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  • Les défis de l’Afrique du Sud depuis la fin de l’apartheid

    Cyril Ramaphosa parle devant le parlement sud-africain après son élection comme président intérimaire du pays en février 2018.
    Le quatrième président de l'Afrique du Sud démocratique, Cyril Ramaphosa, est assermenté le 25 mai 2019. Photo: Radio-Canada
    Radio-Canada

    Le 25 mai 2019, l'Afrique du Sud assistera à l'assermentation de Cyril Ramaphosa, quatrième président élu depuis l'abolition du régime raciste de l'apartheid. Si la démocratie y est acquise depuis 25 ans, le pays, ainsi que son exécutif, est toujours confronté à d'importants défis, comme le montrent plusieurs reportages provenant de nos archives.

    Enfin libres!

    Nelson Mandela, président élu de la République d’Afrique du Sud, 2 mai 1994

    Le miracle sud-africain

    Montréal ce soir, 2 mai 1994

    Dans son reportage à Montréal ce soir le 2 mai 1994, l’envoyé spécial en Afrique du Sud, Jean-Michel Leprince, montre un Nelson Mandela tout sourire qui danse joyeusement.

    Nelson Mandela a toutes les raisons du monde de danser et de sourire. Il vient de se dérouler en Afrique du Sud ce qu’on peut qualifier pratiquement de miracle.

    Le pays a voté massivement lors des premières élections multiraciales de son histoire.

    Ce scrutin a enterré le régime dit de l’apartheid, qui excluait du pouvoir la majorité noire au profit de la minorité blanche.

    Nelson Mandela et son parti, le Congrès national africain (ANC, en anglais) ont massivement gagné cette élection.

    Ils ont même reçu les félicitations, et les prières de succès, du chef du principal parti de la minorité blanche Frederik De Klerk.

    L’ANC a promis aux Sud-Africains à la fois la paix et la prospérité.

    La réalité des années subséquentes sera un peu différente.

    Un pays miné par la violence...

    En Afrique du Sud, on meurt de moins en moins pour ses idées. L’ampleur de la criminalité fait penser dans certains quartiers aux pires jours de l’apartheid.

    Alain Gravel, Le Point

    L’ANC peine à remplir ses promesses.

    En 1996, le journaliste Alain Gravel constate que l’Afrique du Sud est minée par la violence.

    Le Point, 24 mars 1996

    Il analyse le phénomène dans un reportage qu’il présente à l’émission Le Point du 24 mars 1996.

    Alain Gravel parcourt un pays qui peine à éliminer l’héritage de l’apartheid.

    Les policiers, très répressifs sous le régime raciste, sont incapables de restaurer des liens de confiance avec les populations noires.

    La majorité de ces dernières, à qui on a promis de meilleures conditions économiques, ne voient pas leur situation s’améliorer.

    La fin de l’apartheid a aussi un effet inattendu. Les chefs historiques de l’ANC, en reprenant leur place dans la hiérarchie politique, délogent les plus jeunes du pouvoir.

    Or, plusieurs jeunes noirs sud-africains ont gagné un statut social en participant à la lutte de libération nationale contre le pouvoir blanc.

    Une partie d'entre eux, pour conserver leur prédominance sociale, se tourne donc vers la violence.

    Selon des statistiques publiées par les policiers sud-africains, en 2018, il y a eu 20 300 meurtres en Afrique du Sud.

    Leur nombre est en augmentation depuis 2014.

    … par le sida...

    Dans cette fabrique de cercueils, depuis un an, on a doublé la production parce qu’ici on meurt par dizaines chaque semaine d’un mal qui n’a plus rien à voir avec l’apartheid.

    Jean-François Lépine, animateur de Zone libre
    Zone libre, 9 février 2001

    En 2000, l’animateur de l’émission Zone libre, Jean-François Lépine, se rend en Afrique du Sud.

    Dans un reportage présenté le 9 février 2001, il constate que le pays est ravagé par un autre fléau : le sida.

    À la fin de 1999, l’Afrique du Sud comptait 4,2 millions de personnes séropositives.

    Le reportage rend bien l’atmosphère de désespoir, mais aussi de solidarité, qui règne parmi les populations touchées par le fléau.

    Si le sida s’est répandu comme une traînée de poudre en Afrique du Sud, c’est partiellement à cause de l’inaction du successeur de Nelson Mandela.

    M. Mandela avait prévu que Cyril Ramaphosa le remplace comme président en 1999. Cela ne s’est pas produit.

    Les militants de l’ANC ont choisi Thabo Mbeki. Thabo Mbeki, président du pays de 1999 à 2008, ne croyait pas à la prévention et à la lutte contre le sida.

    Selon des données du gouvernement sud-africain compilées en 2018, 19 % de la population âgée de 15 à 49 ans est séropositive.

    … et la corruption

    Le 21 septembre 2008, Thabo Mbeki doit quitter la présidence.

    Son successeur Jacob Zuma amplifie un phénomène qui gangrène depuis longtemps l’économie et les institutions de l’Afrique du Sud : la corruption.

    Reportage du 13 février 2018 (non diffusé)

    Jacob Zuma est forcé de démissionner à son tour, notamment pour des affaires de corruption, comme le rappelle Frédéric Nicoloff dans un reportage du 13 février 2013.

    Le journaliste constate que plusieurs Sud-Africains espèrent que son départ permettra au pays de tourner la page.

    Le parlement choisit alors le vice-président de la république qui devrait succéder à Jacob Zuma.

    Il s’agit de… Cyril Ramaphosa, qui travaille activement à la destitution de son patron.

    De président intérimaire, Cyril Ramaphosa devient le président élu par le peuple de l’Afrique du Sud le 8 mai 2019.

    Il a d’importants défis à relever pour améliorer l’avenir de son pays et conserver l'appui de ses électeurs.

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