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Québec commande de nouvelles études pour désengorger la ligne orange

Une femme regarde le métro passer.

Des dizaines de milliers de personnes utilisent la ligne orange chaque jour dans le métro de Montréal. Sa branche est, entre Berri-UQAM et Laval, est particulièrement populaire.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Jérôme Labbé

Le gouvernement Legault demande à l'Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) de mener des analyses supplémentaires afin de trouver des solutions à l'engorgement de la branche est de la ligne orange du métro de Montréal – une annonce accueillie favorablement par la mairesse Valérie Plante, et ce, même si l'organisme avait été mandaté l'été dernier pour se pencher spécifiquement sur son projet de ligne rose.

Ces nouvelles études, qui coûteront 5 millions de dollars à l'ARTM, ont été annoncées jeudi matin dans un communiqué diffusé par le cabinet de Chantal Rouleau, ministre responsable de la métropole et ministre déléguée aux Transports.

Elles s'ajouteront à celle commandée sous le règne des libéraux, en juillet 2018, qui visait spécifiquement la ligne rose du métro de Montréal, promesse phare de la campagne de Projet Montréal à l'automne 2017. Les résultats de cette étude devraient d'ailleurs se refléter dans le plan stratégique que l'ARTM compte déposer d'ici la fin de l'année pour identifier les besoins de mobilité du Grand Montréal pour les 30 prochaines années.

L'expression « ligne rose » n'apparaît pas dans le communiqué de vendredi, qui évoque plutôt des études « répondant aux enjeux concernant la congestion de la ligne orange », de même que des « analyses techniques [ayant pour but] d'identifier et quantifier les besoins actuels et futurs des usagers, ainsi que l'impact, sur le réseau de métro, des ajouts de services et des projets [REM, SRB Pie-IX, prolongement de la ligne bleue...] qui seront connectés au réseau existant dans les prochaines années dans la région métropolitaine ».

Mais la mairesse Plante ne s'en offusque pas, au contraire, préférant y voir une « bonne nouvelle ». « Je suis heureuse que Québec ait entendu mon message », a-t-elle simplement déclaré dans un point de presse improvisé, jeudi matin.

Si on nous disait [qu'il existe] une autre solution qui n’est pas un métro, moi, dans le fond, je suis très ouverte. Je ne suis pas une personne dogmatique. Ni sur la couleur ni sur la technologie.

Valérie Plante, mairesse de Montréal

Les nouvelles études commandées par Québec devraient se dérouler au cours de la prochaine année et demie. Ses conclusions sont donc attendues vers la fin de 2020.

Les experts de l'ARTM devront porter une attention particulière à la station de correspondance Berri-UQAM – le noyau du réseau de métro –, d'autant plus qu'une étude préliminaire doit déjà être menée sur le prolongement de la ligne jaune, ce qui aurait pour conséquence d'augmenter son achalandage.

Une foule de monde.

Il est devenu particulièrement difficile de sauter dans un train de la ligne orange à partir de la station Berri-UQAM en fin de journée.

Photo : Radio-Canada / Sophie-Hélène Lebeuf

L'annonce de jeudi survient 48 heures après la visite du ministre des Transports, François Bonnardel, dans le métro de Montréal – un trajet qui, de son propre aveu, ne l'a pas converti au projet de ligne rose. Cette idée est pourtant chère au coeur de Valérie Plante, qui souhaiterait construire une nouvelle ligne diagonale reliant Montréal-Nord à Lachine en passant par le centre-ville tout en évitant la station Berri-UQAM.

Persuadée qu'il s'agit d'une solution idéale à la congestion monstre de la ligne orange aux heures de pointe, la mairesse est allée jusqu'à créer un bureau de projet et un comité consultatif au sein même de son administration afin de mener des études complémentaires à celle de l'ARTM – une opération « inutile », selon l'opposition officielle, qui a rappelé jeudi midi que la mairesse avait englouti un million de dollars dans cette nouvelle structure.

Québec semble de son côté à la recherche d'autres solutions qu'une nouvelle ligne de métro. Il y a deux semaines, par exemple, le gouvernement Legault a annoncé que la Caisse de dépôt et placement (CDPQ) se penchera sur trois nouveaux scénarios de transport collectif, dont un « nouveau système de transport collectif pour relier l'est de Montréal et le secteur du Cégep Marie-Victorin au centre-ville », ce qui est précisément l'un des objectifs de la ligne rose tel qu'imaginé par Projet Montréal.

Cette annonce avait d'ailleurs soulevé l'ire de la mairesse, qui avait souligné qu'il était plutôt du ressort de l'ARTM d'étudier de genre de questions.

Pendant ce temps, son administration rivalise d'imagination pour trouver le moyen de désengorger la ligne orange à court terme. De concert avec la Société de transport de Montréal, la mairesse a d'ailleurs annoncé la semaine dernière une série de mesures pour améliorer le service aux heures de pointe, comme la création d'un circuit d'autobus express et la bonification des circuits existants.

Avec la collaboration de Benoît Chapdelaine

Grand Montréal

Transport en commun