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Médecins spécialistes : un système de rendez-vous qui comporte des « irritants »

Un médecin s'entretient avec son patient.

Le système de prise de rendez-vous avec un médecin spécialiste instauré en 2016 doit être amélioré, jugent plusieurs médecins. (Archives)

Photo : iStock

Julie Tremblay

Demandes perdues, manque de suivis, problèmes de personnel... le centre de répartition des demandes de services (CRDS) qui permet aux patients d'avoir accès à des médecins spécialistes, instauré partout dans la province en 2016, compte encore plusieurs lacunes. S'il doit permettre d'améliorer l'accès des patients aux médecins spécialistes, plusieurs constatent qu'il y a encore beaucoup de chemin à faire.

C'est un système qui est perfectible, il a quelques ratés, affirme la médecin responsable du groupe de médecine familiale (GMF) du Kamouraska, Lucile Martin. Selon elle, le CRDS est mal adapté à la réalité des régions où les relations entre les omnipraticiens et les médecins spécialistes permettaient un accès rapide et très personnel avant l'instauration du nouveau système.

Qu'est-ce que le CRDS?

Le centre de répartition des demandes de services (CRDS) reçoit les demandes des médecins omnipraticiens qui dirigent leurs patients vers des médecins spécialistes pour une première consultation. Les demandes sont traitées par ordre de priorité, selon l'état de santé du patient. Chaque centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) possède son propre CRDS. Depuis le 26 mars 2019, 26 spécialités y sont offertes.

La présidente de l'Association des médecins omnipraticiens du Bas-Saint-Laurent, Josée Bouchard, affirme pour sa part qu'il y a place à l'amélioration en ce qui a trait au CRDS.

Elle précise que ce nouveau système a limité le choix des omnipraticiens qui souhaitent que leur patient soit vu dans une autre région, pour éviter de trop longs délais d'attente dans une spécialité.

La présidente de l'Association des médecins omnipraticiens du Bas-Saint-Laurent, Josée Bouchard

La présidente de l'Association des médecins omnipraticiens du Bas-Saint-Laurent, Josée Bouchard

Photo : Radio-Canada / Julie Tremblay

Par exemple, des patients du Kamouraska, autrefois adressés à des médecins spécialistes à Lévis, sont souvent contraints de faire plus de route lorsque ces spécialités sont offertes dans le Bas-Saint-Laurent.

Nous sommes à une heure de Lévis et deux heures de Rimouski où certaines spécialités sont disponibles. Nos patients, ils ne comprennent pas qu'ils puissent être référés à Rimouski plutôt qu'à Lévis qui est beaucoup plus près et beaucoup plus accessible.

Dre Lucile Martin, responsable du GMF du Kamouraska

Des dossiers perdus

La Dre Martin rapporte également que plusieurs de ses patients qui devaient être vus en cardiologie ont été dirigés en médecine interne et que les dossiers d'une centaine de personnes en attente de chirurgie auraient carrément été perdus, sans que les omnipraticiens qui les avaient référés en aient été avisés.

C'est inacceptable que les patients soient référés dans une autre spécialité sans qu'on le sache. [...] Parfois, leur priorité va changer et on ne le sait même pas. On aimerait être au courant.

Dre Lucile Martin

Le directeur des services professionnels au CISSS du Bas-Saint-Laurent, Jean-Christophe Carvalho, admet que plusieurs aspects du CRDS sont à améliorer.

Il faut continuer à travailler au niveau des communications entre les spécialistes et les médecins de première ligne pour être sûrs justement que les liens se fassent, dit-il.

Il ajoute qu'il y a également eu un roulement de personnel au CRDS dernièrement, qui fait en sorte que, parfois, il y a du délai dans la saisie des consultations. Il précise cependant que trois personnes ont été embauchées dernièrement et que deux autres doivent l'être au cours de l'été. Certains enjeux d'ordre technologique sont aussi en cause.

Le logiciel qu'on a en place pour faire la gestion des rendez-vous a une version un peu âgée, ce qui fait en sorte que dans la gestion de la non-disponibilité des patients, de leur présence, comment on fait les relances de rendez-vous et tout ça, il y a certaines formalités auxquelles on n'a pas accès.

Jean-Christophe Carvalho, directeur des services professionnels au CISSS du Bas-Saint-Laurent
Dr Lucile Martin, souriante, dans un bureau

La Dre Lucile Martin, responsable du GMF du Kamouraska

Photo : Radio-Canada

Si la Dre Martin considère que le nouveau système de prise de rendez-vous met de la pression sur les spécialistes qui doivent répondre aux demandes dans les délais prescrits, elle croit que, s'il est bien utilisé, il pourrait peut-être permettre de faire augmenter les effectifs des médecins spécialistes en région.

Probablement qu'on va se servir de ça pour évaluer leurs tâches et évaluer le nombre de spécialistes dont on a besoin dans une région. [...] Peut-être que ça va aider les médecins spécialistes en région, je le souhaiterais qu'on puisse se servir de ce système-là comme d'un moyen d'ouverture pour nos spécialistes et non comme un moyen de coercition, précise-t-elle.

Pour sa part, Jean-Christophe Carvalho affirme que malgré tout, le CRDS permet d'avoir des données précises pour toute la région au sujet du délai d'attente des patients pour voir un médecin spécialiste, ce qui n'était pas possible avant et devrait permettre éventuellement d'assurer un meilleur service aux patients.

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