dimanche, je ferai mon premier marathon. C'est le cadeau que je m'offre pour mes 40 ans. Sur la ligne de départ, je sais que je vais avoir un gros frisson en pensant au moment où une commotion cérébrale a mis ma vie sur pause, il y a 15 mois.

Un récit de Patrick Woodbury, tel que raconté à la journaliste Kim Vallière

Mon premier marathon, je devais le faire en mai 2018. Je m’étais inscrit à la Fin de semaine des courses d’Ottawa avec l’espoir de compléter les 42,2 km. J’étais au sommet de ma forme, mon entraînement se déroulait bien — jusqu’à ce qu’un bête accident me force à faire une croix sur ce défi.

Je ne sais même pas ce qui s’est passé. Les souvenirs, ils me reviennent lorsqu’on me décrit la scène : une partie de soccer bien tranquille, un coup de coude sur la tempe, une fin de match que j’ai oubliée.

J’aurais dû le savoir, que c’était une commotion cérébrale. Ce n’était pas ma première. Mais j’ai pensé que mes premiers symptômes étaient dus à un virus. J’ai continué mes activités et puis finalement, j’ai crashé.

J’ai été arrêté pendant presque six mois, pendant lesquels je me suis forcément isolé. Je dormais ou je restais assis dans le noir, je ne faisais rien, je n’écoutais pas de télé, je n’écoutais pas de musique. J’avais de gros maux de tête, des nausées et des problèmes d’équilibre aussi. C’était la totale.

Je ne pouvais pas être là pour mes filles, Rafaëlle et Zoé. Je ne pouvais pas être là pour ma femme, qui devait tout faire dans la maison. Impossible de mentir, ces moments-là étaient particulièrement difficiles.

Gros plan du visage d'un homme

Patrick Woodbury à l'entraînement

Photo : Radio-Canada / Kim Vallière

Je n’ai pas abandonné mon idée de marathon pour autant. Dès que j’ai pu, je me suis réinscrit pour celui d’Ottawa.

Je pensais qu’après six mois de commotion, c’est comme un rhume, on guérit et on repart. Mais je m’aperçois que j’ai encore des conséquences et des séquelles, peu importe à quel point je m’entraîne.

La machine a été difficile à repartir. Depuis le début de l’année, j’ai recommencé à courir à fond, mais les six mois de ma vie que j’ai perdus, ça me pénalise beaucoup. Je n’ai plus la vitesse que j’avais, je n’ai plus l’endurance que j’avais.

Il y a un an, j’avais comme objectif de compléter le marathon en quatre heures. Dimanche, ça va être plus un gros 4 h 30, 4 h 45, même 5 h s’il fait chaud. Mais juste de le faire, ça va être une réussite en soi.

Avant, il n’était pas question que je marche pendant une course. Cette fois-ci, il y a des bouts où je vais marcher et c’est correct comme ça, parce que pour moi, ne pas finir une course, ce n’est pas une option.

Ma plus grande crainte pour mon premier marathon, ce n’est pas le fameux mur que frappent les coureurs à cause de l'effort, ce n’est pas la douleur non plus. C’est d’avoir la piqûre, comme je l’ai eue à ma première course, il y a cinq ans.

J’espère que, quand je vais recevoir ma médaille, je ne me dirai pas : Je l’ai fait, c’est quand le prochain?

C’est juste trop d’entraînement, trop demandant. Mais je suis un passionné dans la vie. C'est pour ça que ça me fait peur.

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