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La fabuleuse histoire d'une tomate beauceronne

La tomate mémé de Beauce.

La tomate mémé de Beauce

Photo : courtoisie : Terre Promise

Marie Maude Pontbriand

« La tomate mémé de Beauce, c'est une de nos plus grosses tomates, au Québec, j'en ai eu une qui était de deux livres et trois quarts », souligne fièrement l'herboriste Gérard Parent. Comme dans une bonne histoire de pêche, l'homme de 82 ans raconte comment il a contribué à la renaissance d'une tomate bien de chez nous.

L'histoire remonte à 1995, alors qu'un menuisier effectue des travaux dans la maison d'un certain M. Lessard à Saint-Joseph-de-Beauce. En démolissant le plancher du grenier, il a découvert une enveloppe blanche qui contenait des semences de tomates.

« Le menuisier a remis l'enveloppe à la quincaillerie, en Beauce, qui eux m'ont transféré les semences », explique l'octogénaire.

À l'époque, M. Parent habitait en Beauce et faisait partie du Programme semencier du patrimoine Canada, qui vise notamment à protéger les semences patrimoniales.

Une fois les quelque 200 graines en main, l'herboriste s'est mis au travail. Il devait trouver une façon de les faire germer.

Vu que c'était très très ancien, la semence avait beaucoup plus que 50 ans, je l'ai fait pousser dans des serviettes humides.

Gérard Parent, herboriste

Seulement trois plants ont survécu et une nouvelle variété de tomate est née : la mémé de Beauce.

« Quand j'ai vu le plant de tomates, j'ai tout de suite remarqué que c'était semblable à celles de ma jeunesse. »

M. Parent croit que cette tomate a cessé d'être cultivée dans les années 50. Il ignore ce qui explique cette disparition, mais montre du doigt la perte de popularité de la récolte des semences à la maison aux profits des centres du jardin.

Toujours vivante

Près de 25 ans après sa découverte, la mémé de Beauce est en vente dans plusieurs pépinières de la province au grand bonheur de Gérard Parent.

« Je suis content de voir qu'elle est encore là parce qu'on a beaucoup de nos anciennes semences qu'on a mises sur le marché et que les jardiniers ont arrêté de cultiver. »

Depuis sa pépinière de Saint-Lambert-de-Lauzon, Jean Gagné a testé la culture de plusieurs centaines de variétés de tomates pour en sélectionner 70. Parmi elles, la mémé de Beauce, parce qu'elle « a été sauvée in extremis de l'extinction », mais aussi parce qu'elle lui rappelle son enfance.

C'est une grosse tomate juteuse au goût d'antan et vraiment savoureuse.

Jean Gagné, propriétaire de la Pépinière Jean Gagné

La mémé de Beauce n'est toutefois pas des plus prolifiques, souligne le pépiniériste.

« Il y a des variétés qui sont plus productives, mais peut-être moins bonnes au goût. On ne peut pas tout avoir, vous savez. »

Pourquoi le nom mémé de Beauce?

Selon Gérard Parent, c’est tout simplement parce que M. Lessard a refusé de donner son nom à la tomate découverte dans son grenier. « Il ne voulait pas être dérangé », souligne-t-il.

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