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Le quart des postes d'enseignant francophone est à pourvoir d'ici septembre

Portrait de Kim Christianson.

Kim Christianson, la directrice à l'éducation du Conseil scolaire francophone provincial de Terre-Neuve-et-Labrador

Photo : Radio-Canada / Marie Isabelle Rochon

Patrick Butler

Le Conseil scolaire francophone provincial de Terre-Neuve-et-Labrador (CSFP) devra pourvoir 15 postes d'enseignant et de directeur d'école d'ici le début de l'année scolaire 2019-2020. Cela représente plus du quart de tous ses postes d'enseignement et de direction.

Douze enseignants et trois directeurs d’école doivent être embauchés dans les écoles francophones d'ici la prochaine rentrée scolaire.

C’est probablement beaucoup plus qu’on croyait. Cependant, plusieurs postes, ce sont des postes temporaires, explique Kim Christianson, la directrice à l’éducation du CSFP.

Ce sont des postes qu’on croit qu’on va pouvoir pourvoir, assure-t-elle.

De récentes difficultés de recrutement

Le CSFP a déjà connu des difficultés de recrutement. Au début de l’année scolaire 2018-2019, il lui manquait cinq enseignants dans ses écoles sur la côte ouest et au Labrador.

La plupart de ces postes ont finalement été pourvus, mais l’École Boréale à Happy Valley-Goose Bay passe cette année scolaire sans personnel enseignant complet. Un poste de spécialiste en mathématiques n’a pas encore été pourvu.

Mme Christianson indique qu’après les problèmes de recrutement de l’automne dernier, le CSFP essaie davantage proactif cette année. Depuis les derniers mois, il essaie plus que jamais de recruter des enseignants d'autres provinces et même de l’étranger.

Je dois dire que cette année on a vraiment pris la stratégie de l’avance, alors nous avons affiché aussitôt qu’on a reçu la dotation, explique-t-elle. On a participé aux foires de l’emploi plus que jamais l’an dernier. On se fait voir. Le Conseil scolaire francophone provincial de Terre-Neuve-et-Labrador n’a jamais été aussi présent dans d’autres provinces.

Mme Christianson indique que le CSFP essaie surtout de recruter des employés qui habitent à Terre-Neuve-et-Labrador, mais elle note qu’il demeure difficile de recruter des enseignants de la province qui ont le niveau de français pour pouvoir enseigner dans un conseil scolaire francophone.

Un enseignant qui enseigne en immersion n’est pas nécessairement assez compétent pour pouvoir enseigner. Même si on reçoit des demandes des gens, parfois ils ne sont pas assez francophones, précise-t-elle.

Une pénurie qui se dessine à travers le Canada

Mario Pelletier, le président de la Fédération nationale des conseils scolaires francophones, estime que les difficultés de recrutement connues par le CSFP sont partagées par des commissions scolaires dans tout le pays.

Ce n’est pas juste une pénurie, c’est la rétention et la promotion de cette profession. Il y a de sérieux défis au niveau pancanadien, soutient-il, ajoutant que la tendance s’aggrave.

M. Pelletier indique qu’au Nouveau-Brunswick on observe une croissance de la population des élèves francophones, en même temps que les facultés d’éducation de certaines universités francophones manquent d’effectifs.

Cette année, [la pénurie d’enseignants] a été très marquante. On le voit de plus en plus cette année, je ne sais pas pourquoi, je ne sais pas si c’est une question des baby-boomers qui prennent leur retraite, je ne sais pas si c’est le taux d’admission au niveau des collèges et université, mais [...] on observe qu’aujourd’hui, cette année, c’est plus critique, indique-t-il.

M. Pelletier estime cependant qu'une nouvelle stratégie fédérale pour favoriser le recrutement et la rétention des enseignants francophones puisse aider des conseils scolaires comme le CSFP. Ce financement de Patrimoine canadien espère mettre en place diverses mesures pour attirer ces enseignants et les retenir.

Comment améliorer l’offre?

Dean Ingram, le président de l’Association des enseignants de Terre-Neuve-et-Labrador, explique que la pénurie des enseignants francophone au Canada fait en sorte que les conseils scolaires de partout au pays tentent de persuader des enseignants de déménager dans leur région.

Nous nous trouvons dans un environnement très compétitif, et si on essaie de recruter les enseignants, il faut considérer deux facteurs : comment nos enseignants sont-ils rémunérés? Et à quoi ressemblent les conditions de travail?

Dean Ingram, président de l'Association des enseignants de Terre-Neuve-et-Labrador

M. Ingram indique que la province devrait examiner les soutiens pour les enseignants et les administrateurs, et la taille des classes pour mieux comprendre comment persuader des enseignants francophones de travailler à Terre-Neuve-et-Labrador. Il rappelle aussi que les nouveaux enseignants à Terre-Neuve-et-Labrador sont les moins bien payés de l'Atlantique.

Si notre province veut accueillir et retenir les nouveaux enseignants, il va falloir considérer ces facteurs, suggère-t-il.

Terre-Neuve-et-Labrador

Politique provinciale