•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La disparition de la fontaine des Abénaquis, devant l'édifice de l'Assemblée nationale, dénoncée

Nouvelle entrée principale de l'Assemblée nationale Photo: Radio-Canada
Nicolas Vigneault

La disparition de la Fontaine des Abénaquis, devant l'édifice de l'Assemblée nationale, a fait bondir l'historien Gaston Deschênes, qui a travaillé pendant 30 ans pour l'organisation.

En 2016, d'importants travaux ont été entrepris au parlement de Québec, notamment pour la réfection de son entrée principale et pour améliorer les mesures de sécurité lors de l'arrivée des visiteurs.

L'institution en a aussi profité pour réaménager l'accès extérieur de l'édifice, ce qui a eu pour effet de faire disparaître la fontaine des Abénaquis sous la statue du pêcheur représentant cette communauté autochtone.

La semaine passée, c'était le choc. Là, aujourd'hui, c'est un peu la résignation, se désole Gaston Deschênes, qui a passé la majorité de sa carrière dans la fonction publique au service de l'Assemblée nationale.

Fontaine avec fleurs et statues représentant une famille abénaquise devant le parlement.La fontaine des Abénaquis a été retirée de la façade du parlement. Photo : Radio-Canada

L'historien, aujourd'hui à la retraite, rappelle que c'est l'architecte du parlement, Eugène-Étienne Taché, qui avait lui-même imaginé le concept.

C'était un tout, poursuit M. Deschênes. Taché avait imaginé une famille indienne, la mère entretient un feu, le fils tire de l'arc et l'autre fils pêche en bas dans un grand bassin. Maintenant, on a deux statues entourées de pierres, dénonce celui qui estime que l'élimination du bassin fait également disparaître l'esprit même de l'oeuvre.

C'est quand même un sacrifice important qu'on a fait

Gaston Deschênes, historien

Des choix à faire

Martin Dubois, un consultant en patrimoine bâti de Québec, est plus nuancé quant au choix de l'Assemblée nationale de retirer la fontaine des Abénaquis au cours des travaux de 60 millions de dollars qui se déroulent depuis 3 ans devant l'édifice du Parlement.

Le propriétaire de la firme Patri-Arch souligne que des efforts ont été faits pour aménager la nouvelle entrée dans des espaces souterrains, ce qui a permis de ne pas altérer la façade du bâtiment, qui est bien sûr considéré comme un édifice patrimonial d'importance au Québec.

 La fontaine est disparue au profit d'une nouvelle entrée, d'un puits de lumière pour la salle, sous l'entrée. Pour moi, c'est un compromis acceptable. 

Des buses d’eau et un petit bassin ont été installés sous la statue du Pêcheur à la nigogue pour rappeler la présence antérieure de la Fontaine des Abénaquis.Un oculus agissant comme puits de lumière naturelle pour les espaces souterrains a été construit à la place du bassin de la fontaine. Photo : Radio-Canada

Des jets d'eau bientôt en place

L'Assemblée nationale défend son projet en affirmant que des jets d'eau et un bassin, quoique beaucoup plus petit, seront aménagés au pied du pêcheur pour rappeler la présence antérieure de la fontaine, souligne dans un échange écrit Julie Champagne, conseillère en communications et relations médias à l'Assemblée nationale.

D'ailleurs, les travailleurs sont à pied d'oeuvre présentement afin que le projet soit terminé pour la grande ouverture prévue pour les 1er et 2 juin. Le public pourra alors visiter le nouveau pavillon d'accueil de l'édifice.

« D'ajouter 20 % de superficie sans altérer la façade du bâtiment a été un véritable tour de force », affirme Mme Champagne.

Québec

Histoire