•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Rendre la grippe moins dangereuse

Une jeune fille alitée.
Les enfants de moins de 5 ans sont dans la catégorie des personnes les plus à risque de complications à l'influenza de type A. Photo: iStock
Alain Labelle

Un acide gras qui permet de « modérer » la réponse immunitaire hyperactive à l'infection de l'influenza de type A a été identifié par des scientifiques de l'Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill à Montréal. Explications.

Pour la grande majorité des personnes qui attrapent la grippe, le système immunitaire parvient à éliminer le virus en quelques jours, et la personne s’en tire avec de la fièvre, une toux et des douleurs musculaires.

Plus rarement, cependant, la réponse immunitaire au virus de la grippe devient incontrôlable.

Les chercheurs Erwan Pernet et Maziar Divangahi.Les chercheurs Erwan Pernet et Maziar Divangahi Photo : IR-CUSM

Résultat : l’inflammation causée par les cellules immunitaires d’une personne entraîne des lésions importantes dans les poumons, menant à un taux accru de complications (pneumonie, myocardie, méningite) et de mortalité.

Le chercheur Erwan Pernet et ses collègues du laboratoire du Pr Maziar Divangahi ont découvert que le médiateur lipidique appelé LTB4 a la capacité de réduire les dommages collatéraux aux tissus lors de la réponse immunitaire et ainsi améliorer le taux de survie d’une personne.

Le saviez-vous?

  • Environ 37 000 cas de grippe de souches A ont été confirmés en laboratoire au Canada depuis août 2018.
  • Chaque année, au Canada, l'influenza cause environ 12 200 hospitalisations et 3500 décès.
  • À l’échelle mondiale, l’influenza frappe un milliard de personnes. Entre 290 000 à 650 000 de celles-ci meurent de problèmes respiratoires associés au virus, selon l’OMS.

Ajuster notre défense

Les scientifiques tentent donc de trouver des moyens d’aider le système immunitaire à équilibrer ses deux principales stratégies de défense :

  • celle qui s’attaque aux pathogènes (résistance de l’hôte);
  • celle qui limite les dégâts causés aux propres tissus (tolérance à la maladie).

Les personnes ayant le plus de risques d'avoir des complications :

  • les femmes enceintes;
  • les personnes âgées de 65 ans et plus;
  • les enfants de moins de 60 mois;
  • les personnes atteintes de maladies chroniques cardiaques ou pulmonaires;
  • les personnes atteintes du diabète sucré et autres maladies métaboliques
  • les personnes atteintes d’un cancer et d’autres troubles liés à l'immunodépression;
  • les personnes obèses.

Un lipide modérateur

« Le virus de la grippe ne constitue pas la seule menace; la réponse immunitaire de l’hôte est principalement responsable de la mise en péril de la survie de ce dernier », explique Erwan Pernet.

Il s’avère par conséquent essentiel de comprendre les mécanismes de régulation qui maintiennent l’équilibre délicat entre l’immunité protectrice et l’immunité préjudiciable.

Erwan Pernet, chercheur boursier postdoctoral

Les présents travaux ont aussi montré que l’administration d’une dose unique de LTB4 lorsque la maladie a atteint son pic est suffisante pour réduire significativement les lésions aux tissus pulmonaires, et améliorer le taux de survie.

Ces résultats laissent entrevoir la création, d'ici quelques années, d'un traitement de la grippe, puisque des médicaments qui ciblent le métabolisme lipidique (comme l’aspirine) sont déjà approuvés et utilisés chez l’humain pour contrôler les symptômes d’infection ou d’autres maladies auto-immunes comme l’asthme.

Le détail de ces travaux est publié dans la revue Nature Microbiology (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

Médecine

Science