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Interdit de s’asseoir sur le trottoir : une nouvelle mesure controversée à Penticton

Une rue du centre-ville de Penticton.

Le règlement interdisant de s'asseoir ou de se coucher vise un peu moins de 2,5 % des trottoirs de Penticton.

Photo :  CBC / Dominika Lirette

Radio-Canada

Depuis l'adoption d'un nouveau règlement municipal, mardi, à Penticton, dans l'Okanagan, il est interdit de s'asseoir ou de se coucher sur certains trottoirs du centre-ville, au risque de recevoir une amende de 100 $. L'organisme Pivot Legal Society juge toutefois que la mesure est « dangereuse » et qu'elle contrevient à la Charte canadienne des droits et libertés.

Le maire de Penticton, John Vassilaki, explique que l’objectif du règlement est de lutter contre les « mauvais comportements » de certaines personnes, dont plusieurs sont des sans-abri, selon lui. « Elles crient et insultent les gens qui passent », dit-il.

Le maire soutient avoir reçu de nombreuses plaintes d’habitants, de travailleurs et de commerçants du centre-ville.

« Ils se sentent intimidés et ont peur de perdre des clients, notamment parce qu’il y a des gens assis ou couchés devant leur magasin, affirme John Vassilaki. Les gens ont peur et ils veulent que leur conseil municipal les protège le mieux possible. »

L’avocate Anna Cooper, du groupe de défense des droits des plus démunis Pivot Legal Society, considère que le discours du maire de Penticton est dangereux.

« Parler des itinérants de cette façon encourage la violence à leur égard, soutient-elle. Dans n’importe quelle communauté, ce sont les sans-abri qui sont plus en danger. »

Une mesure discriminatoire?

Même si le maire de Penticton assure que tous les habitants, « qu’ils portent un costume ou un jean et un chandail déchiré », seront traités de la même façon par les agents chargés de faire appliquer le règlement, Anna Cooper soutient que le nouveau règlement de la Ville est discriminatoire.

L’avocate soutient que l’interdiction de s’asseoir ou de se coucher sur certains trottoirs va ainsi à l’encontre de la Charte canadienne des droits et libertés, qui stipule : « La loi [...] s’applique également à tous, et tous ont droit à la même protection et au même bénéfice de la loi, indépendamment de toute discrimination. »

« [Le conseil municipal] vise spécifiquement les gens qui sont pauvres et qui dépendent des espaces publics pour survivre, dit Anna Cooper. Ils les chassent de leurs espaces de survie. »

Le maire Vassilaki souligne quant à lui que les itinérants pourront encore s’asseoir et se coucher sur les bancs du centre-ville. Il précise que le conseil municipal a demandé des conseils juridiques pour s’assurer que la mesure ne viole pas les droits et libertés garantis par la Charte.

Le règlement vise un peu moins de 2,5 % des trottoirs de Penticton.

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