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Échanges musclés autour de la protection du paysage à Saint-Simon

Plusieurs propriétaires qui exploitent la forêt privée à Saint-Simon avaient mal interprété la réglementation en vigueur.

Plusieurs propriétaires qui exploitent la forêt privée à Saint-Simon avaient mal interprété la réglementation en vigueur.

Photo : Radio-Canada / Laurence Gallant

Laurence Gallant

L'enjeu de la protection des paysages en contexte d'exploitation forestière a fait l'objet de vives discussions mercredi soir à Saint-Simon. Plusieurs producteurs forestiers mécontents se sont présentés au conseil des maires de la MRC des Basques pour obtenir des précisions quant aux règlements qui encadrent la coupe des arbres dans certaines zones protégées.

Lors de la séance du conseil des maires de la MRC des Basques, mercredi soir, la demande de plusieurs dizaines de propriétaires de forêt privée et producteurs forestiers de Saint-Simon d'assouplir le règlement empêchant les coupes à blanc sur certains talus forestiers, des zones à flanc de montagne protégées, visibles de la route 132, a été rejetée.

La demande de ces producteurs avait été acheminée sous forme de pétition à la Municipalité de Saint-Simon, qui avait ensuite adopté une résolution pour les appuyer.

Le conseil des maires de la MRC des Basques devait se prononcer sur la question, comme la MRC est responsable de la règlementation en vigueur. Celle-ci avait été pensée pour protéger les paysages du Bas-Saint-Laurent.

Une quinzaine de citoyens des Basques étaient présents à la séance du conseil des maires de la MRC, mercredi.

Une quinzaine de citoyens des Basques étaient présents à la séance du conseil des maires de la MRC, mercredi.

Photo : Radio-Canada / Laurence Gallant

La Charte des paysages, c'est quelque chose qui existe depuis un bout, quand la MRC a adopté ça, en même temps, elle a fait son RCI [NDLR règlement de contrôle intérimaire] pour essayer d'être conséquente avec elle-même et de protéger ses paysages, indique Bertin Denis, préfet de la MRC des Basques.

C'est un règlement qui est contesté aujourd'hui par des individus de Saint-Simon, qui ont l'impression de se faire dépouiller de leur droit, parce qu’ils ne peuvent pas couper allègrement dans des côtes.

Bertin Denis, préfet de la MRC des Basques

Bien que le règlement pour protéger le paysage soit en vigueur depuis plusieurs années, un rappel a été envoyé aux propriétaires de lots de Saint-Simon après qu’un avis d’infraction a été émis à un propriétaire pour une coupe excessive en zone protégée.

Vue du village de Saint-Simon, dans les Basques

Vue du village de Saint-Simon, dans les Basques

Photo : Radio-Canada / Laurence Gallant

Extrait du RCI no 198 limitant l’implantation de carrière et de sablière et protégeant des paysages sur le territoire de la MRC des Basques

Extrait du RCI no 198 limitant l’implantation de carrière et de sablière et protégeant des paysages sur le territoire de la MRC des Basques

Photo : Site Internet de la MRC des Basques

Ce rappel a créé énormément de confusion auprès des producteurs forestiers, qui se sont sentis lésés par la règlementation, croyant qu’ils n’allaient plus être en mesure de rentabiliser leur production.

Selon eux, dans certains secteurs à flanc de montagne, il est impossible de procéder à une coupe sélective en raison des sols minces et du terrain accidenté dans ces secteurs.

On s’est rendu compte que si on bûchait un arbre sur deux, ben là que les arbres renversaient. Tant qu’à rentrer dedans… le bois est mature, il a cinquante ans. À cinquante ans, normalement, la forêt est mature, c’est le temps d’éliminer […] quand on fait des travaux, on les fait là, pis après ça on tourne la page et après ça, la plantation reprend son cours, parce qu’on est opposés à des caps de roc, pis le sol est très très mince, explique Roger Bourgoin, propriétaire.

Les arbres peuvent pas tenir là s’ils sont pas tous ensemble, comme une talle d’échalotes, ajoute Francis Beaulieu, l’instigateur de la pétition.

Ils plaident que seule une coupe à blanc demeure rentable dans ces secteurs, et qu’ils ont déjà du mal à faire leurs frais, avec l’augmentation des taxes et des coûts reliés à l’exploitation forestière.

Des fleurs d'ecchinacée avec une église en arrière-plan

L'église de Saint-Simon, vue du parc Croc-Nature, qui fait la fierté de plusieurs villageois

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Mais la colère de certains propriétaires s'est finalement résorbée après avoir entendu, après la fermeture de la séance, plus d'explications de Simon Claveau, professionnel en gestion du territoire à la MRC des Basques.

Ces producteurs forestiers ont alors compris qu'ils étaient autorisés à procéder à des coupes à blanc exceptionnelles dans ces zones, si elles étaient prescrites et jugées nécessaires par un ingénieur forestier.

On va être capables de faire, peut-être pas tout ce qu’on veut, mais c’est déjà mieux que ce que je pensais au départ.

Francis Beaulieu, instigateur de la pétition

Comme Francis Beaulieu, Robert Bourgoin a bon espoir d’obtenir les autorisations nécessaires.

[M. Claveau] nous a fait comprendre qu'à un bon moment donné, il y a des possibilités de bûcher quand même. Avec un groupement forestier, en plus, qui va nous dire "ben oui, on n’a pas le choix, il faut bûcher", on va pouvoir le bûcher au complet. T'es aussi bien de le faire, garder une certaine hauteur d'arbre pour la régénération, parce qu'on sait qu'il va y en avoir, mais par contre au moins tu vas pouvoir récolter ceux-là qui ont 50 ans facilement.

Le dossier devrait tout de même être à nouveau abordé au prochain CA du conseil des maires de la MRC des Basques.

Bas-Saint-Laurent

Protection des écosystèmes