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Devenir célibataire après 40 ans : récit d’un hiver qui, finalement, laisse place au printemps

 Isabelle N. Miron est debout dans son salon et tient ledit sac.

Isabelle N. Miron tient un sac fabriqué par sa fille pour la fête des Mères.

Photo : Radio-Canada / Christelle D'Amours

Christelle D'Amours

Entre la vie familiale, la vie de couple et les séances du conseil municipal, Isabelle N. Miron avait « la tête ailleurs ». La surprise de sa séparation fut tout aussi déstabilisante que la découverte d'une nouvelle vie à apprivoiser, à réinventer.

À 41 ans, Mme N. Miron était femme, maman de trois jeunes filles et politicienne engagée dans sa communauté. La conseillère municipale du district de l’Orée-du-Parc, à Gatineau, conjuguait devoirs politiques et moments en famille.

Alors qu'elle et son conjoint venaient à peine de traverser la période de la petite enfance de leurs enfants, le quotidien de la famille était tout aussi effréné.

On est tous à la même place, à 40 ans : les enfants commencent à voler de leurs propres ailes. [...] On se réveille d’un long sommeil.

Isabelle N. Miron

Je pense que c’est un moment dans un couple où tu te regardes et tu te dis : ''OK, c’est un jalon. Est-ce qu’on continue comme c’est parti là? Est-ce qu’on a besoin de prendre un pas de recul?'' C’est une vraie de vraie crise qui nous confronte à ce qui va nous arriver éventuellement, mentionne celle qui était loin de se douter que l’écueil se montrait à peine. J’avais la tête ailleurs. Je ne l’ai pas vu venir.

Inattendue, pleine d’inconnu et surtout définitive, la décision du papa de ses filles est tombée de façon radicale : il la quittait. Ça a été une décision mûrement réfléchie de son côté, raconte celle qui terminait tout juste la première année de son mandat à la Maison du citoyen. Ça a été une surprise pour moi.

Au début de la quarantaine, Mme N. Miron se retrouvait donc célibataire, face à elle-même, mais toujours maman... différemment. Je ne suis pas une maman à temps partiel, dans la mesure où, quand elles ne sont pas avec moi, je suis encore leur maman. Alors, c’est ça qu’il faut réapprendre, ajoute-t-elle. Elle avait maintenant une vie à reconstruire, toute seule.

Quand la ligne bifurque

Plus jeune, Isabelle N. Miron avait la tête pleine de voyages, d’aventures et rêvait d’une grande carrière en relations internationales. À 14 ou 16 ans, je t’aurais dit oui pour la politique, mais non pour les enfants, avoue-t-elle en riant.

C’est néanmoins un coup double du destin qui s’est offert à elle. J’avais rencontré la bonne personne , explique celle qui a laissé l’amour primer. Ils voulaient six enfants, mais ils en ont plutôt eu trois.

En 2017, la jeune mère a eu envie d’imaginer un meilleur avenir pour ses enfants et a été élue à la table du conseil municipal. Je voulais que mes filles le voient, que c’est possible d’être une femme, d’être une mère, d’être une politicienne, puis de garder sa santé mentale : c’est le défi, relate-t-elle.

Consciente que son horaire est devenu plus chargé que jamais, Mme N. Miron ne cherche pas à connaître la cause exacte de la décision de son ex-conjoint. Qu’est-ce que ça donnerait de savoir que c’est ça ou autre chose? La finalité, elle est là, se résigne-t-elle. Il faut accepter.

 Isabelle N. Miron apparaît les yeux mouillés.

Cette transition n'est pas facile tous les jours sur le plan émotionnel pour Isabelle N. Miron.

Photo : Radio-Canada / Christelle D'Amours

Et il faut aussi se relever. Pour le bien-être de ses filles, la maman a fait le choix d'habiter à deux pas de la maison de son ex-conjoint et de la famille de ce dernier. Elle voit désormais ses filles en garde partagée.

Avec le temps qui passe, je me rends compte qu’on avait bel et bien fait le tour des possibilités de ce format de famille là et qu’on était prêts pour essayer une nouvelle formule.

Isabelle N. Miron

Au-delà de la peine, Mme N. Miron croit à un modèle familial recomposé et harmonieux. Globalement, on s’en est vachement bien sortis. Si j’accepte de faire l’entrevue, c’est que je voulais montrer qu’il y a moyen de réussir sa séparation. Il y a moyen de rester en bons termes , renchérit-elle.

« Ce n’est pas la fin! »

Désormais plus disponible pour ses fonctions politiques et d’autant plus présente lorsque ses filles sont à la maison, la quarantenaire apprivoise un quotidien nouveau, rempli de possibilités. Une fois que tu l’as braillé, puis une fois que tu l’as fait ton deuil, c’est une nouvelle vie qui commence! lance-t-elle, pleine d’espoir.

Le quotidien de l'élue municipale, parfois marqué par la solitude, est aussi ponctué de nouvelles réflexions. Quand on va aborder l’adolescence de nos trois filles, qui sera rock and roll sur probablement tous les aspects. On va être des vrais de vrais coéquipiers là-dedans! plaisante la maman.

On va être ailleurs, puis si ça se trouve, on va même avoir du renfort! Il va peut-être avoir une blonde extraordinaire, puis moi je vais avoir un chum extraordinaire, puis on va être quatre au lieu de deux!

Isabelle N. Miron

La peine, certes toujours présente, fait désormais lentement place au soleil. Je sors d’un long hiver, dit-elle, la voix quelque peu tremblante. Dans mon cas, ça va vouloir dire me promener, être un peu plus légère, de profiter un peu plus de la vie. Il y a des avantages quand même à se retrouver célibataire à 41 ans, ce n’est pas que négatif!

 Isabelle N. Miron est souriante.

Isabelle N. Miron garde espoir en l'avenir.

Photo : Radio-Canada / Christelle D'Amours

Ottawa-Gatineau

Famille