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« Amoureux » d'une handicapée intellectuelle, un agresseur récidive

Le Palais de justice de Québec de soir
Le Palais de justice de Québec de soir Photo: Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin
Yannick Bergeron

Un homme de Lévis qui se dit amoureux d'une déficiente intellectuelle retourne en prison pour l'avoir, encore une fois, agressé sexuellement. Stéphane Guay est aussi déclaré délinquant à contrôler.

Guay a repris contact avec la victime à l'expiration d'une peine de quatre ans, imposée en 2013.

« Je l'aime, je voulais la fiancer », s'est justifié l'homme de 50 ans, qui a hésité avant de finalement plaider coupable aux nouvelles accusations.

Selon lui, il avait pris « plus de précautions » pour s'assurer du consentement de la femme âgée d'une quarantaine d'années.

Mais pour la poursuite, Guay a plutôt usé de manipulation pour avoir des relations sexuelles complètes à une dizaine de reprises avec la femme, démunie intellectuellement.

« La manière dont se sont déroulées les discussions et le ton utilisé font qu'il n'y a pas eu de consentement explicite », a exposé le procureur du Directeur des poursuites criminelles et pénales, Me Régis Juneau-Drolet.

La victime a fait une tentative de suicide après la deuxième série d'agressions.

Régis Juneau-DroletMe Régis Juneau-Drolet, avocat du Directeur des poursuites criminelles et pénales Photo : Radio-Canada

Autre victime handicapée

Le Lévisien a eu le temps de s'en prendre à une autre femme, handicapée physiquement, avant d'être à nouveau arrêté et incarcéré.

Il a commis des attouchements sexuels sur la victime qui se déplace en fauteuil roulant et qui est incapable de parler.

Âgée d'une trentaine d'années, la femme qui communique avec l'assistance d'un ordinateur n'a donc pu appeler les secours.

Peine « clémente »

Au total, Me Juneau-Drolet de la poursuite et Me Luc Picard de la défense ont suggéré au juge d'imposer quatre ans de détention, soit deux ans pour chacune des victimes.

Ils ont exposé que si cette peine pouvait sembler clémente, elle prenait compte de plusieurs facteurs.

En plaidant coupable, par exemple, l'agresseur évite à la première victime de revenir témoigner à la Cour.

« Elle souffre d'anxiété à l'idée de revenir à la cour », a précisé Me Juneau-Drolet.

Le juge Steve Magnan a fait droit à la suggestion des avocats, puisqu'elle ne lui apparaissait pas déraisonnable.

Délinquant à contrôler

En raison de la détention préventive, il ne reste que 23 mois à purger à Stéphane Guay.

Le quinquagénaire ne sera par contre pas complètement libre à sa sortie de prison, en raison de son nouveau statut de délinquant à contrôler.

Pendant six ans, il fera l'objet d'une surveillance accrue, même après l'expiration de sa peine de détention.

Québec

Justice et faits divers