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OCDE : Washington fait obstacle au consensus sur le protectionnisme et le climat

Angel Gurria, les mains levées à la hauteur de la poitrine, regardant devant lui

Le secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurria, a indiqué que les membres de l'organisation avaient éprouvé des difficultés pour parvenir à un accord sur une déclaration conjointe.

Photo : Reuters / John Schults

AFP

Guerre commerciale, climat et même adhésion de nouveaux pays : les divergences entre la plupart des pays membres de l'Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) et les États-Unis ont éclaté à nouveau au grand jour lors de la réunion annuelle de l'institution mercredi et jeudi à Paris.

Cette réunion s'est conclue par une déclaration commune vidée de toute substance, les États-Unis bloquant toute mention du protectionnisme ou des Accords de Paris sur le climat, pour la troisième année de suite.

« Une fois de plus, les membres ont rencontré des difficultés pour se mettre d'accord sur une déclaration, même s'il y avait des positionnements communs sur les sujets discutés », a reconnu le secrétaire général de l'institution, Angel Gurria, lors d'une conférence de presse au terme de la réunion.

Depuis l'arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche en janvier 2017, la rédaction de la déclaration finale de la réunion annuelle de l'OCDE donne lieu à une foire d'empoigne entre les 36 pays membres, alors qu'elle passait autrefois comme une lettre à la poste.

Cette institution, qui a toujours défendu le libre-échange depuis sa création pendant la guerre froide, se retrouve désormais dans l'impossibilité de condamner formellement le protectionnisme ou d'alerter sur les enjeux du changement climatique.

Face à ce blocage, la réunion annuelle a conduit à une multiplication de communiqués, au nombre de trois cette année, dont un seul, qui tient en quelques lignes, a été signé par tous les pays membres, dont les États-Unis.

Ce communiqué se contente de souligner les « opportunités et défis » de la transition numérique et rappelle les recommandations de l'organisation sur l'intelligence artificielle ou encore la « lutte contre la corruption dans les entreprises publiques ».

Un minimalisme qui cause un malaise

Certains pays ont manifesté leur malaise vis-à-vis de ce genre de déclaration a minima. « Nous craignons que cela devienne un précédent et que les États-Unis imposent désormais dans toutes les instances des communiqués de quelques lignes », a expliqué à l'AFP une source diplomatique.

Dans ces conditions, la Slovaquie, qui présidait cette année la réunion, a suivi l'exemple de la France et du Danemark lors des éditions précédentes : elle a publié sa propre déclaration qui « a su capter la substance de la vision, de l'ambition et le sens de la mission de l'OCDE », a souligné M. Gurria.

Dans ce texte, les Accords de Paris de 2015 sur le climat sont mentionnés, ainsi que « les tensions commerciales qui portent préjudice à l'économie mondiale » et « l'impasse » dans laquelle se trouve l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

La veille, un groupe dit des « économies ouvertes et des sociétés inclusives », mené par les Pays-Bas, s'était clairement engagé contre le protectionnisme et pour le climat, dans un troisième communiqué.

En 2018 et en 2017, les présidences françaises et danoises de la réunion avaient aussi diffusé une déclaration pour évoquer les sujets bloqués par l'administration Trump.

L'élargissement de l'OCDE reporté à plus tard

Cette année, les divergences ont également conduit l'OCDE à reporter à plus tard les adhésions de six pays candidats (Brésil, Argentine, Pérou, Roumanie, Bulgarie et Croatie).

Le Brésil, dont le président Jair Bolsonaro avait pourtant reçu le soutien explicite de Donald Trump à l'adhésion de son pays, a trouvé porte close comme les cinq autres.

« Non, le processus n'est pas bloqué », a assuré M. Gurria. « Parfois vous avancez en marchant, d'autres fois en trottant et parfois en courant », s'est justifié le patron de l'institution, rappelant au passage que les 36 pays membres « doivent tous prendre leurs décisions » et que l'adhésion ne dépendait pas d'un seul.

L'année dernière, la Colombie et à la Lituanie avaient obtenu le feu vert.

Les pays membres « aimeraient savoir dans quel but l'OCDE doit s'élargir avant d'accepter de nouveaux membres », a expliqué à l'AFP une autre source diplomatique.

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